The Fort Worth Press - Boris Nadejdine, l'opposant qui pensait pouvoir rester libre en Russie

USD -
AED 3.672496
AFN 65.501046
ALL 80.252226
AMD 365.710727
ANG 1.789783
AOA 917.999903
ARS 1491.769395
AUD 1.41205
AWG 1.80125
AZN 1.698743
BAM 1.691612
BBD 2.013139
BDT 122.6901
BGN 1.696366
BHD 0.376955
BIF 2988.136891
BMD 1
BND 1.278517
BOB 11.648756
BRL 5.177698
BSD 0.999563
BTN 95.325535
BWP 13.465905
BYN 3.040208
BYR 19600
BZD 2.010163
CAD 1.387435
CDF 2272.999932
CHF 0.811755
CLF 0.023199
CLP 913.060365
CNY 6.743204
CNH 6.742205
COP 3125.58
CRC 449.699638
CUC 1
CUP 26.5
CVE 95.374635
CZK 20.924999
DJF 177.983437
DKK 6.462995
DOP 58.506797
DZD 132.785851
EGP 50.278198
ERN 15
ETB 161.682098
EUR 0.864498
FJD 2.21345
FKP 0.740977
GBP 0.738775
GEL 2.610338
GGP 0.740977
GHS 10.94471
GIP 0.740977
GMD 73.552774
GNF 8780.192453
GTQ 7.626074
GYD 209.068696
HKD 7.84736
HNL 26.795144
HRK 6.513599
HTG 130.74072
HUF 313.438495
IDR 17786.6
ILS 2.94955
IMP 0.740977
INR 95.40895
IQD 1309.396638
IRR 1374587.50235
ISK 122.930286
JEP 0.740977
JMD 158.290121
JOD 0.708998
JPY 159.017499
KES 129.390025
KGS 87.450177
KHR 4044.370446
KMF 427.000406
KPW 900.000294
KRW 1410.929821
KWD 0.308681
KYD 0.832969
KZT 463.807353
LAK 22558.003762
LBP 89503.492118
LKR 332.608197
LRD 181.419508
LSL 16.169578
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.364419
MAD 9.270704
MDL 17.332336
MGA 4302.981815
MKD 53.221809
MMK 2099.413896
MNT 3597.332522
MOP 8.078535
MRU 40.139599
MUR 47.106766
MVR 15.449821
MWK 1733.128635
MXN 16.996355
MYR 4.086097
MZN 63.909774
NAD 16.169438
NGN 1360.060239
NIO 36.786998
NOK 9.45165
NPR 152.530263
NZD 1.698125
OMR 0.384497
PAB 0.999503
PEN 3.371291
PGK 4.490038
PHP 61.365012
PKR 277.622707
PLN 3.723485
PYG 5999.091833
QAR 3.643755
RON 4.532199
RSD 101.429673
RUB 84.076852
RWF 1469.849192
SAR 3.757224
SBD 8.048583
SCR 13.730989
SDG 600.495571
SEK 9.50945
SGD 1.27816
SHP 0.740866
SLE 24.494781
SLL 20969.499227
SOS 571.228392
SRD 37.722503
STD 20697.981008
STN 21.191847
SVC 8.745594
SYP 13001.999906
SZL 16.168082
THB 33.124502
TJS 9.230177
TMT 3.51
TND 2.930439
TOP 2.40776
TRY 47.88447
TTD 6.771876
TWD 31.943981
TZS 2649.957982
UAH 44.71415
UGX 3713.330537
UYU 40.047746
UZS 11898.82067
VES 770.109096
VND 26148.5
VUV 118.611996
WST 2.733656
XAF 567.350963
XAG 0.0154
XAU 0.000229
XCD 2.70255
XCG 1.801393
XDR 0.707052
XOF 567.380408
XPF 103.151367
YER 237.200572
ZAR 16.165065
ZMK 9001.203576
ZMW 18.889874
ZWL 321.999592
  • AEX

    -0.1100

    1119.5

    -0.01%

  • BEL20

    -44.5300

    5664.13

    -0.78%

  • PX1

    -2.6000

    8648.22

    -0.03%

  • ISEQ

    -15.8200

    14369.05

    -0.11%

  • OSEBX

    20.4600

    2086.79

    +0.99%

  • PSI20

    13.8800

    9267.5

    +0.15%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -49.4100

    4323.36

    -1.13%

  • N150

    17.8200

    4364.49

    +0.41%

Boris Nadejdine, l'opposant qui pensait pouvoir rester libre en Russie
Boris Nadejdine, l'opposant qui pensait pouvoir rester libre en Russie / Photo: © AFP

Boris Nadejdine, l'opposant qui pensait pouvoir rester libre en Russie

"Je suis resté en Russie aussi longtemps que possible." L'une des dernières voix critiques du Kremlin résidant dans le pays sans être en prison, Boris Nadejdine a finalement décidé de fuir en France, après être devenu un symbole inattendu de l'opposition à la guerre en Ukraine.

