The Fort Worth Press - Aung San Suu Kyi ou le destin tumultueux de la Birmanie

USD -
AED 3.672505
AFN 64.000227
ALL 81.058292
AMD 373.893552
ANG 1.789884
AOA 917.00052
ARS 1346.505705
AUD 1.401385
AWG 1.80125
AZN 1.69532
BAM 1.657451
BBD 2.013534
BDT 122.939115
BGN 1.668102
BHD 0.377448
BIF 3014.114227
BMD 1
BND 1.27134
BOB 6.908387
BRL 4.977502
BSD 0.999733
BTN 93.045427
BWP 13.395592
BYN 2.840557
BYR 19600
BZD 2.010652
CAD 1.37547
CDF 2309.999867
CHF 0.780055
CLF 0.022598
CLP 889.409778
CNY 6.830402
CNH 6.808285
COP 3593.43
CRC 460.248387
CUC 1
CUP 26.5
CVE 93.444519
CZK 20.618803
DJF 178.023161
DKK 6.33189
DOP 59.584493
DZD 132.324001
EGP 52.501701
ERN 15
ETB 156.096914
EUR 0.847198
FJD 2.196898
FKP 0.743086
GBP 0.736525
GEL 2.689701
GGP 0.743086
GHS 11.04647
GIP 0.743086
GMD 72.999788
GNF 8771.996729
GTQ 7.643123
GYD 209.158358
HKD 7.832885
HNL 26.553277
HRK 6.386201
HTG 130.964437
HUF 308.1595
IDR 17122.9
ILS 3.009495
IMP 0.743086
INR 93.08455
IQD 1309.655468
IRR 1316199.999911
ISK 121.850141
JEP 0.743086
JMD 157.863738
JOD 0.709
JPY 158.799497
KES 129.304567
KGS 87.449817
KHR 4010.965962
KMF 419.000304
KPW 899.97402
KRW 1470.274968
KWD 0.30883
KYD 0.833125
KZT 474.985487
LAK 21965.822468
LBP 89524.200964
LKR 315.462092
LRD 184.294267
LSL 16.370639
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.333024
MAD 9.247418
MDL 17.120121
MGA 4133.845756
MKD 52.22161
MMK 2099.876639
MNT 3575.565881
MOP 8.066423
MRU 39.729493
MUR 46.289788
MVR 15.449898
MWK 1733.537286
MXN 17.24035
MYR 3.950993
MZN 63.949569
NAD 16.370778
NGN 1350.120174
NIO 36.787668
NOK 9.439596
NPR 148.872684
NZD 1.691515
OMR 0.38448
PAB 0.999733
PEN 3.371737
PGK 4.398286
PHP 59.774502
PKR 278.847039
PLN 3.592025
PYG 6396.583065
QAR 3.644646
RON 4.314202
RSD 99.449029
RUB 75.383012
RWF 1464.049186
SAR 3.752049
SBD 8.048583
SCR 13.965193
SDG 601.000374
SEK 9.179075
SGD 1.270685
SHP 0.746601
SLE 24.599145
SLL 20969.496166
SOS 571.348669
SRD 37.431986
STD 20697.981008
STN 20.762448
SVC 8.747421
SYP 110.6312
SZL 16.365894
THB 31.9885
TJS 9.467373
TMT 3.505
TND 2.902869
TOP 2.40776
TRY 44.720798
TTD 6.793134
TWD 31.549504
TZS 2606.221974
UAH 43.500833
UGX 3709.306316
UYU 40.228643
UZS 12141.473977
VES 476.55236
VND 26342.5
VUV 119.334106
WST 2.759339
XAF 555.888696
XAG 0.012708
XAU 0.000209
XCD 2.70255
XCG 1.801757
XDR 0.692066
XOF 555.893407
XPF 101.066512
YER 238.624973
ZAR 16.346203
ZMK 9001.202481
ZMW 19.119248
ZWL 321.999592
  • AEX

    7.5900

    1019.82

    +0.75%

  • BEL20

    59.6900

    5485.91

    +1.1%

  • PX1

    93.0500

    8327.86

    +1.13%

  • ISEQ

    212.2800

    12847.89

    +1.68%

  • OSEBX

    -15.9800

    2032.97

    -0.78%

  • PSI20

    2.8100

    9362.42

    +0.03%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    138.3400

    4113.63

    +3.48%

  • N150

    34.8200

    4083.09

    +0.86%

Aung San Suu Kyi ou le destin tumultueux de la Birmanie

Aung San Suu Kyi ou le destin tumultueux de la Birmanie

Aung San Suu Kyi, condamnée lundi à quatre ans de détention supplémentaires, incarne le destin tumultueux de la Birmanie: icône de la démocratie, puis paria à l'international avec le drame des Rohingyas, elle est redevenue une proie impuissante dans les griffes des généraux.

