The Fort Worth Press - Deux-Sèvres: les manifestants "antibassines" tentent de forcer le barrage

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Deux-Sèvres: les manifestants "antibassines" tentent de forcer le barrage
Deux-Sèvres: les manifestants "antibassines" tentent de forcer le barrage / Photo: © AFP

Deux-Sèvres: les manifestants "antibassines" tentent de forcer le barrage

Nuages de lacrymogènes dans les plaines céréalières: les milliers de manifestants venus samedi à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, pour essayer de bloquer le chantier d'une réserve d'eau, se heurtaient samedi après-midi à un imposant dispositif de gendarmerie.

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Quelque 4.000 manifestants, répartis en trois cortèges pour essayer de contourner les forces de l'ordre, ont très vite été bloqués par les 1.500 gendarmes déployés pour protéger le chantier, mais certains d'entre eux ont réussi à forcer un premier barrage, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Avec une surface à couvrir de plusieurs hectares, les forces de l'ordre avaient du mal à contenir la foule, dans laquelle des centaines de militants masqués ou cagoulés côtoyaient des familles et de nombreux retraités. Deux fourgons de gendarmerie sont entrés en collision lors d'une manoeuvre d'urgence.

Des gaz lacrymogènes ont été lancés et des élus arborant leur écharpe tricolore molestés, notamment la députée écologiste de la Vienne, Lisa Belluco, selon un photographe de l'AFP.

L'objectif des organisateurs? "Réussir à atteindre la bassine, à enlever toutes les grilles qui protègent le chantier, à reboucher le début du trou, empêcher la reprise des travaux", selon un tract diffusé sur place.

La préfète des Deux-Sèvres Emmanuelle Dubée avait dit samedi matin redouter "une manifestation violente" et rappelé qu'elle était "interdite", en raison des dégradations et heurts ayant émaillé un précédent rassemblement en mars.

Avant de s'élancer, les manifestants s'étaient rassemblés dans un champ prêté par un paysan, constellé de barnums et d'un chapiteau jaune portant l'inscription "Maïs pour tous, justice nulle part".

- 260 piscines olympiques -

Les réserves de substitution sont des cratères à ciel ouvert, recouverts d'une bâche en plastique et remplis grâce au pompage de l'eau des nappes phréatiques superficielles l'hiver. ElIes peuvent stocker jusqu'à 650.000 m3 (soit 260 piscines olympiques) d'eau pour irriguer l'été.

La réserve de Sainte-Soline est la deuxième d'un projet de 16 élaboré par un groupement de 400 agriculteurs réunis dans la Coop de l'eau, pour "baisser de 70% les prélèvements en été", dans cette région encore soumise à des restrictions d'irrigation après une sécheresse estivale hors norme.

"On est le 29 octobre, c'est sec partout, c'est aberrant d'accaparer toute l'eau disponible pour quelques cultivateurs de maïs", a dénoncé l'eurodéputé Yannick Jadot, présent sur place comme d'autres élus écologistes, dont la députée Sandrine Rousseau.

Le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, a souligné sur France inter que le "projet n'avait pas de conséquences négatives pour les nappes" phréatiques, selon un rapport récent.

Selon cette étude du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), le projet pourrait, par rapport à la période 2000-2011, augmenter "de 5% à 6%" le débit des cours d'eau l'été, contre une baisse de 1% l'hiver, sans prendre en compte l'évaporation potentielle des futures réserves, ni la menace de sécheresses récurrentes liée au réchauffement climatique.

M. Béchu a également rappelé que le "plan signé par tout le monde il y a quatre ans" après une longue concertation entre agriculteurs, élus, autorités et associations, conditionnait l'accès à l'eau à des changements de pratiques (réduction des pesticides, plantation de haies, conversion à l'agroécologie).

Mais aucun des dix agriculteurs utilisant la première retenue "n'a souscrit de réduction de pesticides", selon Vincent Bretagnolle, membre du comité scientifique et technique de suivi (CST) du projet, et depuis la signature, plusieurs associations se sont retirées du protocole.

Denis Mousseau, président de la FNSEA 79 qui défend ce projet de stockage, a rappelé jeudi à l'AFP "la forte inquiétude" des agriculteurs locaux face à ce rassemblement.

"On ne lutte pas contre les agriculteurs, on lutte contre les outils de l'agro-industrie qui fait disparaître les paysans", a déclaré Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne. "En 30 ans, le nombre de paysans a été divisé par trois".

P.Grant--TFWP