The Fort Worth Press - Attaque chimique en Syrie: trois soignants disent avoir été forcés à livrer un faux témoignage

USD -
AED 3.672499
AFN 65.000286
ALL 81.757752
AMD 363.060451
ANG 1.790365
AOA 918.000102
ARS 1517.748898
AUD 1.431188
AWG 1.8
AZN 1.702749
BAM 1.745081
BBD 2.014187
BDT 123.310283
BGN 1.683441
BHD 0.377783
BIF 2992.192728
BMD 1
BND 1.280571
BOB 11.845639
BRL 4.987899
BSD 1.000045
BTN 96.679902
BWP 13.757752
BYN 3.042248
BYR 19600
BZD 2.011332
CAD 1.42559
CDF 2309.999687
CHF 0.829899
CLF 0.024814
CLP 976.610074
CNY 6.692149
CNH 6.69232
COP 3204.5
CRC 456.301584
CUC 1
CUP 24.001785
CVE 98.38501
CZK 21.757899
DJF 178.086103
DKK 6.668902
DOP 60.611198
DZD 134.724069
EGP 52.403901
ERN 15
ETB 162.480749
EUR 0.89223
FJD 2.24725
FKP 0.755711
GBP 0.75505
GEL 2.590118
GGP 0.755711
GHS 11.755521
GIP 0.755711
GMD 73.497265
GNF 8797.680125
GTQ 7.645773
GYD 209.172429
HKD 7.84765
HNL 26.843631
HRK 6.7248
HTG 130.956948
HUF 325.530503
IDR 17917
ILS 3.06346
IMP 0.755711
INR 96.77555
IQD 1515.056882
IRR 1779470.000144
ISK 122.059881
JEP 0.755711
JMD 158.724069
JOD 0.709001
JPY 158.142965
KES 129.798196
KGS 87.450055
KHR 4060.673656
KMF 439.99992
KPW 900.000318
KRW 1338.090003
KWD 0.31096
KYD 0.833371
KZT 454.436761
LAK 22426.053982
LBP 89555.476244
LKR 330.885568
LRD 171.010484
LSL 16.545706
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.430515
MAD 9.82021
MDL 17.93085
MGA 4459.513718
MKD 54.940888
MMK 2099.813295
MNT 3595.111531
MOP 8.083426
MRU 39.963417
MUR 47.470253
MVR 15.45013
MWK 1734.106625
MXN 18.41655
MYR 4.084599
MZN 63.910293
NAD 16.545706
NGN 1331.000149
NIO 36.80571
NOK 9.555395
NPR 154.687486
NZD 1.78115
OMR 0.384742
PAB 1.000045
PEN 3.429668
PGK 4.534464
PHP 62.806042
PKR 276.931162
PLN 3.91335
PYG 5688.155253
QAR 3.65532
RON 4.760897
RSD 104.733437
RUB 85.158061
RWF 1474.102164
SAR 3.75677
SBD 8.078071
SCR 14.675002
SDG 601.502618
SEK 9.99165
SGD 1.280025
SHP 0.755572
SLE 24.669809
SLL 20969.491881
SOS 571.492304
SRD 37.692505
STD 20697.981008
STN 21.860361
SVC 8.75039
SYP 13002.000254
SZL 16.542494
THB 33.520253
TJS 9.200535
TMT 3.51
TND 2.984609
TOP 2.40776
TRY 49.340899
TTD 6.793665
TWD 31.931044
TZS 2640.301624
UAH 44.916529
UGX 4089.225965
UYU 40.169529
UZS 11900.959179
VES 875.701602
VND 25899.5
VUV 119.371348
WST 2.785507
XAF 585.264638
XAG 0.016379
XAU 0.000238292681
XCD 2.70255
XCG 1.802364
XDR 0.707052
XOF 585.264638
XPF 106.410886
YER 236.198801
ZAR 16.49715
ZMK 9001.202391
ZMW 19.875976
ZWL 321.999592
SSP 5757.531856
MXV 2.080607
  • AEX

    3.2000

    1105.55

    +0.29%

  • BEL20

    -25.9400

    5737.76

    -0.45%

  • PX1

    -7.3300

    8131.86

    -0.09%

  • ISEQ

    5.7300

    14337.15

    +0.04%

  • OSEBX

    1.2600

    2108.79

    +0.06%

  • PSI20

    21.1600

    9638.63

    +0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.9400

    4631.6

    -0.45%

  • N150

    -6.4200

    4271.03

    -0.15%

Attaque chimique en Syrie: trois soignants disent avoir été forcés à livrer un faux témoignage
Attaque chimique en Syrie: trois soignants disent avoir été forcés à livrer un faux témoignage / Photo: © AFP

Attaque chimique en Syrie: trois soignants disent avoir été forcés à livrer un faux témoignage

Plus de six ans après une attaque au chlore meurtrière sur la ville syrienne de Douma, deux médecins et un infirmier ayant soigné des victimes ont raconté à l'AFP les pressions subies pour livrer un faux témoignage et nier tout recours aux armes chimiques.

Taille du texte:

Le 7 avril 2018, Douma, dernier bastion rebelle de la Ghouta orientale aux portes de Damas, subit d'intenses bombardements des forces progouvernementales.

