The Fort Worth Press - Sous pression américaine, l'industrie pétrolière vénézuélienne en pleine confusion

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Sous pression américaine, l'industrie pétrolière vénézuélienne en pleine confusion
Sous pression américaine, l'industrie pétrolière vénézuélienne en pleine confusion / Photo: © AFP

Sous pression américaine, l'industrie pétrolière vénézuélienne en pleine confusion

La confusion règne dans l'industrie pétrolière vénézuélienne entre un président américain qui exige des millions de barils, des pétroliers saisis, des capacités de stockage saturées qui font craindre un arrêt de la production, et des autorités affaiblies.

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À Maracaibo, berceau de la production pétrolière vénézuélienne, peu de pétroliers mouillent sur le célèbre lac, que ce soit pour charger du brut ou sortir en direction de la haute mer où est déployée la flottille de guerre américaine avec notamment le plus grand porte-avion du monde.

"Ils ont du pétrole bloqué au Venezuela. Ils ne peuvent pas le déplacer à cause de notre quarantaine et parce qu'il est sous sanctions. Nous allons prendre entre 30 et 50 millions de barils de pétrole", a souligné mercredi le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio.

- Réservoirs pleins -

Le ministre américain de l'Energie, Chris Wright, a affirmé mercredi que Washington contrôlerait "pour une période indéterminée" la commercialisation du pétrole vénézuélien.

En réponse, la compagnie géante publique PDVSA a publié mercredi un communiqué reconnaissant être en train de négocier avec Washington tout en évoquant une "transparence et un bénéfice pour les deux parties".

Mercredi, les forces Américaines, qui avaient déjà saisi deux pétroliers frappés de sanctions, ont maintenu la pression maximum en en saisissant deux autres, dans le cadre de l'embargo dont fait l'objet le Venezuela. Quatre jours après la spectaculaire capture du président vénézuélien Nicolas Maduro le 3 janvier.

Dans ce contexte, de nombreuses compagnies maritimes ont restreint leurs activités: certains navires sous sanctions ne lèvent pas l'ancre et tandis que d'autres prennent le risque. Les rotations de pétroliers se poursuivent, mais dans une moindre nombre.

Conséquence: les capacités de stockage sont saturées tandis que le pétrole continue de sortir des derricks de l'est et du sud du lac.

"Nous avons les réservoirs pleins de pétrole et c'est dangereux, on ne peut pas garder des tanks avec un risque de débordement", ont indiqué à l'AFP des sources consultées dans l'Etat pétrolier du Zulia (ouest).

"Elles (les autorités) ordonnent aux coentreprises de réduire la production en attendant des navires qui emporteront le pétrole", a indiqué un opérateur.

Les coentreprises sont des structures créées par l'ex-président défunt Hugo Chavez (1999-2013), qui prévoit la participation majoritaire de la compagnie publique Pétroles du Venezuela (PDVSA) aux côtés d'autres sociétés énergétiques, notamment de pays alliés comme la Chine, la Biélorussie et la Russie.

En plus de Chevron déjà présent, d'autres compagnies pétrolières américaines pourraient arriver, espère M. Rubio.

- Bateaux fantômes -

Le Venezuela produit 1 million de barils par jour (b/j), après être tombé en 2020 à un minimum de 350.000 b/j lors de la première année d'embargo des Etats-Unis.

Le pays aspire à revenir à une production de 3,5 millions, mais l'outil industriel est dans un état lamentable du fait de décennies de sous-investissement dans les infrastructures, alors que l'augmentation de la production nécessite des investissements énormes, selon des experts et des ouvriers.

Les majors américaines et occidentales sont dès lors dans les starting-blocks.

Si le pays dispose des plus grandes réserves d'or noir prouvées au monde, il y a eu peu ou pas d'explorations récentes, faute de moyens.

"Nous travaillons avec la production que nous fournissent les gisements déjà explorés", souligne une source du secteur, alors que d'immenses possibles gisements sont en attente d'être extraits dans l'est du pays.

Alors que le Venezuela a eu recours à une flotte de "bateaux fantômes" (shadow tankers) pour commercialiser son brut après l'embargo imposé par Donald Trump en 2019, la nouvelle donne pourrait changer les habitudes.

La Chine, la Russie et l'Iran figurent parmi les principales destinations.

Des analystes estiment même qu'il pourrait y avoir une levée des sanctions, avec les conditions imposées par Donald Trump.

En attendant, mercredi, le pétrolier Nord Star, "dont le propriétaire enregistré est Corniola Limited et dont le gestionnaire et opérateur est Krape Myrtle Co LTD", basé à Hong Kong, tous deux sanctionnés par le Trésor américain, mouillait dans la baie du lac de Maracaibo, a constaté l'AFP.

"La flotte fantôme continue de travailler, avec des risques, mais elle sort", ont indiqué des sources consultées par l'AFP à Maracaibo.

David Smilde, professeur à l'Université Tulane (Nouvelle-Orléans), souligne lui que Caracas a toujours voulu vendre son pétrole aux Etats-Unis au prix du marché et pas "avec des rabais en utilisant des bateaux fantômes".

Mais selon lui, maintenant "les Etats-Unis s'emparent vraiment du pétrole, en font ce qu'ils veulent et l'utiliseront peut-être pour se rembourser le coût d'une opération militaire, et rien ne revient au Venezuela... Ca pourrait susciter des tensions à l'intérieur".

P.Navarro--TFWP