The Fort Worth Press - Coup d'envoi de la campagne des législatives au Bangladesh

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Coup d'envoi de la campagne des législatives au Bangladesh
Coup d'envoi de la campagne des législatives au Bangladesh / Photo: © AFP

Coup d'envoi de la campagne des législatives au Bangladesh

La campagne officielle des très attendues élections législatives du 12 février débute jeudi au Bangladesh, un an et demi après les émeutes meurtrières qui ont causé la fin du règne autocratique de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina.

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Dans vingt jours, plus de 127 millions d'électeurs - sur une population de 170 millions - seront appelés à pourvoir les 350 sièges de la chambre unique du Parlement et à se prononcer par référendum sur une série de réformes destinées à renforcer la démocratie.

Le scrutin s'annonce aussi incertain que tendu, dans un pays à très forte majorité musulmane où les rivalités politiques et communautaires se sont nourries d'incessantes violences depuis la "révolution" de l'été 2024.

Le parti de Mme Hasina, la Ligue Awami, ayant été mis hors-la-loi, ce sont ses deux principaux adversaires historiques, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) et le mouvement islamiste du Jaamat-e-Islami, qui font figures de favoris.

Les deux rivaux entament leur marathon électoral ce jeudi.

Promu à la tête du BNP après le décès de sa mère, l'ex-Première ministre Khaleda Zia, en décembre, Tarique Rahman, 60 ans, donne le coup d'envoi de sa campagne à Sylhet (nord-est), comme le veut la tradition du parti.

De retour au Bangladesh le mois dernier après dix-sept ans d'exil volontaire au Royaume-Uni, le fils de le première femme ayant dirigé le pays s'est recueilli dès mercredi soir dans un sanctuaire soufi, une version mystique de l'islam, acclamé par ses partisans.

Il doit enchaîner dans la journée une série de réunions publiques dans le district de Sylhet.

Ses adversaires du Jaamat, qui rejettent le soufisme comme une pratique déviante de l'islam, entament leur mobilisation jeudi par un rassemblement dans la capitale Dacca.

- Retour en force -

Proche de la confrérie des Frères musulmans, le principal parti islamiste du Bangladesh a fait son grand retour depuis la chute de Sheikh Hasina, qui l'avait interdit et avait livré une chasse féroce à tous ses dirigeants.

Autorisés à revenir dans le jeu politique par le gouvernement provisoire du prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, les islamistes ont multiplié ces derniers mois les démonstrations de force dans les rues du pays.

Pour ce scrutin, ils ont pris la tête d'une coalition rejointe par le nouveau Parti national des citoyens (NCP), fondé par des chefs de file de la contestation étudiante qui a précipité le départ en exil pour l'Inde de Mme Hasina.

Celle qui était surnommée la "bégum de fer" a été condamnée par contumace en novembre pour avoir ordonné à la police de tirer sur les manifestants en 2024, ce qu'elle a toujours catégoriquement démenti.

Selon l'ONU, ces émeutes ont fait au moins 1.400 morts, pour l'essentiel des civils.

La Ligue Awami avait largement remporté les dernières législatives en janvier 2024, en raflant 222 sièges, mais sa victoire avait alors été largement dénoncée comme frauduleuse.

La mobilisation et le choix de ses partisans constituent l'une des grandes inconnues du vote du 12 février.

Le référendum convoqué le même jour porte sur une charte de réformes promues par Muhammad Yunus pour, selon lui, empêcher le retour de tout régime autocratique.

Adoptée en octobre après d'âpres tractations, ce document limite notamment à deux le nombre de mandats du Premier ministre, renforce les pouvoirs du président et réaffirme le caractère multiethnique et multireligieux du pays.

C.Rojas--TFWP