The Fort Worth Press - Afghanistan: kalach au vestiaire et cahier ouvert, des talibans reprennent les études

USD -
AED 3.672984
AFN 63.999698
ALL 80.977186
AMD 362.830125
ANG 1.790365
AOA 917.99975
ARS 1522.824962
AUD 1.439232
AWG 1.8025
AZN 1.700271
BAM 1.722428
BBD 2.015086
BDT 123.012972
BGN 1.683441
BHD 0.377003
BIF 2995
BMD 1
BND 1.277405
BOB 12.040458
BRL 5.1702
BSD 1.000454
BTN 95.892522
BWP 14.09417
BYN 3.010995
BYR 19600
BZD 2.012171
CAD 1.422375
CDF 2309.999922
CHF 0.83543
CLF 0.024662
CLP 973.780211
CNY 6.70475
CNH 6.709205
COP 3319.17
CRC 456.985341
CUC 1
CUP 24.01166
CVE 97.750209
CZK 21.552505
DJF 177.720292
DKK 6.594725
DOP 59.48895
DZD 133.867992
EGP 51.941799
ERN 15
ETB 163.421342
EUR 0.882129
FJD 2.24725
FKP 0.756991
GBP 0.75395
GEL 2.605011
GGP 0.756991
GHS 11.743978
GIP 0.756991
GMD 73.501138
GNF 8798.844552
GTQ 7.643396
GYD 209.328131
HKD 7.84715
HNL 26.859007
HRK 6.646198
HTG 130.939066
HUF 323.268496
IDR 17933
ILS 3.07365
IMP 0.756991
INR 95.98395
IQD 1310.606294
IRR 1693792.497294
ISK 120.849935
JEP 0.756991
JMD 158.336929
JOD 0.70903
JPY 157.34008
KES 129.6597
KGS 87.448702
KHR 4057.22564
KMF 434.999712
KPW 900.000318
KRW 1355.549791
KWD 0.30888
KYD 0.833726
KZT 440.074329
LAK 22455.503791
LBP 89592.031739
LKR 330.60617
LRD 171.583824
LSL 16.385613
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.399
MAD 9.713019
MDL 17.763022
MGA 4394.578552
MKD 54.223526
MMK 2099.600314
MNT 3599.1704
MOP 8.086624
MRU 40.069045
MUR 47.690165
MVR 15.449751
MWK 1734.754084
MXN 18.069545
MYR 4.080597
MZN 63.909822
NAD 16.385685
NGN 1327.250239
NIO 36.821108
NOK 9.61761
NPR 153.428035
NZD 1.77502
OMR 0.384501
PAB 1.000449
PEN 3.44424
PGK 4.528402
PHP 62.7685
PKR 277.158584
PLN 3.84925
PYG 5852.979771
QAR 3.647324
RON 4.651102
RSD 103.696974
RUB 83.375398
RWF 1477.228194
SAR 3.755513
SBD 8.032647
SCR 13.837787
SDG 601.499865
SEK 10.00663
SGD 1.277635
SHP 0.755829
SLE 24.650049
SLL 20969.491881
SOS 571.727998
SRD 37.621498
STD 20697.981008
STN 21.576683
SVC 8.75393
SYP 13002.000254
SZL 16.377071
THB 33.6035
TJS 9.214436
TMT 3.51
TND 2.978697
TOP 2.40776
TRY 49.015799
TTD 6.787408
TWD 31.877403
TZS 2640.002997
UAH 44.690709
UGX 3921.672237
UYU 40.308767
UZS 11835.41907
VES 857.98905
VND 25962
VUV 119.008285
WST 2.76852
XAF 578.638992
XAG 0.016618
XAU 0.000240947889
XCD 2.70255
XCG 1.803098
XDR 0.707052
XOF 578.638992
XPF 105.029547
YER 236.39594
ZAR 16.42399
ZMK 9001.19938
ZMW 19.559579
ZWL 321.999592
SSP 5712.591899
MXV 2.045433
  • AEX

    3.2000

    1105.55

    +0.29%

  • BEL20

    -25.9400

    5737.76

    -0.45%

  • PX1

    -7.3300

    8131.86

    -0.09%

  • ISEQ

    5.7300

    14337.15

    +0.04%

  • OSEBX

    1.2600

    2108.79

    +0.06%

  • PSI20

    21.1600

    9638.63

    +0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.9400

    4631.6

    -0.45%

  • N150

    -6.4200

    4271.03

    -0.15%

Afghanistan: kalach au vestiaire et cahier ouvert, des talibans reprennent les études
Afghanistan: kalach au vestiaire et cahier ouvert, des talibans reprennent les études / Photo: © AFP

Afghanistan: kalach au vestiaire et cahier ouvert, des talibans reprennent les études

Avant, Gul Agha Jalali posait des bombes contre les forces afghanes, américaines ou de l'Otan. Aujourd'hui, le jeune taliban travaille dans un ministère, et apprend l'informatique et l'anglais pour s'"instruire" et "servir" son pays.

Taille du texte:

Depuis la prise du pouvoir à Kaboul par les talibans en août dernier, plusieurs centaines de jeunes combattants du groupe islamiste ont repris des études dans la capitale afghane, à leur initiative ou à l'instigation de leurs chefs.

"Quand notre pays était occupé par les infidèles, nous avions besoin de bombes, de mortiers et de fusils", explique à l'AFP Gul Agha Jalali, 23 ans, affecté au service des archives du ministère du Transport et de l'Aviation civile.

