The Fort Worth Press - Deux jours dans la vie de Kolya, recrue ukrainienne de 18 ans

USD -
AED 3.6725
AFN 65.499729
ALL 82.012423
AMD 377.773158
ANG 1.79008
AOA 917.000037
ARS 1442.275002
AUD 1.437732
AWG 1.8
AZN 1.697294
BAM 1.659595
BBD 2.015639
BDT 122.394949
BGN 1.67937
BHD 0.376995
BIF 2965.596535
BMD 1
BND 1.27457
BOB 6.91481
BRL 5.271602
BSD 1.000776
BTN 90.44239
BWP 13.24927
BYN 2.866659
BYR 19600
BZD 2.012669
CAD 1.369065
CDF 2230.000275
CHF 0.7768
CLF 0.021932
CLP 866.00035
CNY 6.93805
CNH 6.938869
COP 3698
CRC 496.14758
CUC 1
CUP 26.5
CVE 93.565043
CZK 20.568969
DJF 178.211857
DKK 6.331013
DOP 63.157627
DZD 129.992996
EGP 46.861601
ERN 15
ETB 155.932472
EUR 0.847799
FJD 2.210498
FKP 0.732184
GBP 0.736925
GEL 2.694986
GGP 0.732184
GHS 10.987836
GIP 0.732184
GMD 73.000379
GNF 8783.310776
GTQ 7.675957
GYD 209.370505
HKD 7.81155
HNL 26.434899
HRK 6.3863
HTG 131.283861
HUF 322.487018
IDR 16879.45
ILS 3.13001
IMP 0.732184
INR 90.398099
IQD 1311.010794
IRR 42125.000158
ISK 122.770089
JEP 0.732184
JMD 156.523658
JOD 0.709003
JPY 156.875974
KES 129.102598
KGS 87.450209
KHR 4038.98126
KMF 418.999491
KPW 900.030004
KRW 1469.990241
KWD 0.307339
KYD 0.833956
KZT 493.576471
LAK 21509.911072
LBP 89638.030929
LKR 309.69554
LRD 186.137286
LSL 16.167606
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.339495
MAD 9.185352
MDL 17.007501
MGA 4427.737424
MKD 52.251206
MMK 2099.783213
MNT 3569.156954
MOP 8.05317
MRU 39.920067
MUR 46.059657
MVR 15.449897
MWK 1735.286131
MXN 17.426835
MYR 3.9525
MZN 63.750209
NAD 16.167606
NGN 1366.530344
NIO 36.826006
NOK 9.778903
NPR 144.708438
NZD 1.67346
OMR 0.384506
PAB 1.000776
PEN 3.36398
PGK 4.350519
PHP 58.550504
PKR 280.209677
PLN 3.58107
PYG 6608.484622
QAR 3.647395
RON 4.318398
RSD 99.504972
RUB 76.753269
RWF 1460.610278
SAR 3.750238
SBD 8.058149
SCR 14.862442
SDG 601.501385
SEK 9.03673
SGD 1.273565
SHP 0.750259
SLE 24.450362
SLL 20969.499267
SOS 570.904894
SRD 37.86973
STD 20697.981008
STN 20.789492
SVC 8.756194
SYP 11059.574895
SZL 16.159799
THB 31.705498
TJS 9.366941
TMT 3.505
TND 2.899825
TOP 2.40776
TRY 43.6127
TTD 6.776526
TWD 31.654974
TZS 2574.999777
UAH 43.184356
UGX 3572.383187
UYU 38.617377
UZS 12275.134071
VES 377.985125
VND 25960
VUV 119.687673
WST 2.726344
XAF 556.612755
XAG 0.013394
XAU 0.000205
XCD 2.702549
XCG 1.803594
XDR 0.692248
XOF 556.610394
XPF 101.198154
YER 238.396166
ZAR 16.198103
ZMK 9001.200805
ZMW 18.589121
ZWL 321.999592
  • AEX

    -5.1500

    985.14

    -0.52%

  • BEL20

    -20.5200

    5525.05

    -0.37%

  • PX1

    -23.1300

    8238.17

    -0.28%

  • ISEQ

    -319.0500

    13200.06

    -2.36%

  • OSEBX

    1.4100

    1767.03

    +0.08%

  • PSI20

    -102.1300

    8779.01

    -1.15%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -10.2400

    4084.58

    -0.25%

  • N150

    -8.7600

    3975.26

    -0.22%

Deux jours dans la vie de Kolya, recrue ukrainienne de 18 ans
Deux jours dans la vie de Kolya, recrue ukrainienne de 18 ans / Photo: © AFP/Archives

Deux jours dans la vie de Kolya, recrue ukrainienne de 18 ans

Des yeux bleus céruléens, la tempe tatouée d'un poignard, Mykola Lebedev a un regard d'enfant à la détermination d'adulte. À 18 ans, il va lancer sa première grenade.

