The Fort Worth Press - Téhéran refuse le plan américain de fin des hostilités, selon un média d'Etat

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Téhéran refuse le plan américain de fin des hostilités, selon un média d'Etat

Téhéran refuse le plan américain de fin des hostilités, selon un média d'Etat

Téhéran a refusé mercredi, selon un média d'Etat, le plan de l'administration américaine en 15 points destiné à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, un document que lui avait transmis le médiateur pakistanais.

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L'annonce de Press TV, chaîne en anglais destinée à un public étranger, a été reprise par les autres médias iraniens quelques heures après l'annonce par la marine iranienne qu'elle avait visé le porte-avions américain Abraham Lincoln, déployé dans le Golfe.

Les initiatives diplomatiques se sont multipliées ces derniers jours pour sortir d'une guerre que les marchés n'arrivent plus à décrypter, qui inquiète les chancelleries et met le feu au Moyen-Orient.

Le projet américain, dont aucun détail n'a été divulgué de source fiable, contient les premières propositions officielles concrètes de Washington depuis les attaques israélo-américaines sur l'Iran le 28 février.

Il a été transmis à l'Iran par Islamabad, qui entretient de bonnes relations avec les deux pays, selon deux hauts responsables pakistanais.

"La guerre prendra fin lorsque l'Iran décidera d'y mettre fin, et non lorsque Trump envisage sa conclusion", a indiqué à Press TV un responsable iranien sous couvert d'anonymat, reprenant la ligne maintenue depuis plusieurs jours par Téhéran.

Aucun communiqué officiel iranien en ce sens n'a pour l'heure été publié.

- Qui tient les rênes à Téhéran ? -

"Il y a une interrogation sur celui qui, dans le système iranien, tient réellement les rênes", note Guillaume Lasconjarias, professeur associé à l'université de la Sorbonne.

Selon un diplomate en poste dans la région, l'objectif américain est d'obtenir une trêve avant des discussions approfondies pour permettre aux deux parties de "revendiquer une victoire et sauver la face". Et d'ajouter : "il est trop tôt pour être optimiste".

Signe de la défiance à Téhéran, la presse locale iranienne moquait les "mensonges" du locataire de la Maison Blanche, le quotidien conservateur Javan l'affichant en Une affublé du nez de Pinocchio.

La guerre est "hors de contrôle", s'est alarmé le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, craignant un conflit "plus large" qui risque de provoquer une "marée de souffrance humaine".

- Porte-avions américain visé -

Les efforts diplomatiques ne font pas taire les armes, d'autant que la presse américaine évoque l'envoi de parachutistes en renfort au Moyen-Orient.

Selon un communiqué de la marine iranienne, des tirs de missiles ont contraint le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans le Golfe, "à changer de position".

"Dès que cette flotte hostile entrera dans le rayon d'action de nos systèmes de missiles, elle sera la cible de puissantes frappes", a prévenu le commandant de la marine, l'amiral Shahram Irani. L'armée américaine n'a pas confirmé.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique iranienne, ont annoncé avoir lancé des attaques contre le nord et le centre d'Israël, dont la région de Tel-Aviv.

Des images de l'AFP ont saisi des traînées de roquettes striant le ciel de la ville côtière de Netanya, tandis que les sirènes d'alerte retentissaient dans le centre du pays.

Des bases militaires américaines au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn ont été visées. Au Koweït, une attaque de drones a mis le feu à un réservoir de carburant.

Les pays du Golfe ont appelé l'Iran à cesser immédiatement ses frappes sur leurs territoires et à verser des réparations, lors d'un débat à Genève devant l'ONU.

De son côté, l'armée israélienne a de nouveau annoncé des attaques à Téhéran, frappée depuis quatre semaines.

"Il n'y a pas de famine, tout est disponible. Les cafés sont ouverts et nous continuons à sortir", témoigne pour l'AFP Shayan, photographe de 40 ans. "Mais nous ressentons tous un sentiment d'impuissance".

- Attention sur Ormuz -

L'attention reste focalisée sur le détroit d'Ormuz, par lequel transite près de 20% de la production mondiale de pétrole. Son blocage quasi total par Téhéran a fait flamber les cours et ralentit l'activité aux quatre coins du monde.

L'Iran a affirmé mardi que les "navires non hostiles" pouvaient désormais "bénéficier d'un passage sûr par le détroit d'Ormuz", selon l'Organisation maritime internationale.

Londres et Paris vont organiser cette semaine une réunion des chefs d'état-major d'une trentaine de pays prêts à former une coalition pour sécuriser le passage, a confirmé à l'AFP une source au ministère britannique de la Défense.

Israël poursuit également son offensive au Liban, où au moins neuf personnes ont été tuées dans la nuit dans trois raids sur le sud, considéré par Israël comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'agence officielle libanaise Ani.

Un correspondant de l'AFP a vu une rue de la banlieue sud de Beyrouth couverte de débris, morceaux de ciment brisés et pièces de métal tordues, après une frappe tôt le matin, tandis que les étages supérieurs d'un immeuble semblaient gravement endommagés.

Depuis que le Liban essuie une nouvelle guerre sur son sol, après des attaques du Hezbollah contre Israël le 2 mars, les frappes israéliennes y ont tué plus de 1.000 personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.

"Tout le monde a peur pour sa maison et sa terre, mais que pouvons-nous faire?", raconte à l'AFP Mustafa Ibrahim Al Sayed, 50 ans, à Tyr (sud). "Depuis 1978 (première invasion israélienne, NDLR), c'est la cinquième fois que je suis déplacé, j'ai passé toute ma vie en exil".

Le chef du Hezbollah libanais Naïm Qassem a affirmé pour sa part que toute négociation "sous le feu" avec Israël était une "capitulation", alors que le pouvoir libanais appelle à des pourparlers Israël. Il a aussi demandé aux autorités libanaises de revenir sur leur décision de "criminaliser" l'action militaire de sa formation, que Beyrouth a décidé d'interdire.

burx-dla/am

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