The Fort Worth Press - Boutcha: Zelensky et l'Occident révoltés, vers de nouvelles sanctions contre Moscou

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Boutcha: Zelensky et l'Occident révoltés, vers de nouvelles sanctions contre Moscou
Boutcha: Zelensky et l'Occident révoltés, vers de nouvelles sanctions contre Moscou

Boutcha: Zelensky et l'Occident révoltés, vers de nouvelles sanctions contre Moscou

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fustigé les troupes russes composées selon lui de "meurtriers, tortionnaires, violeurs, pilleurs" après le massacre de civils mis au jour à Boutcha, près de Kiev, qui devrait entraîner cette semaine de nouvelles sanctions occidentales contre Moscou.

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Les images de dizaines de cadavres dans des fosses communes ou jonchant les rues des environs de la capitale ukrainienne ce week-end, à la suite du retrait russe, ont révulsé les Occidentaux, comme le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, parlant d'un "coup de poing à l'estomac".

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est dit dimanche "profondément choqué par les images de civils tués à Boutcha", et le bureau des droits de l'Homme des Nations unis a évoqué de "possibles crimes de guerre".

Le nombre total de morts reste encore incertain. Selon la procureure générale d'Ukraine Iryna Venediktova, les corps sans vie de 410 civils ont été retrouvés dans les territoires de la région de Kiev récemment repris aux troupes russes.

Et il y a les fosses communes. M. Fedorouk avait affirmé samedi que "280 personnes" avaient été enterrées "dans des fosses communes" car elles ne pouvaient être inhumées dans les cimetières communaux, tous à portée des tirs russes pendant les combats.

Le porte-parole du président ukrainien, Serguiï Nikiforovil, a pour sa part déclaré à la BBC: "Nous avons trouvé des fosses communes. Nous avons trouvé des gens avec les mains et les jambes ligotées (...) avec des impacts de balles à l'arrière de la tête", et il s'agissait "clairement de civils".

- Sanctions "dans les prochains jours" -

Dimanche, Moscou a démenti toute exaction de son fait. "Pendant la période au cours de laquelle cette localité était sous le contrôle des forces armées russes, pas un seul résident local n'a souffert d'actions violentes", a déclaré le ministère russe de la Défense, affirmant que les images de cadavres étaient "une nouvelle production du régime de Kiev pour les médias occidentaux".

La Russie a même demandé une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU pour statuer sur les "provocations haineuses" commises selon elle par "des radicaux ukrainiens" à Boutcha.

"Le mal absolu est venu sur notre terre. Des meurtriers, tortionnaires, violeurs, pilleurs, qui se donnent le nom d'armée", a dénoncé dimanche soir le président ukrainien, qui veut "que tous les dirigeants de la Fédération de Russie voient comment leurs ordres sont exécutés. Ce genre d'ordres (...). Et ils ont une responsabilité commune".

Volodymyr Zelensky, qui a aussi parlé de "génocide", est ensuite apparu à la cérémonie des Grammy Awards via une vidéo enregistrée, où il a demandé le soutien à son pays et lancé: "Qu'est-ce qui est l'exact opposé de la musique ? La silence des villes en ruines et des gens tués".

Les Occidentaux ont dénoncé des "crimes de guerre" ou réclamé une enquête pour établir les faits. Ils veulent désormais adopter de nouvelles mesures contre Moscou, après avoir déjà acté plusieurs trains de sanctions depuis le 24 février et le début de l'invasion russe, ciblant massivement des entreprises, des banques, des hauts responsables, des oligarques, et interdisant l'exportation de biens vers la Russie.

"Plus de sanctions et d'aide de l'UE sont en chemin", a, le premier, tweeté dimanche le président du Conseil européen, Charles Michel.

"Nous déciderons de nouvelles mesures entre Alliés dans les prochains jours", a avancé de son côté le chancelier allemand Olaf Scholz, assurant que "le président Poutine et ses soutiens en subiront les conséquences".

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a affirmé, dans un communiqué transmis à l'AFP, qu'"une pression économique et internationale la plus forte possible doit être maintenue et renforcée sur la Russie pour contraindre les autorités russes à mettre fin à la guerre d’agression".

Et le Premier ministre Boris Johnson a promis sur Twitter que les Britanniques allaient "renforcer (leurs) sanctions".

Quelles sanctions ? Le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, a cadré ses attentes dans un tweet: "J'exige de nouvelles sanctions dévastatrices du G7 MAINTENANT: embargo sur le pétrole, le gaz et le charbon, fermer tous les ports aux navires et marchandises russes, déconnecter toutes les banques russes de SWIFT".

- Gaz et pourparlers -

La pression porte ainsi notamment sur les hydrocarbures, importante ressource financière pour la Russie. Dès samedi, les Etats baltes avaient annoncé la cessation de leur importation de gaz russe, et le président lituanien Gitanas Nauseda, avait appelé le reste de l'UE à les suivre.

Les pays baltes sont désormais desservis par des réserves de gaz stockées sous terre en Lettonie. Selon Eurostat, en 2020, la Russie comptait pour 93% des importations estoniennes de gaz naturel, 100% des importations lettones et 41,8% des importations lituaniennes.

Les Etats-Unis ont interdit l'importation de pétrole et de gaz russes peu après l'invasion de l'Ukraine, mais pas l'UE qui s'approvisionnait en Russie à hauteur de 40% environ en 2021.

L'annonce jeudi par Moscou d'obliger les acheteurs de pays "inamicaux" à payer le gaz russe en roubles depuis des comptes en Russie pourrait avoir changé la donne. L'Allemagne, comme les autres pays de l'UE, refuse tout versement en roubles à Moscou, mais, particulièrement dépendante du gaz russe, elle a indiqué vendredi vouloir analyser les conséquences concrètes de ce décret du Kremlin.

Du côté de Moscou, on anticipe déjà un éventuel alourdissement des sanctions. "Il ne peut être aucun isolement de la Russie, c'est technologiquement impossible dans le monde contemporain", a assuré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, dans une interview à la chaîne de télévision publique russe Rossia 1. "Tôt ou tard, nous devrons établir un dialogue, que quelqu'un outre-Atlantique le souhaite ou non".

Quel sera l'impact de Boutcha cette semaine sur les pourparlers russo-ukrainiens, déjà difficiles? Les déclarations dominicales côté russe dégageaient une lueur: le négociateur en chef russe, Vladimir Medinski, a salué une position "plus réaliste" selon lui de Kiev, prêt sous conditions à accepter un statut neutre du pays, réclamé par Moscou, et Dmitri Peskov a dit à propos d'un sommet Poutine-Zelensky que, "hypothétiquement, une telle rencontre est possible".

Le porte-parole du Kremlin a aussi souligné que les deux délégations doivent d'abord élaborer un accord "concret" censé normaliser les relations entre les deux pays, "non pas un nombre d'idées, mais un document écrit concret".

Le négociateur en chef ukrainien, David Arakhamia, avait affirmé samedi que Moscou avait accepté "oralement" toutes les positions ukrainiennes, "sauf en ce qui concerne la question de la Crimée".

La guerre, intense, a fait, a minima, des milliers de morts et contraint à l'exil près de 4,2 millions d'Ukrainiens, à 90% des femmes et des enfants. Plus de 500.000 personnes sont retournées en Ukraine depuis le début de l'invasion russe, a annoncé dimanche le ministère ukrainien de l'Intérieur.

X.Silva--TFWP