The Fort Worth Press - 60 ans après la crise de Cuba, l'idée d'une guerre nucléaire de nouveau plausible

USD -
AED 3.672498
AFN 64.519396
ALL 80.857725
AMD 361.450153
ANG 1.789785
AOA 918.000331
ARS 1525.2916
AUD 1.427073
AWG 1.8
AZN 1.695576
BAM 1.74449
BBD 2.013379
BDT 123.649824
BGN 1.747831
BHD 0.37738
BIF 3000.936538
BMD 1
BND 1.278292
BOB 11.691144
BRL 5.01401
BSD 0.999639
BTN 94.927772
BWP 13.724852
BYN 2.981492
BYR 19600
BZD 2.010606
CAD 1.40533
CDF 2315.000191
CHF 0.825715
CLF 0.024828
CLP 977.179718
CNY 6.67915
CNH 6.675605
COP 3178.17
CRC 454.01635
CUC 1
CUP 23.991865
CVE 98.353418
CZK 21.617501
DJF 178.020792
DKK 6.648395
DOP 61.501822
DZD 134.43865
EGP 54.400501
ERN 15
ETB 163.29086
EUR 0.889402
FJD 2.258096
FKP 0.751528
GBP 0.747145
GEL 2.59502
GGP 0.751528
GHS 11.651005
GIP 0.751528
GMD 73.505074
GNF 8848.21564
GTQ 7.639477
GYD 209.088355
HKD 7.848545
HNL 26.832455
HRK 6.701702
HTG 130.906561
HUF 323.760035
IDR 17969.05
ILS 3.089355
IMP 0.751528
INR 94.695012
IQD 1515.558311
IRR 1795727.487009
ISK 121.150139
JEP 0.751528
JMD 158.652431
JOD 0.709024
JPY 158.072496
KES 129.850182
KGS 87.450325
KHR 4065.631676
KMF 438.999859
KPW 899.999961
KRW 1326.860026
KWD 0.30965
KYD 0.833107
KZT 449.788164
LAK 22492.98683
LBP 89521.677274
LKR 331.534585
LRD 170.447906
LSL 16.46702
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.412395
MAD 9.796548
MDL 17.934092
MGA 4549.083271
MKD 54.989163
MMK 2099.540776
MNT 3598.083246
MOP 8.081669
MRU 40.095438
MUR 47.260033
MVR 15.449753
MWK 1733.468319
MXN 18.42105
MYR 4.082497
MZN 63.910099
NAD 16.467681
NGN 1328.779853
NIO 36.78366
NOK 9.40705
NPR 151.877982
NZD 1.758565
OMR 0.384497
PAB 0.999728
PEN 3.447086
PGK 4.473086
PHP 63.095025
PKR 276.67627
PLN 3.884602
PYG 5737.960807
QAR 3.633745
RON 4.737798
RSD 104.445982
RUB 82.799975
RWF 1476.043725
SAR 3.762651
SBD 8.058149
SCR 13.784653
SDG 601.496659
SEK 9.88735
SGD 1.27736
SHP 0.750188
SLE 24.68022
SLL 20969.504398
SOS 571.288409
SRD 37.661499
STD 20697.981008
STN 21.853439
SVC 8.747581
SYP 13001.999685
SZL 16.463453
THB 33.594977
TJS 9.232052
TMT 3.5
TND 2.982527
TOP 2.40776
TRY 49.574946
TTD 6.78527
TWD 32.62301
TZS 2644.649936
UAH 45.054454
UGX 4169.008054
UYU 40.102397
UZS 12040.315747
VES 879.788901
VND 25876
VUV 119.358066
WST 2.773115
XAF 583.409516
XAG 0.017214
XAU 0.000241307792
XCD 2.70255
XCG 1.801632
XDR 0.707052
XOF 583.409516
XPF 106.372921
YER 236.149615
ZAR 16.384898
ZMK 9001.212855
ZMW 20.018642
ZWL 321.999592
SSP 5816.545442
MXV 2.079425
  • AEX

    3.2000

    1105.55

    +0.29%

  • BEL20

    -25.9400

    5737.76

    -0.45%

  • PX1

    -7.3300

    8131.86

    -0.09%

  • ISEQ

    5.7300

    14337.15

    +0.04%

  • OSEBX

    1.2600

    2108.79

    +0.06%

  • PSI20

    21.1600

    9638.63

    +0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.9400

    4631.6

    -0.45%

  • N150

    -6.4200

    4271.03

    -0.15%

60 ans après la crise de Cuba, l'idée d'une guerre nucléaire de nouveau plausible
60 ans après la crise de Cuba, l'idée d'une guerre nucléaire de nouveau plausible / Photo: © AFP/Archives

60 ans après la crise de Cuba, l'idée d'une guerre nucléaire de nouveau plausible

Pendant 60 ans, la crise des missiles de Cuba a montré à quel point le monde s'est trouvé proche d'une guerre nucléaire, mais aussi l'habileté des dirigeants qui ont réussi à l'éviter.

Taille du texte:

Les menaces nucléaires du président russe Vladimir Poutine en Ukraine font ressurgir le péril d'une confrontation nucléaire et cette fois-ci, les experts sont moins certains qu'il existe une façon de s'en sortir.

Joe Biden a prévenu début octobre que la planète était confrontée au risque nucléaire pour la première fois depuis 1962, notant que M. Poutine "ne plaisantait pas" en proférant ces menaces, tandis que son armée s'était révélée "très peu performante" en Ukraine.

"Nous n'avons pas été confrontés à la perspective d'une apocalypse depuis Kennedy et la crise des missiles cubains" en 1962, a insisté le président américain.

