The Fort Worth Press - Election cruciale pour l'avenir du Premier ministre Keir Starmer à Downing Street

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Election cruciale pour l'avenir du Premier ministre Keir Starmer à Downing Street
Election cruciale pour l'avenir du Premier ministre Keir Starmer à Downing Street / Photo: © AFP

Election cruciale pour l'avenir du Premier ministre Keir Starmer à Downing Street

Andy Burnham, principal rival du Premier ministre britannique Keir Starmer au sein du Labour, va tenter jeudi de se faire élire député, première étape indispensable pour défier l'impopulaire chef du gouvernement, objet d'une fronde croissante dans son parti.

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Voici quatre choses à savoir sur cette élection législative partielle, capitale pour la politique britannique.

- Un enjeu national

Le travailliste Andy Burnham, maire du Grand Manchester depuis 2017, se présente dans la circonscription de Makerfield, à l'ouest de cette grande ville du nord-ouest de l'Angleterre, où son principal adversaire est Robert Kenyon, un plombier candidat du parti anti-immigration Reform UK.

Au-delà de l'enjeu local - sauver un fief travailliste - si Burnham l'emporte et revient au Parlement, il a affirmé qu'il se présenterait à une potentielle élection interne pour évincer Keir Starmer à la tête du Labour, et donc de Downing Street.

"Je chercherai à vous représenter au plus haut niveau possible", a-t-il lancé aux électeurs lors d'un débat télévisé sur la BBC le 4 juin.

Durant sa campagne, celui qui est surnommé "le roi du Nord" et jouit d'une grande popularité au-delà de Manchester, a répété que le Labour "doit changer" après avoir critiqué à plusieurs reprises le Premier ministre.

Le gouvernement travailliste arrivé au pouvoir après la large victoire du parti de centre-gauche au législatives de 2024, est aujourd'hui en difficulté. Plusieurs ministres ont démissionné, dont celui de la Défense la semaine dernière, critique sur le budget des armées.

- La bataille du Nord

Située entre Liverpool et Manchester, la circonscription d'environ 76.000 électeurs regroupe un archipel de petites villes, développées historiquement autour de l'industrie minière.

Le précédent député travailliste, qui a démissionné pour permettre à Andy Burnham de se présenter, avait été élu avec 52,5% des voix en 2024.

Mais lors des élections locales le mois dernier, où le Labour a enregistré une cuisante défaite dans de nombreuses régions, Reform UK est arrivé en tête. Et en 2016, 65% des électeurs avaient voté pour le Brexit.

Robert Kenyon, joue la carte de la normalité face à Andy Burnham, vétéran de la politique et ancien ministre, accusé de considérer Makerfield uniquement comme un tremplin vers Downing Street.

Mais le candidat de Reform a été rattrapé par ses propos passés sexistes et homophobes sur les réseaux sociaux.

Selon les sondages, Andy Burnham arriverait en tête avec 5 à 12 points d'avance.

"Je connais Andy Burnham, il a fait du bon travail pour la communauté", explique Susan Smith 70 ans, rencontrée par l'AFP à Hindley, une ville de cette circonscription.

A l'inverse, Simon, 32 ans, votera Reform, évoquant les immigrés qui "prennent nos maisons" et le besoin de "donner sa chance" à un nouveau parti.

- L'extrême droite forte mais divisée

Avec ce scrutin, Reform espère poursuivre sur l'élan de son succès aux élections locales.

Le parti de Nigel Farage bénéficie du fait que "les gens en ont assez des partis traditionnels", souligne Louise Thompson, professeure de sciences politiques à l'université de Manchester.

Mais malgré leur candidat "aux racines très locales, qui a un vrai emploi typiquement ouvrier (...) il se retrouve face à une telle personnalité" en la personne d'Andy Burnham que cela s'annonce difficile, ajoute-t-elle.

D'autant qu'à l'approche du scrutin, la montée du petit parti Restore Britain, positionné encore plus à droite, a grignoté des voix à Reform.

Créé par le député Rupert Lowe, qui a quitté Reform après une brouille avec Nigel Farage, il est soutenu par le propriétaire de X Elon Musk.

Selon les sondages, il pourrait attirer 5 à 8% des électeurs.

- Et après? -

Le flou règne encore sur ce qui se passera en cas de victoire d'Andy Burnham. Déclenchera-t-il lui-même une compétition interne pour évincer Keir Starmer, ou attendra-t-il qu'un autre lance les hostilités?

Cela pourrait être l'ex-ministre de la Santé Wes Streeting, qui a démissionné après les élections locales, et assure avoir les 81 parrainages de députés nécessaires. Il a accusé Starmer de "ne pas avoir de plan" pour le pays.

Selon le Times, la démission jeudi dernier du ministre de la Défense John Healey, considéré comme un fidèle de Starmer, pourrait inciter Andy Burnham à se lancer rapidement.

Le Premier ministre martèle, lui, qu'il est prêt à défendre sa place.

Lundi, il a mis en avant le risque de "chaos" en cas d'élection interne au Labour. Si elle a lieu "je me battrai", a-t-il insisté.

J.M.Ellis--TFWP