Taille du texte:

Renversée par l'armée en février 2021 et déjà condamnée à de la prison en décembre, l'ex-dirigeante, âgée de 76 ans, risque au terme de son procès des décennies de détention.

Elle a passé près de 15 ans en résidence surveillée sous les précédentes dictatures militaires. Confinée dans sa maison au bord d'un lac à Rangoun, elle s'adressait alors à des centaines de partisans réunis de l'autre côté de la clôture de son jardin.

Aujourd'hui, sa situation est radicalement différente. Tenue au secret dans la capitale Naypyidaw, ses contacts avec l'extérieur se limitent à de brèves rencontres avec ses avocats.

La junte, bien décidée à la faire définitivement taire, l'a inculpée d'une multitude d'infractions (sédition, corruption, fraude électorale...); beaucoup de ses proches ont été arrêtés, condamnés pour certains à de lourdes peines.

"Je ne crois pas en l'espoir, je ne crois que dans le travail (...) L'espoir seul ne nous mène nulle part", confiait-elle à l'AFP en 2015.

Quelques mois plus tard, son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), remportait un scrutin historique et Suu Kyi était propulsée à la tête de l'exécutif.

Une position qu'elle aurait dû conserver après le triomphe de la LND aux législatives de 2020, si les généraux n'en avaient pas décidé autrement.

- "Fille de mon père" -

La vie d'Aung San Suu Kyi a toujours côtoyé le drame. En 1947, son père, héros de l'indépendance, est assassiné. Elle n'a que deux ans et vit ensuite longtemps en exil, en Inde puis en Grande-Bretagne, l'ex-puissance coloniale.

Elle y mène la vie d'une femme au foyer, mariée à un universitaire d'Oxford, Michael Aris, avec qui elle a deux enfants.

En 1988, elle rentre en Birmanie au chevet de sa mère et surprend tout le monde en décidant de s'impliquer dans le destin de son pays, en pleine révolte contre le régime militaire.

"Je ne pouvais pas, en tant que fille de mon père, rester indifférente", lance-t-elle lors de son premier discours.

La répression de 1988 fait quelque 3.000 morts, mais marque la naissance de l'icône pour tout un peuple écrasé par la dictature depuis 1962.

Autorisée à former la LND, elle est rapidement placée en résidence surveillée et assiste, enfermée, à la victoire de son parti aux élections de 1990, un résultat que la junte refuse de reconnaître.

En 1991, Suu Kyi reçoit le prix Nobel de la paix mais ne peut se rendre à Oslo. Elle attendra plus de 20 ans pour venir le chercher.

Quelques années plus tard, son mari, resté au Royaume-Uni, meurt d'un cancer sans qu'elle puisse lui dire adieu.

Après près de 15 ans de résidence surveillée, elle est libérée en 2010 et entre au Parlement deux ans plus tard dans la foulée de l'autodissolution de la junte. La victoire de son parti en 2015 lui donne les clés du gouvernement.

- Rupture à l'international -

Rapidement, l'image de l'icône se fendille à l'international.

Certains lui reprochent sa conception autocratique du pouvoir, piégée par sa "position de quasi-princesse adulée dans son pays", commente le politologue Nicholas Farrelly.

Elle est aussi obligée de composer avec les militaires toujours puissants. En 2017, quelque 750.000 musulmans rohingyas fuient les exactions de l'armée et de milices bouddhistes, un drame qui vaut à la Birmanie d'être accusée de "génocide" devant la Cour internationale de Justice (CIJ).

Suu Kyi ne condamne pas les généraux. Pire, elle défend en personne son pays devant la Cour, niant "toute intention génocidaire".

Mais la victoire de son parti aux législatives de 2020 inquiète les militaires. Elle est renversée.

Enfermée, réduite au silence, "Mère Suu" a peu d'influence sur la Birmanie d'aujourd'hui. De nombreux jeunes ont même renoncé à la non-violence, un de ses principes, et mènent des opérations de guérilla contre la junte.

"La gouvernance de Suu Kyi contient forcément des ratés", relève Sophie Boisseau du Rocher, de l'Institut français des relations internationales. "Mais elle a permis un appel d'air qui donne aujourd'hui au peuple la force de résister".

S.Rocha--TFWP