"Maintenant, nous avons besoin de stylos et d'ordinateurs. Le monde a beaucoup évolué, on a besoin de technologie et de développement", poursuit le jeune homme, qui a combattu cinq ans dans les rangs talibans, posant des bombes la nuit contre l'"ennemi".

"Il est évident que l'éducation est un espoir pour tous les Afghans", estime Bilal Karimi, porte-parole adjoint du gouvernement.

"Un grand nombre de moudjahidin (ndlr: combattants talibans) motivés, qui n'ont pas achevé leurs études, ont approché des établissements d'enseignement et y étudient leurs matières préférées pour améliorer leurs capacités", se réjouit-il auprès de l'AFP.

Dans une salle du ministère du Transport - voisin de l'ambassade des Etats-Unis fermée depuis un an -, une trentaine d'employés, parmi lesquels une dizaine de jeunes talibans, dont l'ancien poseur de bombes, répondent à un questionnaire sur le cours d'informatique de la semaine passée.

"Ne copiez pas !", lance le professeur à un taliban qui lorgne sur la copie de son voisin.

Studieux et motivé, Gul Agha Jalali dit vouloir s'"instruire" et poursuivre des études universitaires, en Turquie, en Allemagne ou en Italie, jusqu'au doctorat, "afin d'être capable de servir (son) pays".

- Pistolet dans le casier -

Il suit aussi des cours à l'Institut musulman de langue anglaise, qui s'affiche comme le centre privé de formation numéro Un en Afghanistan.

Salles aux couleurs pastel, grandes affiches d'étudiants et d'étudiantes souriants vantant les mérites de l'établissement, dans les locaux modernes du centre, situé non loin de l'aéroport de Kaboul: quelques 3.000 élèves sont inscrits, dont la moitié de femmes et quelque 300 talibans, selon son directeur, qui souhaite conserver l'anonymat.

A la porte de l'institut, barbe longue et turban noir serrant sa tête, un jeune taliban vient de terminer son cours d'anglais. Il quitte rapidement les lieux après avoir récupéré son pistolet laissé dans un casier à l'entrée.

Quand les talibans viennent, tôt le matin ou bien en fin de journée, "ils se conforment entièrement aux normes sociales du centre", assure le directeur.

"Lorsqu'ils entrent, ils remettent leurs armes, ils n'utilisent pas la force, ils ne profitent pas de leur position (...) Leur attitude dénote un grand changement par rapport à il y a une vingtaine d'années", lors de la première prise du pouvoir des islamistes (1996-2001), poursuit-il.

Amanullah Mubariz, 25 ans, est lui venu s'inscrire avec un collègue à un cours pour débutants.

Depuis ses 18 ans, il a combattu l'armée afghane dans plusieurs provinces et aussi le groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui mène toujours la lutte contre les talibans.

En parallèle, il a poursuivi des études en journalisme et communication à l'université de Nangarhar (est). Il a été arrêté deux fois par les ex-forces gouvernementales, dont une alors qu'il passait un examen.

"Je veux faire un master, j'ai postulé dans une université en Inde, mais j'ai échoué à l'anglais, ma candidature a été rejetée. C'est pourquoi je suis venu ici" à l'institut, explique le jeune homme, qui ne souhaite pas révéler le poste qu'il occupe actuellement dans l'organisation talibane.

Cheveux longs, turban blanc immaculé et contour des yeux soulignés au khôl, Mohammad Sabir en revanche ne rechigne pas à dire qu'il travaille à la Direction générale du renseignement (GDI).

- Futur économiste -

Il est inscrit en section économie à l'université Dawat, dans l'ouest de Kaboul. Ici, parmi quelques milliers d'étudiants, environ 200 talibans suivent des cours d'économie-gestion, d'informatique, ou bien de droit et sciences politiques, outre ceux, obligés, d'éducation religieuse.

Pendant cinq ans, Mohammad Sabir a posé des bombes et tendu des embuscades contre les anciennes forces gouvernementales, dans la province du Wardak (centre). Il combattait avec son frère, chef d'un groupe d'une centaine de talibans.

"J'ai terminé l'école secondaire en 2018, mais je n'ai pas pu passer l'examen d'entrée à l'université, alors j'ai arrêté mes études. J'ai repris cette année, après la victoire de l'Emirat islamique", le nom du régime taliban, dit le jeune homme, âgé de 25 ans.

Et il espère "devenir économiste pour aider (son) pays", plongé dans une grave crise financière et humanitaire depuis août dernier, à la suite du gel de milliards d'avoirs détenus à l'étranger et de l'arrêt brutal de l'aide internationale.

Interrogés pour savoir si les filles pouvaient avoir comme eux les mêmes ambitions d'étudier puis de travailler pour leur pays, certains jeunes talibans semblent plus ouverts que la direction du mouvement islamiste, qui a largement exclu les femmes des emplois publics, restreint leur droit à se déplacer, et interdit l'accès des filles au collège et au lycée.

"Personnellement, en tant que jeune, étudiant et membre de l'Emirat, je suis d'avis qu'elles ont le droit à l'éducation, donc la façon dont nous servons (le pays), elles pourraient aussi (le) servir", explique ainsi Amanullah Mubariz.

"Pourquoi pas", répond de son côté Gul Agha Jalali, pour qui "ce pays a besoin d'elles aussi bien que de nous".

D.Ford--TFWP