The Fort Worth Press - 80 ans après, la mémoire oubliée des caméramen du Débarquement

USD -
AED 3.67297
AFN 64.999709
ALL 84.31498
AMD 361.730417
ANG 1.789785
AOA 917.999687
ARS 1513.172301
AUD 1.431352
AWG 1.8025
AZN 1.697874
BAM 1.748185
BBD 2.013658
BDT 123.127391
BGN 1.747831
BHD 0.37775
BIF 2996
BMD 1
BND 1.279882
BOB 11.762182
BRL 5.012102
BSD 0.999768
BTN 95.208981
BWP 13.734665
BYN 3.010793
BYR 19600
BZD 2.010753
CAD 1.42081
CDF 2309.999662
CHF 0.83248
CLF 0.024913
CLP 980.589879
CNY 6.69215
CNH 6.692355
COP 3191.32
CRC 455.140667
CUC 1
CUP 23.995316
CVE 98.750368
CZK 21.736902
DJF 177.720158
DKK 6.67359
DOP 61.306089
DZD 134.50203
EGP 52.793802
ERN 15
ETB 161.130205
EUR 0.892797
FJD 2.262993
FKP 0.757299
GBP 0.75445
GEL 2.589861
GGP 0.757299
GHS 11.684995
GIP 0.757299
GMD 74.000206
GNF 8755.000528
GTQ 7.643284
GYD 209.16908
HKD 7.848385
HNL 26.940083
HRK 6.731396
HTG 130.776966
HUF 324.676497
IDR 17888.5
ILS 3.075575
IMP 0.757299
INR 95.03995
IQD 1310.5
IRR 1779860.000122
ISK 121.87031
JEP 0.757299
JMD 158.774
JOD 0.708976
JPY 158.280496
KES 129.799459
KGS 87.450321
KHR 4070.000029
KMF 439.999837
KPW 899.999961
KRW 1340.479936
KWD 0.31185
KYD 0.833143
KZT 448.425042
LAK 22424.999903
LBP 89549.999739
LKR 330.776932
LRD 171.249847
LSL 16.510258
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.425004
MAD 9.747017
MDL 17.966079
MGA 4500.000049
MKD 55.034145
MMK 2100.154921
MNT 3596.159888
MOP 8.082073
MRU 40.225014
MUR 47.606563
MVR 15.449969
MWK 1740.999831
MXN 18.362205
MYR 4.091701
MZN 63.909552
NAD 16.510226
NGN 1329.769688
NIO 36.855024
NOK 9.516735
NPR 152.334728
NZD 1.78052
OMR 0.384504
PAB 0.999745
PEN 3.430498
PGK 4.45175
PHP 62.754499
PKR 277.034979
PLN 3.901015
PYG 5716.150023
QAR 3.640303
RON 4.767201
RSD 104.833996
RUB 84.322013
RWF 1475
SAR 3.75707
SBD 8.078071
SCR 13.887784
SDG 601.501618
SEK 9.96153
SGD 1.27947
SHP 0.755572
SLE 24.669778
SLL 20969.504398
SOS 571.498816
SRD 37.647501
STD 20697.981008
STN 21.975
SVC 8.748078
SYP 13001.999685
SZL 16.50933
THB 33.551996
TJS 9.228074
TMT 3.51
TND 3.303498
TOP 2.40776
TRY 49.365055
TTD 6.799401
TWD 32.175016
TZS 2630.295011
UAH 45.101809
UGX 4139.404341
UYU 40.18735
UZS 11894.999946
VES 875.701602
VND 25914
VUV 119.051984
WST 2.777036
XAF 585.636571
XAG 0.016857
XAU 0.000240297392
XCD 2.70255
XCG 1.801906
XDR 0.707052
XOF 585.636571
XPF 106.874958
YER 236.197632
ZAR 16.48718
ZMK 9001.202922
ZMW 19.904269
ZWL 321.999592
SSP 5758.266415
MXV 2.073643
  • AEX

    3.2000

    1105.55

    +0.29%

  • BEL20

    -25.9400

    5737.76

    -0.45%

  • PX1

    -7.3300

    8131.86

    -0.09%

  • ISEQ

    5.7300

    14337.15

    +0.04%

  • OSEBX

    1.2600

    2108.79

    +0.06%

  • PSI20

    21.1600

    9638.63

    +0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.9400

    4631.6

    -0.45%

  • N150

    -6.4200

    4271.03

    -0.15%

80 ans après, la mémoire oubliée des caméramen du Débarquement
80 ans après, la mémoire oubliée des caméramen du Débarquement / Photo: © AFP

80 ans après, la mémoire oubliée des caméramen du Débarquement

Assises côte à côte devant une machine antédiluvienne, les deux soeurs passent et repassent une bobine en noir et blanc, chuchotent. Sous leurs yeux, les images de leur père, seul caméraman sur Omaha Beach au matin du 6 juin 1944.

