The Fort Worth Press - Sénégal: le massacre de tirailleurs par l'armée française en 1944 a été "prémédité" et "camouflé" (rapport officiel)

USD -
AED 3.672504
AFN 65.000368
ALL 81.910403
AMD 376.168126
ANG 1.79008
AOA 917.000367
ARS 1431.790402
AUD 1.425923
AWG 1.8025
AZN 1.70397
BAM 1.654023
BBD 2.008288
BDT 121.941731
BGN 1.67937
BHD 0.375999
BIF 2954.881813
BMD 1
BND 1.269737
BOB 6.889932
BRL 5.217404
BSD 0.997082
BTN 90.316715
BWP 13.200558
BYN 2.864561
BYR 19600
BZD 2.005328
CAD 1.36855
CDF 2200.000362
CHF 0.77566
CLF 0.021803
CLP 860.890396
CNY 6.93895
CNH 6.929815
COP 3684.65
CRC 494.312656
CUC 1
CUP 26.5
CVE 93.82504
CZK 20.504104
DJF 177.555076
DKK 6.322204
DOP 62.928665
DZD 129.553047
EGP 46.73094
ERN 15
ETB 155.0074
EUR 0.846204
FJD 2.209504
FKP 0.738005
GBP 0.734457
GEL 2.69504
GGP 0.738005
GHS 10.957757
GIP 0.738005
GMD 73.000355
GNF 8752.167111
GTQ 7.647681
GYD 208.609244
HKD 7.81385
HNL 26.45504
HRK 6.376104
HTG 130.618631
HUF 319.703831
IDR 16855.5
ILS 3.110675
IMP 0.738005
INR 90.57645
IQD 1310.5
IRR 42125.000158
ISK 122.710386
JEP 0.738005
JMD 156.057339
JOD 0.70904
JPY 157.200504
KES 128.622775
KGS 87.450384
KHR 4033.00035
KMF 419.00035
KPW 900.002243
KRW 1463.803789
KWD 0.30721
KYD 0.830902
KZT 493.331642
LAK 21426.698803
LBP 89293.839063
LKR 308.47816
LRD 187.449786
LSL 16.086092
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.314009
MAD 9.185039
MDL 17.000296
MGA 4426.402808
MKD 52.129054
MMK 2100.00747
MNT 3580.70414
MOP 8.023933
MRU 39.850379
MUR 46.060378
MVR 15.450378
MWK 1737.000345
MXN 17.263604
MYR 3.947504
MZN 63.750377
NAD 16.086092
NGN 1366.980377
NIO 36.694998
NOK 9.690604
NPR 144.506744
NZD 1.661958
OMR 0.383441
PAB 0.997082
PEN 3.367504
PGK 4.275868
PHP 58.511038
PKR 278.812127
PLN 3.56949
PYG 6588.016407
QAR 3.64135
RON 4.310404
RSD 99.553038
RUB 76.792845
RWF 1455.283522
SAR 3.749738
SBD 8.058149
SCR 13.675619
SDG 601.503676
SEK 9.023204
SGD 1.272904
SHP 0.750259
SLE 24.450371
SLL 20969.499267
SOS 568.818978
SRD 37.818038
STD 20697.981008
STN 20.719692
SVC 8.724259
SYP 11059.574895
SZL 16.08271
THB 31.535038
TJS 9.342721
TMT 3.505
TND 2.847504
TOP 2.40776
TRY 43.612504
TTD 6.752083
TWD 31.590367
TZS 2577.445135
UAH 42.828111
UGX 3547.71872
UYU 38.538627
UZS 12244.069517
VES 377.985125
VND 25950
VUV 119.988021
WST 2.726314
XAF 554.743964
XAG 0.012866
XAU 0.000202
XCD 2.70255
XCG 1.797032
XDR 0.689923
XOF 554.743964
XPF 101.703591
YER 238.403589
ZAR 16.04457
ZMK 9001.203584
ZMW 18.570764
ZWL 321.999592
  • AEX

    10.2500

    995.35

    +1.04%

  • BEL20

    -7.7400

    5517.52

    -0.14%

  • PX1

    35.4300

    8273.84

    +0.43%

  • ISEQ

    95.0400

    13295.1

    +0.72%

  • OSEBX

    49.1200

    1816.11

    +2.78%

  • PSI20

    111.4900

    8890.3

    +1.27%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -84.1400

    4000.2

    -2.06%

  • N150

    35.3800

    4010.68

    +0.89%

Sénégal: le massacre de tirailleurs par l'armée française en 1944 a été "prémédité" et "camouflé" (rapport officiel)
Sénégal: le massacre de tirailleurs par l'armée française en 1944 a été "prémédité" et "camouflé" (rapport officiel) / Photo: © AFP

Sénégal: le massacre de tirailleurs par l'armée française en 1944 a été "prémédité" et "camouflé" (rapport officiel)

Le massacre par l'armée française en 1944 au Sénégal de tirailleurs africains qui réclamaient leurs soldes a été "prémédité" et "camouflé", et son bilan est sans doute largement sous-estimé, dénonce un Livre blanc remis jeudi au président sénégalais, dont l'AFP a obtenu une copie en exclusivité.