Un bâtiment près d'un hôpital de campagne est touché. Très rapidement, militants et secouristes dénoncent une attaque au chlore qui fait 43 morts --récit nié par le pouvoir de Bachar al-Assad et son allié russe.

Parmi les images circulant sur les réseaux sociaux, une vidéo tournée dans l'hôpital de campagne montrent les équipes médicales soignant les blessés, certains allongés à même le sol, en train de se faire asperger d'eau.

Les services de sécurité de Damas vont convoquer tout le personnel qui apparaît dans cette vidéo, dont deux médecins et un infirmier qui ont accordé des entretiens exclusifs à l'AFP ce week-end.

Ces témoignages, inédits, n'auraient pas été possibles il y a encore un mois, avant la chute de Bachar al-Assad le 8 décembre.

Les trois hommes ont confirmé avoir été parmi 11 soignants convoqués au siège de la Sûreté nationale après l'attaque.

Par la suite, "pressions" et intimidations du pouvoir les contraindront à fournir de faux témoignages aux enquêteurs internationaux de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

- "Pistolet sur la table" -

Le chirurgien orthopédique Mohammad Al-Hanach se sentait obligé d'aller à la convocation. "Ils m'ont dit qu'ils savaient où trouver ma famille" à Damas, a-t-il expliqué à l'AFP.

Prudent, il tente d'abord de fournir des "réponses vagues" à l'officier qui mène son interrogatoire.

"Il m'a demandé par exemple ce qui s'était passé ce jour-là, où j'étais, ce que j'avais vu", se souvient le chirurgien.

Le médecin urgentiste Hassan Ouyoun a également dû répondre à des questions similaires.

"Quand je suis arrivé devant l'enquêteur, un pistolet était posé sur la table, pointé vers moi", raconte-t-il à l'AFP.

Il dit avoir "immédiatement compris ce qui était attendu de lui". "Tous ceux qui étaient à l'hôpital ont subi de fortes pressions, parfois même des menaces à peine voilées", ajoute-t-il.

Lui aussi reconnaît avoir "nié" l'attaque chimique et tenté de ne pas être trop précis dans ses réponses.

Il se remémore encore son interrogatoire: "+Où ont été transportés les morts?+ Je ne sais pas +Comment expliquer les cas de suffocations?+ Par la poussière et la fumée provoquées" par les bombardements et les "opérations militaires", dit-il.

Mouwafaq Nisrine, infirmier à l'époque, a également été interrogé, après avoir été vu dans une vidéo où il tapotait sur le dos d'une fillette aspergée d'eau et déshabillée, qui crachait des muqueuses après avoir inhalé un gaz toxique.

"Ils nous ont dit qu'il n'y avait pas eu d'attaque chimique (...) qu'ils voulaient mettre fin à ces affirmations", se souvient-t-il.

"J'étais sous pression car ma famille habite à Douma, comme la plupart des familles du personnel médical", dit-il.

- "Médecins de la révolution" -

Dans un rapport, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) avait accusé en janvier 2023 Damas d'avoir mené l'attaque au chlore qui a fait 43 morts.

Selon ses enquêteurs, "il existe des motifs raisonnables de croire" qu'au moins un hélicoptère de l'armée de l'air syrienne a largué deux barils de gaz toxique sur Douma.

Après leur interrogatoire à Damas, les deux médecins et l'infirmier doivent répéter leurs réponses devant une caméra pour les transmettre à l'OIAC, racontent-ils.

"Nous n'étions pas en position de ne pas coopérer", justifie M. Hanach.

A leur grande surprise, la vidéo, dans laquelle leurs propos sont parfois coupés au montage, est diffusée par la télévision étatique syrienne, se souvient-il.

"Certaines expressions ont été supprimées ou sorties de leur contexte", pour servir la narration du pouvoir, ajoute le médecin.

Pour l'urgentiste Hassan Ouyoun, du jour au lendemain, lui et ses collègues sont devenus de "faux témoins". Alors que "nous étions des médecins de la révolution dans un hôpital de campagne au service de la population", plaide-t-il.

- "Joie incomplète" -

Le 14 avril, en représailles à l'attaque à Douma, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni mènent une série de frappes sur des positions militaires du régime.

Le jour même, les trois soignants sont informés de l'arrivée des enquêteurs de l'OIAC pour les interroger. Des hommes du pouvoir les obligent à enregistrer la rencontre.

"Nous avons dû répéter le récit" du pouvoir, affirme le docteur Hanach.

Le 25 avril, MM. Hanach, Ouyoun, Nisrine et quatre autres témoins quittent la Syrie pour rejoindre La Haye, siège de l'OIAC, pour témoigner en "terrain neutre".

La Russie avait annoncé à l'époque qu'avec Damas, elle présenterait à l'OIAC des témoignages pour démentir la "prétendue" attaque chimique.

Les enquêteurs de l'OIAC ont rapporté l'utilisation probable ou avérée d'armes chimiques dans environ 20 cas en Syrie.

Concernant Douma, le docteur Hanach se dit aujourd'hui soulagé que le faux témoignage qu'il a dû fournir n'ait pas "affecté l'enquête" internationale qui a "prouvé" le recours aux armes chimiques.

Mais "la joie est incomplète car les gens obtiendront réellement justice le jour où les coupables seront punis".

J.Barnes--TFWP