The Fort Worth Press - Retraites: la CGT claque à son tour la porte d'un "conclave" en sursis

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Retraites: la CGT claque à son tour la porte d'un "conclave" en sursis

Retraites: la CGT claque à son tour la porte d'un "conclave" en sursis

Après Force ouvrière et l'U2P, c'est au tour de la CGT de claquer la porte: Sophie Binet a annoncé mercredi soir le départ de son organisation des concertations sur les retraites lancées par le Premier ministre en janvier, après le refus répété de celui-ci de revenir aux 62 ans.

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"Le Premier ministre et le patronat ont malheureusement définitivement enterré ce conclave. Et c'est très grave parce que le Premier ministre s'était engagé à ce que ces discussions soient +sans totem, ni tabou+", a justifié la patronne de la CGT, après le vote de ses instances.

Par conséquent, "la CGT a décidé ce soir de quitter ces concertations et d'appeler les salariés à se mobiliser" en rejoignant notamment les cortèges de retraités prévus jeudi.

Après avoir suscité beaucoup d'espoir auprès des syndicats, en leur donnant l'occasion, pour la première fois en plus de deux ans, de renégocier la décriée réforme des retraites qui a porté l'âge de départ de 62 à 64 ans en 2023, François Bayrou a déçu l'opposition de gauche comme les syndicats.

Ses déclarations dimanche fermant la porte au retour des 62 ans, réitérées mardi et mercredi devant le Parlement ont fini de provoquer l'ire des centrales syndicales qui lui opposent une fin de non recevoir.

Devant le Sénat, François Bayrou a assuré ne s'être "jamais (...) immiscé" dans le débat des partenaires sociaux. "J'ai simplement rappelé qu'il fallait se fixer comme objectif le retour à l'équilibre (du système de retraites) en 2030" et jugé "qu'à mes yeux, on ne pouvait pas revenir à 62, supprimer la réforme des retraites et retrouver l'équilibre financier", a-t-il plaidé.

- L'âge, "le coeur du réacteur" -

Le Premier ministre a "rompu le contrat", "changé les règles du jeu" et "ne voit pas où est le problème", a dénoncé mardi matin Marylise Léon, N°1 de la CFDT, sur BFMTV/RMC.

"Nous, on veut discuter de l'âge, l'âge de départ. C'est le cœur du réacteur. C'est la raison pour laquelle on s'est mobilisés et pour laquelle on a souhaité reprendre le fil des discussions", a-t-elle encore rappelé.

Dans ces conditions, la leader a prévenu qu'elle "s'affranchit" désormais "de la lettre de cadrage" du gouvernement et entend négocier "avec ceux qui ont envie vraiment de travailler" pour ouvrir "un autre" conclave.

Mais celui-ci a du plomb dans l'aile : Force ouvrière avait claqué la porte dès la première séance le 27 février, jugeant que la concertation tournait à la "mascarade" après l'exigence de François Bayrou de rétablir l'équilibre financier du système de retraites en 2030, demandant de trouver 6,6 milliards d'économies supplémentaires par rapport à ce qui avait été demandé aux partenaires sociaux en janvier.

- "Usure" et "pénibilité" jeudi -

Jeudi, seules trois organisations syndicales (CFDT, CFTC, CFE-CGC) et deux organisations patronales (Medef et CPME) se retrouveront ainsi à la table des discussions à partir de 14H00 pour parler d'"usure professionnelle et pénibilité".

Mais "avec les (derniers) rebondissements, j’ai bien peur qu'il y ait du changement", a déclaré à l'AFP Pascale Coton, négociatrice pour la CFTC.

 

Cette organisation estime que l'équilibre du régime des retraites "imposera de repousser l'âge légal de départ au-delà de 64 ans", sauf pour les métiers difficiles.

Le Medef, première organisation patronale, a dit mercredi par la voix de son président Patrick Martin vouloir "laisser sa chance" à la discussion estimant toutefois que "tous les partenaires sociaux, les politiques a fortiori, doivent prendre en compte cette situation des finances publiques qui devient critique".

Selon un sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi, 50% des personnes sondées souhaitent que, dans les prochaines semaines, une motion de censure soit adoptée contre le gouvernement de François Bayrou sur le sujet des retraites. Et ils sont : 56% des Français à souhaiter revenir à 62 ans -contre 62% en janvier-.

S.Rocha--TFWP