Taille du texte:

Au matin du 1er décembre 1944, au camp militaire de Thiaroye, ville située non loin de la capitale sénégalaise Dakar, des troupes coloniales et des gendarmes français avaient tiré sur ordre d'officiers de l'armée française sur des tirailleurs rapatriés après avoir combattu pour l'armée française en Europe lors de la Seconde Guerre mondiale.

Ces tirailleurs originaires de plusieurs pays ouest-africains (Sénégal, Côte d'Ivoire, Guinée, Haute-Volta - devenue aujourd'hui le Burkina Faso) réclamaient le paiement d'arriérés de soldes avant de rentrer chez eux.

Le traumatisme lié à leur massacre est toujours vif au Sénégal et dans les autres pays concernés.

La tuerie "devait convaincre que l'ordre colonial ne pouvait être écorné par les effets émancipateurs de la (Seconde) guerre" mondiale sur les colonisés, affirme le comité de chercheurs auteurs de ce Livre blanc. C'est "la raison pour laquelle l'opération a été préméditée, minutieusement programmée et exécutée (...) dans des actions coordonnées."

"Dans les jours qui ont suivi le massacre, les autorités françaises ont tout fait pour (le) camoufler, elles ont modifié les registres de départ de Morlaix (port de départ en France) et d'arrivée à Dakar, le nombre de soldats présents à Thiaroye, les causes du rassemblement des tirailleurs...", affirme le rapport.

Selon le bilan des autorités coloniales françaises à l'époque, au moins 35 tirailleurs avaient été tués par des troupes coloniales et des gendarmes français lors de ce massacre dans le camp de Thiaroye où ils étaient rassemblés.

Un bilan sans doute très largement sous-estimé, affirment ces chercheurs, pour qui les "estimations les plus crédibles avancent les chiffres de 300 à 400" morts.

- "Traces de violence" -

Au cours de fouilles archéologiques sans précédent ordonnées par l’État sénégalais et effectuées depuis début mai, des squelettes humains avec des balles dans le corps dans le cimetière de Thiaroye ont été retrouvés.

Le "Comité de commémoration du massacre des tirailleurs sénégalais", dont font partie les chercheurs auteurs du rapport, a tenu vendredi une conférence de presse à Dakar.

Les chercheurs ont précisé que certains squelettes, présentant des "insignes militaires", "portent des traces de violences faites avec différentes armes".

En avril 2024, les autorités sénégalaises, qui se réclament du souverainisme, avaient mis en place ce comité de chercheurs.

Le corps français des "Tirailleurs sénégalais", créé sous le Second Empire français (1852-1870) et dissous dans les années 1960, rassemblait des militaires des anciennes colonies françaises d'Afrique, notamment des Sénégalais, des Soudanais (actuels Maliens), des Voltaïques (aujourd'hui Burkinabè) et des Ivoiriens.

Le terme de "tirailleur sénégalais" a fini par désigner l'ensemble des soldats d'Afrique qui se battaient sous le drapeau français. Ils ont participé aux deux Guerres mondiales et aux guerres de décolonisation.

- "Travail de mémoire" -

Pour l'historien sénégalais Mamadou Diouf, président du comité, "il y a eu autour de Thiaroye une entreprise délibérée française de la dissimulation, de la manipulation de l'information et surtout du refus de raconter l'Histoire", a-t-il dénoncé vendredi.

Il a souligné que les tirailleurs rassemblés au camp de Thiaroye s'étaient battus pour le paiement de leurs soldes mais aussi "pour leur dignité", "pour qu'on les respecte et qu'on les traite comme les soldats français".

Les quelque 1.300 tirailleurs rassemblés au camp de Thiaroye - d'ex-prisonniers de guerre des Allemands qui avaient participé aux combats de 1940 - avaient embarqué en France début novembre 1944 pour être renvoyés en bateau à Dakar.

Après leur arrivée au camp plus de deux semaines plus tard, ils se révoltent contre le retard du paiement de leurs arriérés de soldes, plusieurs refusant de rentrer dans leurs pays et foyers sans être payés.

Ces chercheurs ont critiqué le fait que la liste des noms de ces 1.300 tirailleurs ne leur a jamais été communiquée. "Les Français disent que cette liste n'existe pas", a déploré M. Diouf, qui regrette que des dossiers d'archives "ne soient toujours pas accessibles".

Réagissant vendredi à la publication de ce Livre blanc, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, qui se trouve actuellement au Forum Création Afrique à Lagos, a indiqué à des médias que les autorités françaises allaient "prendre connaissance de ce rapport".

"Nous nous tenons prêts à coopérer avec le Sénégal (...) pour que les travaux de recherche puissent éclairer ce qui s'est passé ce jour-là", a-t-il déclaré.

"La France ne détourne pas les yeux de sa propre histoire et a engagé avec le Sénégal, mais aussi avec un certain nombre d'autres pays africains, un travail de mémoire", a-t-il poursuivi.

T.Harrison--TFWP