The Fort Worth Press - RDC: 30 ans après le génocide au Rwanda, la guerre continue au Kivu

USD -
AED 3.672497
AFN 65.000267
ALL 81.855804
AMD 362.209658
ANG 1.790365
AOA 918.000252
ARS 1516.365003
AUD 1.437102
AWG 1.8
AZN 1.701286
BAM 1.75007
BBD 2.014862
BDT 123.150572
BGN 1.683441
BHD 0.377597
BIF 2993.213105
BMD 1
BND 1.281167
BOB 11.849764
BRL 4.986989
BSD 1.000362
BTN 95.757408
BWP 13.762835
BYN 3.017158
BYR 19600
BZD 2.011999
CAD 1.428225
CDF 2310.000066
CHF 0.834403
CLF 0.024821
CLP 976.870082
CNY 6.69215
CNH 6.69457
COP 3195.84
CRC 455.621222
CUC 1
CUP 24.010451
CVE 98.666285
CZK 21.845398
DJF 177.720246
DKK 6.701615
DOP 60.747601
DZD 134.713046
EGP 52.6375
ERN 15
ETB 163.410241
EUR 0.8965
FJD 2.252803
FKP 0.755381
GBP 0.75715
GEL 2.590208
GGP 0.755381
GHS 11.764759
GIP 0.755381
GMD 73.504424
GNF 8801.199025
GTQ 7.647672
GYD 209.197346
HKD 7.84765
HNL 26.853679
HRK 6.754295
HTG 131.006868
HUF 326.93015
IDR 17920.95
ILS 3.07312
IMP 0.755381
INR 96.39245
IQD 1516.587254
IRR 1779470.000256
ISK 122.09565
JEP 0.755381
JMD 159.428395
JOD 0.709022
JPY 158.624981
KES 129.750192
KGS 87.450345
KHR 4061.472384
KMF 440.000144
KPW 900.000318
KRW 1334.240038
KWD 0.31144
KYD 0.83368
KZT 450.673097
LAK 22494.642322
LBP 89587.097063
LKR 331.142539
LRD 170.576208
LSL 16.549941
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.428319
MAD 9.679166
MDL 17.917366
MGA 4512.529585
MKD 55.100461
MMK 2100.025299
MNT 3596.153429
MOP 8.086399
MRU 40.212066
MUR 47.530157
MVR 15.450127
MWK 1734.769206
MXN 18.253597
MYR 4.085097
MZN 63.909706
NAD 16.549941
NGN 1327.379723
NIO 36.811188
NOK 9.65523
NPR 153.214773
NZD 1.79013
OMR 0.384481
PAB 1.00038
PEN 3.44445
PGK 4.471368
PHP 62.784987
PKR 276.99451
PLN 3.93135
PYG 5690.893229
QAR 3.657001
RON 4.782797
RSD 105.247992
RUB 83.903375
RWF 1475.068787
SAR 3.75677
SBD 8.078071
SCR 13.959701
SDG 601.500258
SEK 10.01758
SGD 1.28016
SHP 0.755572
SLE 24.669851
SLL 20969.491881
SOS 571.773706
SRD 37.667022
STD 20697.981008
STN 21.922074
SVC 8.753932
SYP 13002.000254
SZL 16.544455
THB 33.610429
TJS 9.218882
TMT 3.51
TND 2.992694
TOP 2.40776
TRY 49.365745
TTD 6.803001
TWD 31.953902
TZS 2640.002968
UAH 45.034652
UGX 4132.087205
UYU 40.23891
UZS 11905.241259
VES 875.701601
VND 25937
VUV 119.754657
WST 2.785507
XAF 588.065733
XAG 0.016582
XAU 0.00023970296
XCD 2.70255
XCG 1.802979
XDR 0.707052
XOF 588.065733
XPF 106.711286
YER 236.198534
ZAR 16.541845
ZMK 9001.182183
ZMW 19.858175
ZWL 321.999592
SSP 5757.531856
MXV 2.061501
  • AEX

    3.2000

    1105.55

    +0.29%

  • BEL20

    -25.9400

    5737.76

    -0.45%

  • PX1

    -7.3300

    8131.86

    -0.09%

  • ISEQ

    5.7300

    14337.15

    +0.04%

  • OSEBX

    1.2600

    2108.79

    +0.06%

  • PSI20

    21.1600

    9638.63

    +0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.9400

    4631.6

    -0.45%

  • N150

    -6.4200

    4271.03

    -0.15%

RDC: 30 ans après le génocide au Rwanda, la guerre continue au Kivu
RDC: 30 ans après le génocide au Rwanda, la guerre continue au Kivu / Photo: © AFP

RDC: 30 ans après le génocide au Rwanda, la guerre continue au Kivu

"Je suis une enfant de la guerre", lance Rachel Sematumba, assise chez elle, enveloppée dans une robe de voile noir. "Depuis ma naissance, l'année du génocide au Rwanda, jusqu'au M23 d'aujourd'hui, il n’y a eu que ça à Goma, la guerre".

Taille du texte:

Située dans l'Est de la République démocratique du Congo (ex-Zaïre), à la frontière rwandaise, la capitale provinciale du Nord-Kivu a vu arriver à l'été 1994 près d'un million de réfugiés hutu rwandais, poussés par la peur de représailles des nouvelles autorités de Kigali.