Taille du texte:

"J'ai essayé jusqu'à la dernière seconde de ne pas franchir les lignes rouges, mais on dirait bien qu'elles ont bougé", explique à l'AFP cet homme politique de 63 ans, depuis la banlieue parisienne où il est arrivé début août, après avoir quitté la Russie via le Kazakhstan.

Pendant longtemps, Boris Nadejdine a été accusé par ses détracteurs d'être une caution d'opposition dans le système de pouvoir russe.

Cet ancien député (1999-2003) connaît personnellement Vladimir Poutine, avec qui il prenait occasionnelement le thé au début des années 2000. Il a travaillé avec Sergueï Kirienko, puissant premier chef adjoint de l'administration présidentielle, et a pendant de nombreuses années participé à des émissions de propagande pro-Kremlin à la télévision russe.

Quand Moscou a lancé son invasion à grande échelle de l'Ukraine en 2022, le pouvoir s'est crispé: les apparences de pluralisme ont disparu et toute critique de la guerre, baptisée +opération militaire spéciale+ par le Kremlin, a été interdite. Les principaux opposants ont fui, ont été emprisonnés ou sont morts.

Boris Nadejdine pensait, lui, pouvoir réussir à rester dans les clous. "Si en 2024 je pouvais encore critiquer Poutine et la guerre, maintenant je ne le peux plus", affirme cet homme, connu pour son tempérament affable et son sourire facile.

Il a tenté de se présenter à l'élection présidentielle de 2024, mais en a été empêché après être devenu une figure fédératrice de ceux qui étaient contre la guerre.

En juillet, il a appris que ses nouvelles tentatives de défier le Kremlin pourraient le conduire en prison. Il a voulu se présenter aux prochaines élections législatives de septembre, mais a été déclaré "agent de l'étranger", étiquette utilisée pour étouffer la dissidence. Il a aussi été condamné à une amende pour "extrémisme".

- "Ils veulent la paix" –

Après avoir été convoqué pour un interrogatoire, il a fait ses bagages.

Peu après sa fuite, le seul parti antiguerre de Russie, Iabloko, s'est lui aussi vu interdire de participer aux élections.

En Russie, la demande de changement et de paix est "énorme", assure-t-il, évoquant ses conversations avec des Russes avant que sa campagne soit interrompue. "J'ai rencontré des centaines, peut-être même des milliers de jeunes. Ils disent qu'ils veulent la paix, et ils disent tous qu'ils veulent un retour à une vie normale."

"Je pense que c'est pour cela qu'ils (le pouvoir) n'ont pas laissé Iabloko et moi nous présenter", poursuit Nadejdine.

"Poutine croit que tout le monde le soutient et que l'armée russe est sur le point de gagner", ajoute-t-il. Mais "chaque jour, des drones ukrainiens survolent le pays et des gens meurent. Tous les jours", rappelle M. Nadejdine: "Des enfants meurent. Il y a des problèmes d'essence. Internet ne fonctionne pas. Les prix augmentent".

Evaluer l'opposition à la guerre est difficile en Russie en raison de la censure. Selon un sondage réalisé en juillet par le Centre Levada, qui figure sur la liste des "agents de l'étranger", 62% des personnes interrogées soutiennent l'ouverture de pourparlers de paix avec l'Ukraine, tandis que 28% sont favorables à la poursuite des combats.

- "Véritable coût" -

Selon Boris Nadejdine, qui a travaillé au gouvernement dans les années 1990, les élites sont frustrées mais trop effrayées pour agir. "Ils respectent tous la ligne officielle, ils me répètent: +Boris, tu comprends, n'est-ce pas? Un faux pas, et nous sommes finis+".

Bien que la popularité de Vladimir Poutine recule, les observateurs estiment que son contrôle du pouvoir reste solide.

Mais s'il s'obstine dans l'intensification de la guerre, sa popularité pourrait encore s'effriter, estime l'opposant. "Après cinq ans de guerre, les électeurs russes ont très bien compris le véritable coût de ces prétendues grandes victoires."

Boris Nadejdine ne regrette pas son parcours dans les cercles de pouvoir russes. "J'aurais fait un bon homme politique européen", sourit-il, "quelqu'un qui sait rechercher des compromis, trouver un terrain d'entente, comprendre l'humeur de l'opinion publique et s'y adapter".

Aujourd'hui, il ne sait pas de quoi demain sera fait. Ses parents âgés et ses enfants sont toujours en Russie et il redoute de déraciner sa famille. "Je n'ai pas d'idée claire de mes projets", dit-il: "Mais je ferai tout mon possible pour tenir jusqu'au jour où je pourrai rentrer en Russie."

P.Navarro--TFWP