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Une frappe israélienne contre un hôtel en plein centre de Beyrouth a fait au moins quatre morts et dix blessés, a annoncé dimanche le ministère libanais de la Santé, Israël affirmant avoir visé des chefs des Gardiens de la Révolution iraniens dans la capitale libanaise.
L'attaque a visé l'hôtel Ramada dans le quartier de Raouche, sur le front de mer, une zone touristique jusqu'à présent épargnée par les frappes israéliennes visant le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah.
Un photographe de l'AFP qui s'est rendu à l'hôtel a vu une chambre située au quatrième étage aux vitres brisées et aux murs noircis, et des dizaines de clients paniqués fuir l'établissement avec leurs bagages.
L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante l'identité des victimes, mais une source sécuritaire présente sur les lieux a déclaré sous couvert d'anonymat que des ambulanciers affiliés au Hezbollah avaient évacué trois corps de l'hôtel.
Le quartier de Raouche comprend de nombreux hôtels qui sont actuellement pris d'assaut par des personnes déplacées par les nouveaux combats qui ont éclaté lundi entre Israël et le Hezbollah.
L'armée israélienne a affirmé avoir "mené une frappe précise contre des commandants-clés du Corps du Liban de la Force Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique iranienne à Beyrouth".
"Le régime terroriste iranien opère de manière systématique au cœur de la population civile en Iran et au Liban, exploitant cyniquement la population civile comme boucliers humains", a-t-elle accusé sur Telegram.
Samedi, le ministère libanais de la Santé avait annoncé que les frappes israéliennes, menées depuis lundi sur le Liban en riposte à une attaque du Hezbollah disant vouloir "venger" la mort de l'ayatollah Ali Khamenei en Iran, avaient fait 300 morts.
- Opération commando -
Plus de vingt villes et villages ont été ciblés samedi par les bombardements israéliens dans le sud du Liban, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Vendredi soir, une opération commando israélienne pour tenter, en vain, de retrouver les restes d'un aviateur israélien capturé au Liban en 1986 a fait 41 morts dans le village de Nabi Chit, dans l'est du pays.
"C'était digne d'un film", a raconté à l'AFP un habitant de 55 ans, Mohammed Moussa, lors d'une visite organisée samedi pour la presse par le mouvement chiite libanais: "Ils ont commencé à bombarder et ont mené environ 20 frappes" avant l'arrivée des forces spéciales israéliennes par hélicoptère.
"On sentait que quelque chose clochait (...) on a compris par la suite qu'une opération commando était en cours quand nous avons entendu les hélicoptères", ajoute-t-il.
L'AFP a vu dans le village des immeubles effondrés, des toits arrachés, des munitions éparpillées, une voiture propulsée par une explosion jusqu'au deuxième étage d'un bâtiment éventré, et un trou creusé dans la terre brune du cimetière, apparemment une tombe ouverte et fouillée par les soldats israéliens à la recherche de la dépouille de leur camarade.
Cet officier de l'armée de l'air, Ron Arad, s'était éjecté en 1986 de son appareil, abattu au-dessus du Liban, au cours d'une mission contre l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). Il avait été capturé par des groupes chiites pendant la guerre civile libanaise (1975-1990).
Il a pu envoyer des lettres à sa famille au début de sa captivité, incitant Israël à entamer des pourparlers avec ses ravisseurs, mais les négociations ont échoué et définitivement cessé en 1988.
Détenu par des groupes chiites, possiblement par le Hezbollah, Ron Arad est aujourd'hui présumé mort, ses restes n'ayant jamais été restitués.
Son sort préoccupe depuis des décennies Israël, où le rapatriement des soldats disparus ou capturés est considéré comme un devoir national.
Selon le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, les soldats israéliens sont arrivés à Nabi Chit vêtus d'uniformes similaires à ceux de l'armée libanaise et utilisaient des véhicules militaires ressemblant à ceux utilisés par le Hezbollah.
L'armée israélienne a de son côté indiqué que ses "forces spéciales" avaient mené vendredi soir une opération "pour localiser des restes liés au pilote disparu Ron Arad", en vain. L'opération n'a fait selon elle "aucune victime" côté israélien.
N.Patterson--TFWP