Il s'est interrogé sur "les portes de sortie" que pourrait emprunter M. Poutine, mais rien ne dit que le président russe ait cette intention.

"Je pense que cette situation, plus qu'aucune depuis 1962, peut dégénérer jusqu'à l'usage d'armes nucléaires", estime George Perkovich, du Carnegie Endowment for International Peace.

"Cela fait 40 ans que je travaille dans ce domaine et c'est la situation la plus délicate que j'aie vue, parce qu'on a une puissance nucléaire, la Russie, dont le dirigeant a défini la situation comme existentielle", ajoute-t-il.

Contrairement à 1962, le monde est aujourd'hui confronté à plusieurs poudrières atomiques: la Corée du Nord qui se prépare à un nouvel essai nucléaire, l'Inde et le Pakistan encore en conflit larvé, et l'Iran qui a relancé son programme nucléaire.

Mais l'Ukraine représente un risque unique, car le conflit oppose indirectement les deux principales puissances nucléaires. Si la Russie devait employer l'arme atomique, il devrait s'agir d'une arme nucléaire tactique, plus faible que celles dites "stratégiques". Mais M. Biden a prévenu qu'il serait difficile d'utiliser une arme nucléaire "sans finir par provoquer l'apocalypse".

M. Poutine, qui questionne la légitimité historique d'une Ukraine indépendante, a formellement annexé quatre régions du pays et suggéré qu'une attaque contre un territoire russe "annexé" ou une intervention occidentale directe dans le conflit pourrait conduire la Russie à faire usage de l'arme nucléaire.

- Des enjeux plus importants -

La guerre en Ukraine diffère nettement de la crise des missiles de Cuba: la question était alors de savoir comment éviter une guerre mondiale après la découverte sur l'île, en octobre 1962, de missiles nucléaires soviétiques pointés en direction des Etats-Unis.

Les alliés européens de Washington ne comprenaient pas à l'époque la fixation des Etats-Unis sur Cuba, une île située à moins de 150 km des côtes de la Floride, et dont l'histoire est riche en interventions américaines.

Mais "l'Ukraine est bien plus importante pour les alliés des Etats-Unis que Cuba ne l'était", note Marc Selverstone, historien de la Guerre froide à l'université de Virginie. "Poutine paraît vouloir modifier les frontières en Europe et c'est terrifiant pour les Européens."

En 1962, les objectifs du numéro un soviétique Nikita Khrouchtchev, bien qu'importants, étaient plus limités que ceux de Vladimir Poutine aujourd'hui: Moscou cherchait à concurrencer les Etats-Unis en termes d'armements et à obtenir une monnaie d'échange avec l'Occident au sujet de Berlin.

A quelques jours d'élections de mi-mandat, les enjeux politiques étaient élevés pour le président John F. Kennedy, embarrassé par l'échec un an plus tôt du débarquement de la Baie des Cochons, supposé renverser le régime révolutionnaire de Fidel Castro.

Mais Kennedy rejeta les appels de certains de ses conseillers à mener des frappes aériennes contre Cuba et choisit plutôt d'imposer un blocus naval à l'île, en l'appelant une "quarantaine", terme jugé moins menaçant.

Moscou démantela les sites de missiles lorsque le président américain fit la promesse de retirer des missiles de Turquie et d'Italie.

"Pour Kennedy, le plus important était de réduire le risque de confrontation nucléaire", explique Marc Selverstone. "Je ne sais pas si c'est la priorité de Vladimir Poutine aujourd'hui. En fait, il semble faire monter les enchères."

- "Positions maximalistes" -

Comme en 1962, les alliés sur le terrain des deux puissances nucléaires ajoutent un degré d'incertitude à la situation.

Le 27 octobre 1962, alors que Khrouchtchev et Kennedy communiquaient par messagers interposés, un avion espion américain U-2 fut abattu au-dessus de Cuba, et son pilote fut tué.

Kennedy ignora les appels à riposter, supposant - correctement, comme l'Histoire le démontra - que l'ordre de tirer n'avait pas été donné par les soviétiques mais par Cuba.

Khrouchtchev annonça un accord avec les Etats-Unis le lendemain. Son fils raconta par la suite qu'il craignait que la situation échappe à tout contrôle.

En Ukraine, le président Volodymyr Zelensky a promis de capitaliser sur les succès militaires de ses forces et de reprendre tout le territoire occupé par Moscou.

Les Etats-Unis ont débloqué des milliards de dollars d'aide militaire à l'Ukraine mais M. Biden s'est abstenu d'envoyer à Kiev des missiles capables d'atteindre le territoire russe, expliquant vouloir éviter une "Troisième Guerre mondiale".

"Zelensky et Poutine ont tous les deux adopté des positions maximalistes, faisant monter les enchères, alors qu'en 1962, Kennedy et Khrouchtchev les faisaient baisser", souligne Marc Selverstone.

Pour George Perkovich, qui a travaillé avec Joe Biden lorsque celui-ci était sénateur, le président américain est aussi calme et rompu aux précédents historiques que d'autres en temps de crise.

Mais l'époque est différente. En 1962, la Russie avait accepté de garder secrète la décision américaine de retirer des missiles de Turquie, consciente des risques politiques pour Kennedy.

"De nombreuses crises dans l'Histoire ont été résolues grâce à une diplomatie secrète", ajoute George Perkovich. Avec les médias, les réseaux sociaux, "vous imaginez aujourd'hui pouvoir garder le secret sur un accord comme celui-là?"

T.Mason--TFWP