Taille du texte:

L'Ukraine, qui lutte depuis 2022 contre l'invasion russe et manque d'effectifs, a abaissé l'an dernier l'âge de la mobilisation à 25 ans. Pressée par les Etats-Unis d'abaisser à nouveau cet âge, l'armée tente d'attirer depuis février les 18-24 ans avec un contrat assorti d'avantages financiers.

Comme Mykola, Kolya pour les intimes, qui montera bientôt à l'assaut des positions russes dans l'Est. Pour survivre, il s'entraîne avec son unité dans un lieu tenu secret.

Son instructeur esquisse un signe de croix. Kolya dégoupille, lance. L'explosion fait bondir la cave.

"Tes mains tremblent. Félicitations, tu as perdu ta virginité !", lance son supérieur. Kolya se relève péniblement toussant et crachant sur le sol jonché d'habits d'enfants.

Autour de lui, les ruines s'alignent sur les collines calcinées. Elles furent jadis un village, un temps occupé par Moscou, puis emporté par les obus.

Le 26 février 2022, deux jours après le début de l'invasion, le village voisin de Kolya, dans le sud de l'Ukraine, tombe aux mains des forces russes.

"Les corps déchiquetés, les destructions, c'était très dur". À 15 ans, sa décision de rejoindre l'armée était prise : "Je ne pouvais pas rester les bras croisés".

Sous la pression de ses parents, Kolya quitte cependant l'Ukraine juste avant sa majorité.

"Mal à l'aise" en Pologne, il revient, et en dépit des larmes de sa mère, signe son contrat en juillet dernier.

- Espoir de l'Ukraine -

Kolya et les autres jeunes volontaires sont "l'espoir de l'Ukraine", glisse un formateur de 25 ans, déjà vétéran. "Mais leur guerre sera plus dure que la nôtre".

La faute aux drones explosifs russes, qui, depuis quelques mois, infestent le front, devenu une zone létale d'une quinzaine de kilomètres.

Tapis dans une maison, Kolya et deux jeunes camarades s'entraînent à leur échapper. Engoncé dans son gilet pare-balle, il serre son arme contre lui, oppressé par les vrombissements stridents qui résonnent dans les couloirs.

Au front, les hurlements de drones qui traumatisent les soldats, sont utilisés pour épuiser l’ennemi.

Quand le silence se fait, le groupe se rue dehors pour s’abriter dans un bosquet. Mais en un sifflement, le drone s’écrase à leur pied. "Vous êtes morts", lâche l’instructeur.

"Pourquoi n'as-tu pas écouté le ciel ?" "On ne l’avait pas vu", répond Kolya en boitant. "Putain de drone. Je me suis méchamment cassé la gueule..."

Kolya dit faire confiance "à ses bonnes jambes" pour ne pas mourir. Et s'il les perd au front, "tu y attaches un bâton, et tu continues !"

La guerre lui a déjà pris un ami, a grièvement blessé un autre, et brûlé son oncle à plus de "90%".

Son père combat et son beau-père, l'un des seul survivants de son peloton décimé par un obus, a déserté pour veiller sur ses trois enfants.

Quand Kolya lui a annoncé sa conscription, "il m’a traité d’idiot", dit-il en riant.

- "Celui qui crève a perdu" -

Si le nombre des 18-24 ans déjà recrutés est "confidentiel" selon les autorités, accréditant l'idée d'un faible succès, les bénéfices sont connus.

En signant son contrat, Kolya touche une prime de 21.000 euros, un salaire mensuel pouvant aller jusqu’à 2.800 euros, des prêts immobiliers – avantages inexistants pour les appelés.

Au bout de douze mois, il pourra aussi quitter l’armée pour un an; les mobilisés, eux, n’ont aucun délai.

Une différence de traitement au sein de son unité à laquelle "tout le monde pense, mais dont personne ne parle".

Sous le patio du baraquement, contractants et mobilisés nettoient religieusement leurs kalachnikovs. Sentir son fusil en main, pour Kolya, c'est "maintenir un équilibre entre la vie et la mort".

Pour leur première mission, ils seront dans les tranchées, où ils attendront la relève pendant des mois.

"Mais pour parler de rotation, encore faudrait-il que des gens reviennent...", avait glissé un soldat à l'AFP.

Entre eux, ils ne discutent pas de ces choses-là, se comprennent "sans parler" - seulement quelques blagues: "Celui qui crève a perdu !"

Sa première mission, Kolya l'imagine ainsi: "le sang, les cris, les explosions". Mais il l'assure, il n'a pas peur. "La seule chose qui me manque, c'est la musique". Et sa copine, dernier lien avec la vie civile. Quand le dimanche, il peut utiliser son téléphone, ils s’appellent quelques heures. "Je t'aime, tu me manques. Classique...", résume-t-il.

Une bouffée de sa cigarette révèle les derniers rayons de soleil d'automne qui lui font plisser des yeux juvéniles. Dans un mois, il fera face aux troupes russes.

A.Nunez--TFWP