The Fort Worth Press - En Sierra Leone, le gagne-pain des ostréicultrices de mangroves menacé par la déforestation

USD -
AED 3.672498
AFN 63.500465
ALL 83.283733
AMD 367.003219
ANG 1.790403
AOA 917.000184
ARS 1471.035205
AUD 1.449338
AWG 1.80125
AZN 1.689175
BAM 1.724577
BBD 2.013888
BDT 122.992813
BGN 1.69088
BHD 0.377147
BIF 2984.81535
BMD 1
BND 1.298984
BOB 6.909809
BRL 5.201836
BSD 0.999934
BTN 94.624111
BWP 13.680173
BYN 2.818068
BYR 19600
BZD 2.01104
CAD 1.423225
CDF 2268.99975
CHF 0.81263
CLF 0.023263
CLP 915.590329
CNY 6.790496
CNH 6.81352
COP 3428.35
CRC 455.186766
CUC 1
CUP 26.5
CVE 97.22259
CZK 21.37625
DJF 178.061717
DKK 6.592015
DOP 58.613453
DZD 133.528416
EGP 49.636698
ERN 15
ETB 161.211774
EUR 0.88182
FJD 2.24825
FKP 0.758197
GBP 0.759805
GEL 2.645016
GGP 0.758197
GHS 11.199781
GIP 0.758197
GMD 72.49805
GNF 8761.518452
GTQ 7.627362
GYD 209.162776
HKD 7.840295
HNL 26.755726
HRK 6.640898
HTG 130.744947
HUF 314.087979
IDR 17976
ILS 2.984749
IMP 0.758197
INR 94.412
IQD 1309.878094
IRR 1375049.999798
ISK 126.810208
JEP 0.758197
JMD 157.488647
JOD 0.708978
JPY 161.677495
KES 129.590162
KGS 87.449821
KHR 4017.494974
KMF 430.999856
KPW 900.00035
KRW 1546.34502
KWD 0.30947
KYD 0.833297
KZT 486.623047
LAK 21948.961236
LBP 89556.012134
LKR 337.341005
LRD 182.134827
LSL 16.623945
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.430933
MAD 9.401479
MDL 17.709096
MGA 4177.101337
MKD 54.353625
MMK 2099.539901
MNT 3580.066416
MOP 8.076099
MRU 39.982188
MUR 48.209966
MVR 15.45971
MWK 1733.881812
MXN 17.6195
MYR 4.137977
MZN 63.902143
NAD 16.623945
NGN 1372.679674
NIO 36.797319
NOK 9.83835
NPR 151.394749
NZD 1.772154
OMR 0.384501
PAB 0.999965
PEN 3.391297
PGK 4.386951
PHP 61.5525
PKR 278.100478
PLN 3.78105
PYG 6099.351442
QAR 3.635217
RON 4.618803
RSD 103.50701
RUB 74.893431
RWF 1468.89467
SAR 3.754889
SBD 8.065041
SCR 13.65272
SDG 600.499082
SEK 9.77475
SGD 1.29826
SHP 0.746601
SLE 24.750204
SLL 20969.503664
SOS 571.478959
SRD 37.482989
STD 20697.981008
STN 21.603509
SVC 8.749173
SYP 110.532098
SZL 16.621989
THB 33.430499
TJS 9.284423
TMT 3.51
TND 2.972467
TOP 2.40776
TRY 46.49775
TTD 6.780184
TWD 31.733017
TZS 2620.502978
UAH 44.88455
UGX 3689.350352
UYU 39.918699
UZS 12024.108178
VES 616.865275
VND 26335
VUV 118.798432
WST 2.761642
XAF 578.424923
XAG 0.016838
XAU 0.000248
XCD 2.70255
XCG 1.802141
XDR 0.716966
XOF 578.417273
XPF 105.162912
YER 238.649503
ZAR 16.61355
ZMK 9001.202706
ZMW 18.024056
ZWL 321.999592
  • AEX

    -0.8500

    1064.77

    -0.08%

  • BEL20

    -37.7100

    5675.33

    -0.66%

  • PX1

    46.7000

    8386.34

    +0.56%

  • ISEQ

    133.8400

    13931.8

    +0.97%

  • OSEBX

    -18.2800

    1926.78

    -0.94%

  • PSI20

    -105.0600

    9030.53

    -1.15%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    80.6600

    4417.44

    +1.86%

  • N150

    -18.4700

    4180.37

    -0.44%

En Sierra Leone, le gagne-pain des ostréicultrices de mangroves menacé par la déforestation
En Sierra Leone, le gagne-pain des ostréicultrices de mangroves menacé par la déforestation / Photo: © AFP

En Sierra Leone, le gagne-pain des ostréicultrices de mangroves menacé par la déforestation

Depuis 20 ans, Millicent Turay parvient à subvenir aux besoins de sa famille en ramassant près de Freetown des huîtres de mangrove typiques de cette région côtière ouest-africaine. Mais cette activité ancrée dans la culture sierra-léonaise, qui a permis à des générations de femmes de s'en sortir, est en péril face à la dégradation alarmante de la mangrove due à l'expansion humaine.

