The Fort Worth Press - Municipales: la gauche conserve Paris, Lyon et Marseille mais échec global des alliances avec LFI

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Municipales: la gauche conserve Paris, Lyon et Marseille mais échec global des alliances avec LFI

Municipales: la gauche conserve Paris, Lyon et Marseille mais échec global des alliances avec LFI

La gauche a conservé Paris, Marseille et Lyon dimanche au second tour des municipales qui ont toutefois signé l'échec général des alliances controversées entre LFI et les socialistes, tandis que la droite et le centre engrangent une belle moisson et que le RN enregistre une vague de victoires dans les villes moyennes.

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Dès l'annonce des résultats, les yeux se sont tournés vers l'élection présidentielle prévue dans treize mois, dont la campagne va maintenant connaître une nette accélération.

 

A gauche, le Parti socialiste et les écologistes devront tirer les leçons de la défaite de la plupart des fusions d'entre-deux tours avec La France insoumise, qui ont valu de nombreuses critiques notamment aux troupes d'Olivier Faure.

D'autant qu'à Paris et Marseille, où il n'y a pas eu de telles alliances, la gauche hors Insoumis gagne nettement des batailles, qui s'annonçaient plus serrées.

- Dati largement battue -

Le socialiste Emmanuel Grégoire balaie l'ex-ministre de droite Rachida Dati, soutenue par Emmanuel Macron, pour succéder à Anne Hidalgo dans la capitale. Et dans la cité phocéenne, le sortant Benoît Payan bat largement le député Rassemblement national Franck Allisio.

Ailleurs, de Toulouse à Limoges, de Clermont-Ferrand à Avignon, les alliances avec le mouvement de gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon, accusé pendant la campagne, y compris par les socialistes, d'antisémitisme et d'ambiguïté face à la violence politique, sont vaincues.

Les Ecologistes, à Poitiers et Besançon, bastion historique de la gauche, perdent ainsi des mairies remportées lors de la vague verte de 2020.

Le parti de droite Les Républicains en profite pour arracher plusieurs fiefs de gauche (Besançon, Clermont-Ferrand, Limoges...). Même Tulle, ville de François Hollande où ce type d'alliance a été conclu, bascule à droite.

Egalement alliée à LFI, l'écologiste Jeanne Barseghian perd Strasbourg, reconquise par l'ancienne maire socialiste Catherine Trautmann.

Rares réussites des alliances avec LFI, celle du maire écologiste de Lyon Grégory Doucet, qui confirme sa remontada avec une courte avance sur l'ex-patron de l'Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas, longtemps favori avec le soutien de LR et de la macronie. Et celle de l'édile socialiste Johanna Rolland à Nantes.

Les socialistes sauvent aussi les meubles en gardant Lille et Rennes et en revendiquant la victoire Pau où l'ex-Premier ministre centriste François Bayrou essuie un échec personnel majeur après avoir déjà raté son passage à Matignon.

"La France Insoumise fait perdre", a constaté le secrétaire général du PS Pierre Jouvet, tandis que le patron du parti à la rose Olivier Faure a estimé que "la provocation outrancière" et "les dérapages antisémites" étaient "une voie sans issue". Mais il a appelé la gauche à "se rassembler sur des principes clairs", comme l'Écologiste Marine Tondelier, qui a déploré la victoire dimanche des "partisans des gauches irréconciliables".

- Appels à l'union -

"Une réalité s'impose: nous sommes toujours et plus que jamais la première force politique locale", s'est à l'inverse réjoui le patron de LR Bruno Retailleau.

Dès lundi, les présidentiables devront tirer les enseignements de ces scrutins locaux, marquées également pas une tentative de l'extrême droite pour faire front commun avec la droite, restée dans l'ensemble vaine.

Ce qui n'a pas empêché le Rassemblement national de continuer de s'implanter dans le territoire, malgré le pari perdu de ses candidats vedettes Franck Allisio à Marseille, Laure Lavalette à Toulon ou Julien Sanchez à Nîmes.

Marine Le Pen a salué la victoire dans des "dizaines" de communes, dont Carcassonne (Aude), Saint-Avold (Moselle), La Flèche (Sarthe) ou Menton (Alpes maritimes).

En parallèle, le député lepéniste Jean-Philippe Tanguy a regretté que "le refus des fusions" de la part de LR ait "permis aux communistes de gagner un certain nombre de villes".

Pour l'instant grand favori du premier tour de la présidentielle dans les sondages, le parti d'extrême droite "va être la force politique qui va sortir avec des nouvelles villes" de ce scrutin, constate pour l'AFP François Kraus de l'Ifop.

Sans perdre un instant, le chef des députés LR Laurent Wauquiez a estimé que "le résultat des municipales doit nous projeter sur 2027": "si on est divisés, il n'y aura pas de candidat de droite au second tour". Et le macroniste Gérald Darmanin a insisté pour qu'il n'y ait à la présidentielle qu'"un seul candidat de la droite et du centre" et peut-être même de la gauche républicaine.

Le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, dont le parti ne remporte que peu de nouvelles villes, dont Bordeaux et Annecy, a d'ailleurs tendu la main aux électeurs de la gauche républicaine "écoeurés" par les "accords" entre le PS et LFI.

Après Saint-Denis, deuxième ville d'Ile-de-France dès le premier tour, LFI remporte une autre grande ville, Roubaix (Nord) avec le député David Guiraud, fort d'une large avance dimanche dernier. Le mouvement mélenchoniste s'implante dans la périphérie des grandes villes, avec des victoires à La Courneuve et Vénissieux, et son coordinateur national Manuel Bompard affirme que sa "percée" du 1er tour se "renforce".

Comme au premier tour, la participation a été historiquement basse à ce second tour, si l'on fait exception de celle encore plus faible de 2020, en plein Covid-19. Elle s'affiche à environ 57% selon les institutions de sondage, même s'il y a un sursaut dans plusieurs villes où les batailles comprenaient le RN ou LFI.

Environ 17,1 millions d'électeurs étaient appelés à voter dans 1.580 communes et secteurs, sur quelque 35.000, après l'élection de nombreux conseils municipaux au premier tour.

T.Harrison--TFWP