Taille du texte:

On y voit une poignée de soldats américains avancer sur la plage, l'un d'eux tombe, fauché par les balles allemandes. Blessé au bras gauche, Richard Taylor continue malgré tout de tourner.

A quelques jours du 80ème anniversaire du Débarquement des Alliés en Normandie, ses filles tiennent à honorer sa mémoire, oubliée dans les tourbillons de l'Histoire.

Jennifer Taylor-Rossel et Patricia Spae, 66 et 65 ans, viennent pour la première fois dans cette sombre salle des archives nationales américaines, près de Washington, à l'initiative du documentariste français Dominique Forget, accompagné de l'AFP.

En juin, Jennifer sera en Normandie, sur les traces de son père. "Ce sera plein d'émotion", lui dit sa petite soeur, par-dessus le bruit saccadé de la bobine qui défile dans cette sorte de télévision à pellicule.

Jennifer soupire, peine à retenir ses larmes.

"Ce qu'il a vu..." souffle-t-elle.

- Amère -

De ce jour-là, le monde a retenu les images de Robert Capa, 11 clichés flous d'Omaha Beach devenus mythiques. Mais, sous le feu allemand, un autre preneur d'images est présent: le sergent Richard Taylor.

Toute son unité devait prendre des images du Débarquement, mais il sera le seul à rapporter des vidéos des troupes américaines le 6 juin 1944 à Colleville-sur-Mer.

Ses bobines, comme des millions de documents militaires des deux guerres mondiales, sont conservées dans cet immense bâtiment de béton sis près de la capitale américaine.

Des archives au coeur d'un double documentaire -- bientôt diffusé sur la chaîne française RMC Découverte -- de Dominique Forget, qui remonte leur fil depuis des années et a retrouvé les descendants de Richard Taylor et tant d'autres.

"Ce sont eux qui y sont allés, qui ont risqué leur vie, qui ont continué à tourner quand ils ont été blessés," martèle Jennifer, qui s'avoue un "peu amère" face à l'aura entourant le travail de Robert Capa. "Il est temps que ces photographes reçoivent la reconnaissance qu'ils méritent tant".

L'aînée des soeurs fouille depuis quelques années dans les archives et les possessions de leur père, mort en 2002 à 95 ans.

Jennifer Taylor-Rossel montre à l'AFP un béret allemand, croix gammée au centre. Elle l'a retrouvé dans une poche intérieure de son uniforme, siglé d'un "Official US Army Photographer" sur la manche.

- "Ca venait par bribes" -

Photographe à New York, Richard Taylor s'engage en décembre 1942, puis insiste pour être envoyé au front comme caméraman. Après sa blessure lors du Débarquement, il retournera filmer l'avancée des alliés jusqu'en Allemagne, comme le racontent les quelque 200 lettres adressées à sa famille.

Document par document, Jennifer oeuvre patiemment à la reconnaissance posthume d'un père "dur", "difficile à aimer".

Sa cicatrice au bras gauche, il la balayait d'une phrase. "+Oh, eh bien, j'ai été blessé le Jour-J+", se souvient Jennifer par-dessus le bruit de la bobine qui se dévide.

"Il n'est jamais entré dans les détails", intervient Patricia.

"Non", reprend Jennifer, "ça venait par bribes (...), il nous disait +j'étais dans la troisième vague+, et c'était tout."

"Dans les lettres", explique Patricia, "on voit que c'était si fort, si lourd".

- Jack Lieb, l'autre oublié -

Dans une autre salle sans âme des archives américaines, les deux soeurs découvrent de rares tirages d'époque: l'armée avait extrait des photographies des bobines vidéo de leur père. Au dos, "Taylor" tapé à la machine.

"Voir son nom... ", commence Jennifer. "Toutes ces histoires qu'il nous racontait (...) j'essayais d'en trouver la preuve, et maintenant nous l'avons".

"Je ne sais pas, c'est comme si je le touchais, lui, à l'époque", bégaye-t-elle, la voix étranglée.

A deux pas d'elles, Robert Neal Marshall est venu lui aussi regarder des images tournées par son grand-père Jack Lieb, journaliste débarqué à Utah Beach.

"Je n'ai jamais vu ça, c'est nouveau", s’enthousiasme-t-il, devant les vidéos -- rarissimes car en couleur -- tournées par son aïeul pendant la guerre, des bobines personnelles en plus des images en noir et blanc prises pour les actualités filmées américaines.

"C'est comme si je regardais à travers les yeux de mon grand-père", dit-il devant l'écran d'ordinateur, ému lui aussi. "J'aimerais tant pouvoir lui parler, lui dire la force de tout cela."

S.Rocha--TFWP