The Fort Worth Press - Paul Biya, le "sphinx" qui règne sur le Cameroun depuis plus de quatre décennies

USD -
AED 3.67297
AFN 64.999709
ALL 84.31498
AMD 361.730417
ANG 1.789785
AOA 917.999687
ARS 1513.172301
AUD 1.431352
AWG 1.8025
AZN 1.697874
BAM 1.748185
BBD 2.013658
BDT 123.127391
BGN 1.747831
BHD 0.37775
BIF 2996
BMD 1
BND 1.279882
BOB 11.762182
BRL 5.012102
BSD 0.999768
BTN 95.208981
BWP 13.734665
BYN 3.010793
BYR 19600
BZD 2.010753
CAD 1.42081
CDF 2309.999662
CHF 0.83248
CLF 0.024913
CLP 980.589879
CNY 6.69215
CNH 6.692355
COP 3191.32
CRC 455.140667
CUC 1
CUP 23.995316
CVE 98.750368
CZK 21.736902
DJF 177.720158
DKK 6.67359
DOP 61.306089
DZD 134.50203
EGP 52.793802
ERN 15
ETB 161.130205
EUR 0.892797
FJD 2.262993
FKP 0.757299
GBP 0.75445
GEL 2.589861
GGP 0.757299
GHS 11.684995
GIP 0.757299
GMD 74.000206
GNF 8755.000528
GTQ 7.643284
GYD 209.16908
HKD 7.848385
HNL 26.940083
HRK 6.731396
HTG 130.776966
HUF 324.676497
IDR 17888.5
ILS 3.075575
IMP 0.757299
INR 95.03995
IQD 1310.5
IRR 1779860.000122
ISK 121.87031
JEP 0.757299
JMD 158.774
JOD 0.708976
JPY 158.280496
KES 129.799459
KGS 87.450321
KHR 4070.000029
KMF 439.999837
KPW 899.999961
KRW 1340.479936
KWD 0.31185
KYD 0.833143
KZT 448.425042
LAK 22424.999903
LBP 89549.999739
LKR 330.776932
LRD 171.249847
LSL 16.510258
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.425004
MAD 9.747017
MDL 17.966079
MGA 4500.000049
MKD 55.034145
MMK 2100.154921
MNT 3596.159888
MOP 8.082073
MRU 40.225014
MUR 47.606563
MVR 15.449969
MWK 1740.999831
MXN 18.362205
MYR 4.091701
MZN 63.909552
NAD 16.510226
NGN 1329.769688
NIO 36.855024
NOK 9.516735
NPR 152.334728
NZD 1.78052
OMR 0.384504
PAB 0.999745
PEN 3.430498
PGK 4.45175
PHP 62.754499
PKR 277.034979
PLN 3.901015
PYG 5716.150023
QAR 3.640303
RON 4.767201
RSD 104.833996
RUB 84.322013
RWF 1475
SAR 3.75707
SBD 8.078071
SCR 13.887784
SDG 601.501618
SEK 9.96153
SGD 1.27947
SHP 0.755572
SLE 24.669778
SLL 20969.504398
SOS 571.498816
SRD 37.647501
STD 20697.981008
STN 21.975
SVC 8.748078
SYP 13001.999685
SZL 16.50933
THB 33.551996
TJS 9.228074
TMT 3.51
TND 3.303498
TOP 2.40776
TRY 49.365055
TTD 6.799401
TWD 32.175016
TZS 2630.295011
UAH 45.101809
UGX 4139.404341
UYU 40.18735
UZS 11894.999946
VES 875.701602
VND 25914
VUV 119.051984
WST 2.777036
XAF 585.636571
XAG 0.016857
XAU 0.000240297392
XCD 2.70255
XCG 1.801906
XDR 0.707052
XOF 585.636571
XPF 106.874958
YER 236.197632
ZAR 16.48718
ZMK 9001.202922
ZMW 19.904269
ZWL 321.999592
SSP 5758.266415
MXV 2.073643
  • AEX

    3.2000

    1105.55

    +0.29%

  • BEL20

    -25.9400

    5737.76

    -0.45%

  • PX1

    -7.3300

    8131.86

    -0.09%

  • ISEQ

    5.7300

    14337.15

    +0.04%

  • OSEBX

    1.2600

    2108.79

    +0.06%

  • PSI20

    21.1600

    9638.63

    +0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.9400

    4631.6

    -0.45%

  • N150

    -6.4200

    4271.03

    -0.15%

Paul Biya, le "sphinx" qui règne sur le Cameroun depuis plus de quatre décennies
Paul Biya, le "sphinx" qui règne sur le Cameroun depuis plus de quatre décennies / Photo: © AFP/Archives

Paul Biya, le "sphinx" qui règne sur le Cameroun depuis plus de quatre décennies

Paul Biya, de retour dans son pays lundi après plusieurs semaines d'absence et de rumeurs alarmantes, préside depuis 41 ans aux destinées du Cameroun où ses rarissimes apparitions publiques, son goût du secret et son caractère intraitable lui ont valu d'être surnommé le "sphinx".