Taille du texte:

"Je le fais pour gagner de quoi survivre", témoigne la cinquantenaire, rencontrée par l'AFP dans la mangrove, machette et gants à la main pour arracher les huîtres poussant sur les racines aériennes des palétuviers. "C'est un métier qui est dur physiquement et qui peut être dangereux".

Cette cueillette artisanale éprouvante, effectuée essentiellement par des femmes, exige de s'immerger à marée basse, pieds nus et souvent jusqu'à la poitrine, dans les eaux boueuses et la touffeur de la mangrove, afin d'atteindre des rochers ou les palétuviers où sont accrochées les huîtres sauvages.

"Après la récolte, généralement on les cuit à la vapeur, en utilisant du bois de mangrove, pour ouvrir les coquilles à la main", explique Mme Turay, qui travaille dans les mangroves de la péninsule où se situe la capitale, Freetown.

- Huîtres en ragoût -

Ce mets très apprécié des Sierra-Léonais se déguste en famille ou au restaurant, le plus souvent en ragoût, parfois grillé ou séché. La dégustation des huîtres fraîches est plutôt une habitude des expatriés ou des touristes de passage.

Mme Turay affirme pouvoir gagner en période de bonne récolte environ sept dollars (six euros) par jour, qui servent à nourrir sa famille et payer les frais de scolarité de ses enfants.

C'est à son adolescence que les femmes de sa communauté l'ont emmenée apprendre cette cueillette pratiquée dans les mangroves de plusieurs pays ouest-africains.

Les hommes, eux, ramassent le bois des palétuviers pour en faire du bois de chauffage ou des constructions.

La Sierra Leone est dotée d'une biodiversité spectaculaire mais son environnement est menacé de manière dramatique par la déforestation, les activités humaines et l'empiètement illégal de l'urbanisation sur des terres fragiles, fléaux contre lesquels les autorités peinent à lutter.

Mme Turay dit avoir constaté une baisse du rendement de la récolte.

"Aujourd'hui des gens viennent pour couper les arbres de la mangrove", déplore-t-elle, les bras ballants. "Ils disent que c'est pour prendre la terre... mais la mangrove, c'est notre gagne-pain !"

La déforestation affectant la mangrove - pourtant une zone humide riche à l'écosystème vital pour les côtes - à Freetown est due à l'urbanisation, à la collecte de bois de chauffage et aux constructions illégales, qui ont causé une perte de plus de 25% de la couverture depuis 1990, selon les estimations officielles.

Et la cueillette des huîtres sauvages, à force de coupes et de récoltes, a contribué à aggraver ce phénomène.

- "Ferme à huîtres" -

Des images satellitaires montrent que la superficie de la mangrove le long de la zone côtière de Aberdeen, à la périphérie de Freetown, s'est réduite de 537 hectares en 2017 à 458 en février 2025, selon l'ONG Environmental Justice Foundation (EJF).

Aberdeen Creek est un ensemble de zones humides ayant une importance internationale pour les oiseaux d'eau.

Les pieds au milieu d'un marécage, des constructions grignotant la zone au loin, Aminata Koroma, 32 ans, décrit la désolation autour d'elle dans la baie de Cockle, près d'Aberdeen Creek: "Vous voyez comme c'est vide... il y avait tellement de mangrove avant et beaucoup de poissons..."

Le gouvernement sierra-léonais et des communautés villageoises ont lancé ces dernières années des opérations de replantation de mangrove, pour mieux protéger les côtes et lutter contre le changement climatique.

Abubakarr Barrie, 28 ans, cofondateur et coordinateur de projet de l'ONG "Nature for Mangroves", s'active avec des résidents de Kolleh Town, située sur le littoral de la capitale.

Au milieu de l'eau marécageuse, le groupe construit une étonnante structure en bambous, sur lesquels pendent des cordes où sont enfilées des coquilles d'huîtres et des écorces de noix de coco pour inciter des huîtres sauvages à se fixer dessus. L'ONG cultive aussi des naissains (bébés huîtres), le tout constituant une "ferme à huîtres", et restaure des mangroves.

Ces fermes se veulent une alternative à la technique ancestrale de cueillette des huîtres sauvages et à ses effets néfastes sur les mangroves, explique M. Barrie.

L'ONG souhaite "réduire la pression (des communautés) sur l'écosystème des mangroves, en introduisant un moyen de subsistance alternatif grâce à ces fermes à huîtres".

"Si nous ne protégeons pas nos mangroves, des millions d'habitants des zones côtières à travers le monde, y compris ceux de Kolleh Town, risquent de ne plus avoir de moyens d'existence durables", plaide-t-il.

J.P.Estrada--TFWP