The Fort Worth Press - Biden à l'isolement, nervosité chez les démocrates

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Biden à l'isolement, nervosité chez les démocrates
Biden à l'isolement, nervosité chez les démocrates / Photo: © AFP

Biden à l'isolement, nervosité chez les démocrates

Sera-ce le coup de grâce? L'ex-président américain Barack Obama, toujours très influent au sein du Parti démocrate, aurait fait part de ses doutes sur la "viabilité" de la candidature de Joe Biden, qui joue sa survie politique et se voit contraint jeudi de mettre sa campagne sur pause en raison du Covid.

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Le démocrate de 81 ans, qui a de légers symptômes un jour après avoir été testé positif selon son médecin, a dit se sentir "bien". Il est en convalescence en bord de mer dans sa résidence privée du Delaware, dans l'est des Etats-Unis.

Mais ce diagnostic ne saurait plus mal tomber.

D'abord parce qu'il intervient en pleine vague d'interrogations sur la santé physique et mentale du président après un débat calamiteux fin juin avec Donald Trump, au cours duquel il a souvent peiné à articuler sa pensée, voire à finir ses phrases.

Ensuite parce que le contraste avec son rival M. Trump, 78 ans, est saisissant.

Le républicain reste entouré de l'aura du miraculé après avoir survécu à une tentative d'assassinat le 13 juillet. Radieux, il est soir après soir acclamé à la convention républicaine, au cours de laquelle il doit être intronisé jeudi soir en grande pompe comme le candidat de la droite à la présidentielle de novembre.

- "La fin"? -

Côté démocrate, le tumulte est de plus en plus audible, malgré les tentatives publiques d'afficher un front uni et les dénégations de la Maison Blanche.

Jeudi, le Washington Post a rapporté que Barack Obama, dont Joe Biden a été le vice-président, avait dit à des proches penser que son ancien acolyte devait "sérieusement évaluer la viabilité de sa candidature".

Si l'information devenait officielle, M. Obama serait le démocrate le plus important à se joindre aux voix exhortant Joe Biden à jeter l'éponge.

Les fuites - anonymes - ne cessent de se multiplier dans les médias américains.

Ainsi les leaders démocrates au Congrès, Chuck Schumer et Hakeem Jeffries, auraient-ils tous deux dit au président lors de rencontres séparées que sa candidature pourrait mettre en péril les chances du parti en novembre.

Quant à la très influente Nancy Pelosi, ancienne présidente de la Chambre des représentants, elle a d'après CNN affirmé à M. Biden qu'il ne pouvait pas gagner selon les sondages, et qu'il risquait de faire perdre la Chambre aux démocrates.

Et plusieurs démocrates de haut rang ont dit sous couvert de l'anonymat au média Axios qu'ils pensaient que les pressions croissantes allaient convaincre M. Biden de prendre la décision de se retirer dès ce week-end.

"Nous nous rapprochons de la fin", a même dit une personne présentée par NBC News comme étant proche du président.

- Déboires -

L'équipe de campagne du démocrate s'efforce, elle, de fermer la porte aux spéculations. "Il reste dans la course", a assuré à la presse Quentin Fulks, un responsable de l'équipe.

"Notre équipe n'envisage aucun scénario selon lequel le président Biden ne serait pas en tête du ticket - il est et sera le candidat démocrate", a-t-il insisté.

Depuis le début, M. Biden affirme qu'il restera le candidat des démocrates. "Nous allons gagner", a-t-il récemment lancé à des partisans, estimant être la personne la plus à même de battre Donald Trump.

"Je ne débats pas aussi bien qu'autrefois", avait-il auparavant reconnu, mais "je sais faire ce boulot".

Mercredi, il a pour la première entrebâillé la porte à l'idée d'abandonner sa campagne, disant qu'il réévaluerait sa candidature si on lui diagnostiquait un problème médical.

A Milwaukee, dans le Wisconsin, Donald Trump doit se délecter des déboires des démocrates.

Affichant sa mainmise sur le Parti républicain, il doit formellement accepter jeudi soir d'être le candidat de la droite à la présidentielle, lors d'une fête grandiose pendant laquelle seront lâchés des dizaines de milliers de ballons aux couleurs du drapeau américain.

Et bien qu'il soit assailli par des affaires judiciaires, il a récemment engrangé deux énormes victoires: des poursuites fédérales le visant en Floride ont été annulées, et la Cour suprême a reconnu une large immunité pénale au président des Etats-Unis, ce qui risque de compromettre une partie des procédures visant M. Trump.

P.Navarro--TFWP