The Fort Worth Press - Au Kenya, cinq petits villages et une forêt au cœur de la course mondiale aux terres rares

USD -
AED 3.67295
AFN 65.999764
ALL 82.293657
AMD 366.719738
AOA 917.000077
ARS 1497.0762
AUD 1.430565
AWG 1.8025
AZN 1.712855
BAM 1.716533
BBD 2.01435
BDT 123.460799
BHD 0.377101
BIF 2985
BMD 1
BND 1.290215
BOB 11.256369
BRL 5.129404
BSD 1.00011
BTN 95.872629
BWP 13.731574
BYN 2.869105
BYR 19600
BZD 2.011445
CAD 1.41235
CDF 2259.999973
CHF 0.818702
CLF 0.023893
CLP 940.380191
CNY 6.766101
CNH 6.764705
COP 3203.89
CRC 455.157826
CUC 1
CUP 26.5
CVE 97.349905
CZK 21.261901
DJF 177.719962
DKK 6.573606
DOP 58.29735
DZD 133.431025
EGP 50.727698
ERN 15
ETB 159.974988
EUR 0.879297
FJD 2.23025
FKP 0.750638
GBP 0.75205
GEL 2.624997
GGP 0.750638
GHS 11.649736
GIP 0.750638
GMD 73.999922
GNF 8759.999975
GTQ 7.631243
GYD 209.164037
HKD 7.84165
HNL 26.774979
HRK 6.627801
HTG 130.739491
HUF 316.479946
IDR 18062
ILS 3.055795
IMP 0.750638
INR 95.76835
IQD 1310
IRR 1375124.999997
ISK 125.403834
JEP 0.750638
JMD 158.225015
JOD 0.708981
JPY 163.720995
KES 129.497386
KGS 87.449803
KHR 4041.509472
KMF 432.999898
KRW 1465.350293
KWD 0.31044
KYD 0.833461
KZT 475.243441
LAK 22654.999766
LBP 89549.999743
LKR 336.302758
LRD 181.197444
LSL 16.830169
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.404952
MAD 9.3625
MDL 17.577643
MGA 4307.492304
MKD 54.00258
MMK 2099.5391
MNT 3591.521692
MOP 8.078447
MRU 40.050464
MUR 47.340314
MVR 15.450064
MWK 1736.999632
MXN 17.452899
MYR 4.087701
MZN 63.901412
NAD 16.830088
NGN 1364.759875
NIO 36.659743
NOK 9.665603
NPR 153.389972
NZD 1.732365
OMR 0.384533
PAB 1.000114
PEN 3.402498
PGK 4.39501
PHP 61.715056
PKR 277.849813
PLN 3.80065
PYG 6047.973038
QAR 3.64415
RON 4.599704
RSD 103.233042
RUB 78.031567
RWF 1466
SAR 3.747688
SBD 8.081105
SCR 14.057882
SDG 600.502082
SEK 9.747315
SGD 1.291097
SLE 24.225026
SOS 571.499631
SRD 37.731004
STD 20697.981008
STN 21.95
SVC 8.751174
SZL 16.82981
THB 33.630081
TJS 9.231444
TMT 3.5
TND 2.962974
TRY 47.3573
TTD 6.792291
TWD 32.297902
TZS 2636.503025
UAH 44.91649
UGX 3755.567745
UYU 40.161841
UZS 12005.000326
VES 741.3014
VND 26315
VUV 119.08833
WST 2.756321
XAF 575.73167
XAG 0.017124
XAU 0.000245
XCD 2.70255
XCG 1.802456
XDR 0.715429
XOF 574.999754
XPF 105.374959
YER 238.550114
ZAR 16.750097
ZMK 9001.193524
ZMW 18.687766
ZWL 321.999592
  • AEX

    -8.9400

    1081.13

    -0.82%

  • BEL20

    -27.5300

    5707.41

    -0.48%

  • PX1

    33.4900

    8406.06

    +0.4%

  • ISEQ

    127.5800

    13699.61

    +0.94%

  • OSEBX

    -16.4600

    1991.12

    -0.82%

  • PSI20

    -93.0700

    9122.03

    -1.01%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -45.0800

    4508.92

    -0.99%

  • N150

    -8.9000

    4227.68

    -0.21%

Au Kenya, cinq petits villages et une forêt au cœur de la course mondiale aux terres rares
Au Kenya, cinq petits villages et une forêt au cœur de la course mondiale aux terres rares / Photo: © AFP

Au Kenya, cinq petits villages et une forêt au cœur de la course mondiale aux terres rares

Près de la côte kényane, cinq petits villages et une forêt se retrouvent malgré eux au coeur d'un jeu géostratégique global, impliquant notamment Chine et Etats-Unis, le sol sur lequel ils s'enracinent regorgeant de terres rares.

