The Fort Worth Press - Cyclisme: le Saudi Tour, parenthèse enchantée du peloton

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Cyclisme: le Saudi Tour, parenthèse enchantée du peloton
Cyclisme: le Saudi Tour, parenthèse enchantée du peloton / Photo: © AFP

Cyclisme: le Saudi Tour, parenthèse enchantée du peloton

Cadre sublime, soleil éclatant, hébergements de luxe, beaucoup de moyens et peu de pression: le Saudi Tour offre au peloton une parenthèse enchantée et une expérience hors du temps au milieu d'une saison de bruit et de fureur.

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"Organiser une course de vélo dans le désert est un concept en soi", expose le Néo-Zélandais Jack Bauer qui vit, à 37 ans, une première "expérience unique" dans ce décor de sable et de roche sur des routes se faufilant dans des canyons à couper le souffle.

Disputée sur cinq étapes au nord-ouest de l'Arabie saoudite, dans une région grande comme la Belgique mais peuplée de seulement 40.000 habitants, la course propose des paysages grandioses et plonge les coureurs plusieurs années en arrière, dans une atmosphère à la bonne franquette, loin de la pression infernale des courses européennes.

Ici on s'habille, comme dans le temps, au "cul du camion" et on installe des chaises pliantes sous un palmier pour coller son dossard. Et écouter, assis à même le trottoir ou adossé contre le mur de la mosquée, le briefing des directeurs sportifs, avant un dernier arrêt aux toilettes dans des containers posés sur le parking.

"Je n'avais pas connu ça depuis mes années en Continental (3e division) avec des simples voitures au lieu d'un bus d'équipe, sans WC et avec les chaises de camping. C'est super sympa de faire une ou deux courses par an comme ça, sans le stress des épreuves en Europe. Attention ce ne sont pas des vacances mais c'est une sacrée expérience", souligne l'Autrichien Felix Grossschartner, un des nouveaux lieutenants de Tadej Pogacar chez UAE.

- Tempête de sable -

Au départ, l'ambiance est très détendue, au point de voir des coureurs venir enfoncer, à quelques minutes du gong, une dosette de café dans la machine à expresso de l'espace VIP, au milieu de quelques dignitaires saoudiens en tenue traditionnelle.

A l'arrivée, le podium est dressé dans des endroits sublimes, en haut d'un rocher ouvert à tous les vents ou en plein désert, où le vainqueur rejoint la remise des prix en baroudant dans le sable, vélo sur l'épaule. Une expédition "presque plus dure que l'étape", se marre, en exagérant fortement, l'Italien Jonathan Milan, arrivé premier mardi.

"C'est vraiment une course atypique, très dépaysante. Mais, même si ce n'est pas l'objectif de l'année, on est aussi là pour la performance", insiste le coureur français de la Cofidis, Axel Mariault.

De fait, la course est exigeante. Il n'y a certes pas de grandes superstars en lice mais sept équipes du World Tour qui se tirent la bourre et font souffrir le martyre aux formations plus modestes comme l'équipe nationale saoudienne, qui peine tous les soirs à arriver dans les délais.

Le principal ennemi est le vent qui balaye la plaine et les plateaux en hauteur. "On a même eu une tempête de sable", rapporte Jack Bauer.

- Attention aux dromadaires -

Les ânes qui traversent à tout bout de champ constituent également un danger et les nombreux policiers postés le long du parcours sont là d'abord pour éviter que les dromadaires barrent la route du peloton.

Dans ce cadre exotique, on retrouve tout de même quelques repères, comme la présence de la "voix du Tour de France", puisque la course est organisée, comme la Grande Boucle, par Amaury Sport Organisation (ASO).

Mais le contraste reste saisissant entre ce cyclisme "près de chez soi" et les moyens déployés par l'Arabie saoudite pour accueillir l'événement, qui participe à sa stratégie de promotion par le sport, souvent critiquée par l'Occident.

Ainsi, Jack Bauer ne s'est toujours pas complètement remis de la cérémonie d'ouverture proposant un spectacle de trapézistes vertigineux et un insensé show de drones en plein désert. "On aurait dit les JO. Je ne peux même pas imaginer combien ça a coûté", souffle le coureur, logé comme tous le monde dans un lodge de luxe allant jusqu'à 1.000 euros la nuit, aux frais du pays hôte.

"Si les équipes devaient payer, ça leur coûterait la moitié du budget de l'année", plaisante le Tchèque Zdenek Stybar qui constate que "les Saoudiens ont de l'argent à investir et veulent vraiment promouvoir le cyclisme dans leur pays".

W.Lane--TFWP