Taille du texte:

Malgré son âge, le plus vieux chef d'Etat du monde n'a pas exclu de se présenter pour un huitième mandat à la prochaine présidentielle prévue en octobre 2025.

Depuis son accession au pouvoir, le deuxième président du Cameroun depuis son indépendance de la France en 1960 règne d'une main de fer sur son pays, nommant et congédiant lui même sur les postes-clefs, avec une répression implacable de toute opposition, politique ou armée.

La gestion de celui qui fut longtemps écouté et actif sur la scène diplomatique lui a valu, ces dernières années, d'inhabituelles critiques de l'ONU et de capitales occidentales. Et un certain refroidissement avec Paris alors qu'il est considéré comme un pilier de la "Françafrique".

Depuis sa réélection très contestée en 2018, le chef de l'Etat a limité ses apparitions publiques à de très rares discours télévisés, enregistrés et péniblement énoncés, ponctués de quelques déplacements officiels à l'étranger. Ou sur des images de fêtes de famille, aux côtés de son omniprésente épouse Chantal, célèbre pour ses tenues extravagantes et sa chevelure flamboyante.

Avant son retour à Yaoundé, filmé en direct par la télévision d'Etat CRTV, sa dernière apparition officielle remontait au forum de la coopération Chine-Afrique début septembre 2024.

Ces dernières années, Paul Biya a multiplié les séjours privés à l'étranger, dédiés à des soins ou des villégiature dans un très luxueux hôtel de Genève, où l'opposition l'a accusé de dépenser des fortunes avec sa cour.

Mais son absence prolongée après son départ de Pékin avait relancé des rumeurs sur sa santé chancelante, certains annonçant même son décès.

En 2018, un consortium international de journalistes d'investigation, l'Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), évaluait à quatre années et demi en 35 ans la durée cumulée des séjours privés à l'étranger du "Président itinérant" et leur coût total à 65 millions de dollars.

- Violente répression -

Même à distance, le chef de l'Etat contrôle collaborateurs, ministres et entourage au point que le sujet de sa succession est tabou.

Ses détracteurs, eux, l'accusent de régner depuis une tour d'ivoire depuis son village natal de Mvomékaa, dans le sud, alors que son pays affronte de multiples défis sécuritaires, économiques et sociaux: 26% de la population vit dans l'extrême pauvreté selon l'ONU et une corruption gangrène l'administration jusqu'au sommet de l'État.

Sur le plan sécuritaire, l'extrême nord du pays subit depuis 2009 des attaques des jihadistes de Boko Haram ou de l'Etat Islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP).

Et depuis fin 2016, un conflit meurtrier oppose des groupes armés indépendantistes aux forces de sécurité dans deux régions de l'ouest,

les ONG internationales et l'ONU accusant régulièrement chaque camp de crimes contre les civils. Le conflit a éclaté après que le président Biya a fait réprimer violemment des manifestations pacifiques de la minorité anglophone.

Tout en affaiblissant les partis politiques, M. Biya a fait violemment taire toute opposition depuis 2018: il a fait arrêter --et condamner-- des centaines de manifestants pacifiques, dont son rival malheureux à la dernière présidentielle, Maurice Kamto, emprisonné neuf mois sans procès en 2019 et libéré après d'intenses pressions internationales.

En verrouillant le commandement de son armée, confié aux plus proches, en remettant à des Israéliens l'encadrement des troupes d'élite et sa sécurité personnelle, il a intimidé jusqu'au premier cercle.

"Il suffit d'un petit coup de tête, et vous n'êtes plus rien du tout": en tançant ainsi un journaliste vedette de la télé publique qui l'interviewait en 1986, Paul Biya affichait la couleur, deux ans après son accession à la présidence.

- "Diviser pour régner" -

Ancien séminariste catholique et étudiant à Sciences-Po Paris, il a gravi les échelons sous son prédécesseur Ahmadou Ahidjo, pour devenir Premier ministre de 1975 à 1982.

La Constitution le propulse à la présidence après la démission surprise d'Ahidjo. Il s'y accroche, avec un coup de pouce de Paris selon ses détracteurs.

Seul candidat, il est élu avec 100% des suffrages en 1984, réélu en 1988, puis cinq fois encore après l'instauration du multipartisme en 1990.

Paul Biya "a mis en pratique l'adage +diviser pour régner+ pour rester au sommet", analyse le politologue camerounais Stéphane Akoa.

Il a joué "de la violence et de la terreur, au gré de ses humeurs et des rumeurs, pour asservir ses collaborateurs et soumettre l'ensemble de la population", écrivait, en 2018 Titus Edzoa dans son livre "Cameroun, combat pour mon pays".

Cet ex-fidèle secrétaire général de la Présidence a passé 17 ans en prison après avoir été arrêté en 1997, officiellement pour corruption, après avoir présenté sa candidature à la présidence.

L.Rodriguez--TFWP