Taille du texte:

Mrima hill, jolie colline boisée située près de la frontière tanzanienne, voit depuis quelques temps les visiteurs étrangers se succéder. Car d'importantes réserves, notamment de niobium, un minerai utilisé pour renforcer l'acier, s'y trouvent.

Le site est petit: environ 3,6 km2 au total. Mais le gisement sur lequel il repose a été évalué en 2013 à 62,4 milliards de dollars (environ 47 milliards d'euros d'alors) par Cortec mining Kenya, une filiale de sociétés anglaises et de l'entreprise canadienne Pacific Wildcat Resources.

Alors que la compétition s'accélère globalement pour l'accès aux terres rares, l'ex-ambassadeur par intérim des Etats-Unis au Kenya, Marc Dillard, s'est donc rendu sur place en juin, selon plusieurs villageois interrogés par l'AFP, ce qu'a confirmé la représentation diplomatique américaine à Nairobi.

Washington fait de la sécurisation des minerais critiques un élément central de sa diplomatie en Afrique, espérant concurrencer le quasi-monopole de la Chine dans ce secteur stratégique.

La Maison Blanche se félicite notamment d'être parvenue à un accord de paix entre le Rwanda et la République démocratique du Congo -un pays extrêmement riche en ressources minières, même si les violences perdurent dans l'est.

- "Grosses voitures" -

Peu avant la venue du représentant américain, un consortium australien avait fait en avril une offre pour exploiter les terres rares. Des ressortissants chinois ont également récemment tenté de visiter les lieux, où les spéculateurs fonciers affluent, affirme Juma Koja, un gardien de la communauté.

"Les gens viennent ici dans de grosses voitures (...), mais nous les refoulons", assure-t-il à l'AFP, dont une équipe a dans un premier temps également été interdite d'accès à la forêt. "Je ne veux pas que mon peuple soit exploité", justifie-t-il.

Le gardien craint des dommages environnementaux irréversibles, notamment la perte d'arbres indigènes uniques comme la grande orchidée, déjà menacée alors que l'exploitation minière n'a pas encore débuté. "Dans mon coeur, je pleure" à cette pensée, confie-t-il.

La forêt luxuriante, riche en plantes médicinales, abrite en outre des sanctuaires sacrés et assure depuis longtemps la subsistance de la population, bien que plus de la moitié de celle-ci vive aujourd'hui dans une pauvreté extrême, selon des données gouvernementales.

La communauté locale s'inquiète surtout d'être expulsée du fait de l'exploitation du niobium dont elle ne toucherait rien. "Où nous emmèneront-ils?", angoisse Mohammed Riko, 64 ans, vice-président de l'Association communautaire de la forêt de Mrima Hill. "Mrima est notre vie."

Le Kenya a imposé en 2019 une interdiction nationale sur les nouvelles licences minières en raison de préoccupations concernant la corruption et la dégradation de l'environnement, interdiction qu'il a progressivement assouplie depuis.

La Chine limitant de plus en plus ses propres exportations de terres rares, Nairobi voit désormais des opportunités à saisir.

- "Mourir pauvres" -

Le ministère des Mines kényan a annoncé cette année des "réformes audacieuses", notamment des allégements fiscaux et une transparence accrue des licences, visant à attirer les investisseurs et à faire passer le secteur de 0,8% du PIB à 10% d'ici 2030.

Mais le Kenya manque de données précises sur ses sols, estime Daniel Weru Ichang'i, professeur retraité de géologie économique à l'Université de Nairobi.

"Il existe une vue romantique des mines, qui sont perçues comme un secteur où l'on fait de l'argent facilement. Il faut que nous redescendions sur terre", observe-t-il.

Le corruption, très répandue au Kenya, "rend moins attractif ce secteur, déjà à très haut risque" pour d'éventuels investisseurs, poursuit Daniel Weru Ichang'i.

En 2013, le Kenya avait révoqué la licence minière accordée à Cortec Mining Kenya, invoquant des irrégularités environnementales et de licence. L'entreprise affirme de son côté s'être vue sanctionnée pour avoir refusé de payer un pot-de-vin au ministre des Mines de l'époque, ce que celui-ci nie. Elle a perdu son recours devant un tribunal international.

Domitilla Mueni, trésorière de l'Association de Mrima Hill, espère malgré tout d'importantes retombées. Elle-même a planté des arbres sur son terrain et l'a cultivé — afin de maximiser les profits au cas où des entreprises minières voudraient le racheter.

Et de s'interroger: "Pourquoi devrions-nous mourir pauvres alors que nous avons des minerais?"

B.Martinez--TFWP