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Le nombre de migrants arrivés en 2025 sur les côtes britanniques à bord de petites embarcations est le deuxième plus élevé enregistré depuis le début des relevés en 2018, indiquent des statistiques du gouvernement britannique publiées jeudi.
L'an passé, 41.472 migrants ont entrepris la traversée périlleuse de la Manche depuis la France, soit le deuxième nombre le plus élevé après le record de 45.774 enregistré en 2022, selon les données du ministère britannique de l'intérieur.
Ces traversées occasionnent de nombreux naufrages. Au moins 29 migrants ont péri en mer pendant l'année écoulée, selon un comptage effectué par l'AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.
La hausse du nombre des arrivées est une mauvaise nouvelle pour le gouvernement du Premier ministre, Keir Starmer, qui a pris ses fonctions en juillet 2024 et est confronté à la montée du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage.
Ce dernier caracole en tête des sondages d'opinion depuis plusieurs mois et compte capitaliser sur l'impopularité de l'exécutif pour engranger de nouveaux succès aux élections locales de mai prochain.
"Si nous réussissons (lors de ce scrutin), nous continuerons sur notre lancée et remporterons les élections" législatives, prévues au plus tard pour 2029, a lancé mercredi l'ancien champion du Brexit à l'occasion de son message de nouvel an.
Le précédent gouvernement, celui conservateur de Rishi Sunak, avait promis, sans succès, d'"arrêter les bateaux". Keir Starmer s'est quant à lui engagé à "démanteler les gangs" de passeurs, sans plus de résultats jusqu'à présent.
- Accord avec la France -
L'exécutif travailliste a annoncé une série de mesures restrictives en matière d'immigration et de droit d'asile, alors que les demandes d'asile ont atteint un niveau record : plus de 110.000 sur la période octobre 2024-septembre 2025.
Il a conclu l'été dernier avec la France un accord consistant à renvoyer vers ce pays les migrants arrivés à bord de petites embarcations, en échange de l'accueil par le Royaume-Uni, dans le cadre d'une voie d'admission légale, de migrants se trouvant sur le territoire français.
Ce mécanisme, contesté par les organisations de défense des droits humains, n'a pour l'instant pas dissuadé les candidats aux traversées.
Il a jusqu'ici débouché sur le retour forcé vers la France de 153 personnes et l'admission par le Royaume-Uni de 134 autres, selon les données communiquées mercredi par le Home Office.
"Nous réformons notre système d'immigration pour faciliter le renvoi de migrants illégaux qui n'ont pas le droit d'être ici", a écrit le secrétaire d'Etat chargé de la sécurité des frontières, Alex Norris, dans un communiqué transmis à l'AFP. "Notre message est clair: si vous essayez de revenir au Royaume-Uni, vous serez renvoyé", a-t-il ajouté.
Les arrivées par petits bateaux, qui ont commencé à être comptabilisées en 2018 (il y en avait alors moins de 300), ont connu un pic en 2022, avant de décroître en 2023 puis de repartir à la hausse en 2024 (36.816).
Les personnes qui font ces traversées sont pour près des trois quarts des hommes de plus de 18 ans. Leurs principaux pays d'origine sont l'Erythrée, l'Afghanistan, l'Iran, le Soudan et la Somalie, selon des données du ministère britannique portant sur la période octobre 2024-septembre 2025.
Depuis 2018, 95% de ces personnes demandent l'asile, qui leur est accordé dans les deux tiers des décisions.
Le gouvernement est sous pression, après un été marqué par des manifestations devant des hôtels hébergeant des demandeurs d'asile. Et en septembre, le militant d'extrême droite Tommy Robinson a organisé à Londres une manifestation d'une ampleur inédite, rassemblant jusqu'à 150.000 personnes.
H.Carroll--TFWP