Rachel est née en août de cette année-là, alors que "tous les hôpitaux de la ville étaient encombrés de cadavres et de malades", se souvient avec émotion son père, Onesphore Sematumba, et qu'une épidémie de choléra décimait par dizaines de milliers les réfugiés et les habitants.

A quelques mois de son trentième anniversaire, Rachel est sur le point d'accoucher de son premier enfant. C'est pour la fin de cette semaine, lui ont annoncé les médecins.

Le 7 avril débuteront au Rwanda les commémorations des 30 ans du génocide.

Entre avril et juillet 1994, environ 800.000 Tutsi et Hutu modérés ont été massacrés par l'armée rwandaise, par les milices "Interahamwe" et par de simples citoyens. Leur objectif: l'épuration ethnique totale des Tutsi.

Onesphore, jeune Zaïrois d'une trentaine d'années à l'époque, enseignait la littérature française au Rwanda, lorsque l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana a été abattu au-dessus de Kigali, le soir du 6 avril 1994. Cet évènement marqua le coup d'envoi du génocide.

"Nous étions en vacances de Pâques à Goma", raconte-t-il. "L'année scolaire s'est arrêtée brusquement, du jour au lendemain je me suis retrouvé chômeur", poursuit-il avec une certaine amertume.

- Incursions armées -

Il se souvient de cette "marée humaine" qui, trois mois plus tard, déferlait du Rwanda vers Goma.

"Des enfants, des vieux, des vaches, des chars de combat, des camions, toute l'armée, le gouvernement... c'était la moitié d'un pays qui se déversait dans la ville, sans aucun dispositif d'accueil ni d'encadrement. Sans rien".

A cette époque, Goma ne comptait pas plus de 300.000 habitants et "ressemblait à un gros village", explique-t-il. Rapidement, "tous les espaces libres, les terrains de football, les églises, les écoles, les ronds-points, ont commencé à être remplis".

Avec le choléra, "nous avons commencé à voir des piles de cadavres. Les réfugiés cuisinaient à côté de moribonds dans l'indifférence générale. Nous voyions même des bébés qui tétaient le cadavre de leur mère".

Il raconte les "immenses fosses communes" derrière l'aéroport et les camps de réfugiés qui "devenaient comme des villes" autour de Goma.

M. Sematumba croise certains de ses anciens élèves. Ils lui expliquent qu'ils s'organisent pour tenter de reprendre le pouvoir à Kigali et font des incursions armées en territoire rwandais.

Le régime hutu génocidaire ne reviendra jamais à la tête de l'Etat rwandais.

Paul Kagame, entré dans Kigali en juillet 1994 à la tête de la rébellion tutsi du Front patriotique rwandais (FPR), après avoir mis fin au génocide, est toujours au pouvoir en 2024. En juillet prochain, il sera candidat, pour la cinquième fois, à sa propre succession.

- La même incertitude -

Depuis 30 ans, la présence d'extrémistes hutu dans la province du Nord-Kivu est présentée par le régime rwandais comme une menace justifiant d'intervenir militairement sur le sol congolais, directement ou par le biais de mouvements rebelles.

Les guerres et conflits se sont succédé depuis 1996, avec encore aujourd'hui la rébellion du M23, majoritairement tutsi, qui, avec l'appui de l'armée rwandaise, contrôle de larges pans du Nord-Kivu et encercle Goma.

Ils prétendent se battre pour la défense des populations tutsi congolaises.

L'ombre du génocide plane toujours sur les relations entre les pays de la région des Grands Lacs.

Rachel se rappelle qu'enfant, elle rentrait "à la maison en courant" quand des tirs en ville interrompaient les jeux avec ses petits voisins. Elle se remémore aussi son adolescence, qu'elle estimait "juste normale", malgré la souffrance environnante.

"En grandissant, on se demande quelle est la raison de tout ça", dit la jeune femme.

A 19 ans, passionnée de géopolitique, elle quitte Goma pour Nairobi, au Kenya, où elle obtiendra un master en "diplomatie, développement et sécurité internationale".

Diplôme en poche, elle rentre à Goma fin 2021. En 2023 elle se marie, tombe enceinte et, avec son époux, s'installe dans une petite maison proche du centre-ville.

Dès la première semaine après leur emménagement, des tirs résonnent près de chez eux. "On s'est dit +ok, bienvenue dans le quartier!+", ironise-t-elle.

Rachel voudrait devenir diplomate pour "représenter et parler" de son pays. Elle veut aussi se battre contre l'exploitation et les violences faites aux femmes. "Au lieu que les femmes soient élevées, chez nous elles sont tuées, violées...".

A l'est de la RDC, "le passé a du mal à passer", constate Onesphore.

Trente ans après, le conflit du M23 a poussé plus de 1,5 million de personnes à fuir leurs maisons. Avec les mêmes scènes, presque aux mêmes endroits, les mêmes huttes, les mêmes baluchons en pagne sur la tête, les mêmes enfants en haillons. La même incertitude face à l'avenir.

G.George--TFWP