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Les alertes à la canicule se multiplient mercredi dans les Balkans, où la sécheresse et la chute du niveau des rivières paralysent par endroit le trafic fluvial avec un impact immédiat sur les importations de carburant.
En Serbie, l'agence de météorologie a prévenu, notamment par des SMS envoyés à la population, qu'une vague de chaleur de longue durée avait commencé, avec un thermomètre qui pourrait afficher environ 40°C d'ici à vendredi. Les températures élevées pourraient se maintenir pendant près de deux semaines.
Les vagues de chaleur se succèdent en Europe depuis le début de l'été et les Balkans ont déjà été touchés par les pics de température et la sécheresse, des phénomènes aggravés, selon les scientifiques, par le changement climatique d'origine humaine.
Le long du tronçon serbe du Danube, le manque de précipitations a laissé des embarcations échouées et fait émerger des bancs de sable, certains endroits étant désormais assez peu profonds pour être traversés à pied.
"Je ne me souviens pas que le Danube ait jamais été aussi bas ni que la situation ait été aussi grave" raconte à l'AFP Dragoljub Selakovic, un retraité de Novi Sad, une ville du nord de la Serbie construite au bord du fleuve.
A côté de lui, des plages de fortune sont nées de la sécheresse, sur lesquelles des habitants de la région ont installé parasols et serviettes pour tenter de se rafraîchir.
Sur le Danube, les navires de croisière qui transportent habituellement des milliers de touristes ont disparu. On aperçoit seulement quelques bateaux de pêche de temps à autre, se frayant prudemment un chemin à travers les eaux peu profondes d’un chenal inhabituellement vide.
"Un grand nombre de navires de passagers annulent leurs escales parce qu’ils ne peuvent pas atteindre Novi Sad", explique Jovana Radakovic, la responsable du quai fluvial de cette ville.
- Plus bas historique -
À Bezdan, près de la frontière avec la Croatie et la Hongrie, le fleuve est désormais à son niveau le plus bas en plus d'un demi-siècle, selon les dernières données officielles.
"Nous constatons actuellement des niveaux historiques", confirme à l'AFP Dejan Vladikovic, du Service hydrométéorologique de Serbie.
Cette "situation hydrologique très défavorable" pourrait se poursuivre tout au long du mois d'août et affecter d'autres cours d'eau, ajoute-t-il, mettant en garde contre la baisse du taux d'oxygène dissous qui pourrait gravement endommager les écosystèmes fluviaux et les stocks de poissons.
La vague de chaleur et la sécheresse pourraient également entraîner des pénuries d'eau, notamment pour les agriculteurs recourant à l'irrigation, car les niveaux des nappes phréatiques sont également peu élevés.
- Energie -
Selon les autorités, le faible débit menace la production hydroélectrique, le transport fluvial, l'agriculture et les écosystèmes.
La plus grande centrale hydroélectrique de Serbie ne fonctionne plus qu'à environ un tiers de sa capacité habituelle - mais le fournisseur public d’électricité serbe assure que, pour l'heure, l'approvisionnement n'est pas menacé.
Le bas niveau du Danube a également eu pour conséquence une réduction des importations de carburant, seul un quart des volumes prévus ayant été livré en juillet.
"Les barges ne peuvent être chargées qu'à 30 à 40% de leur capacité maximale", a déclaré la ministre de l'Energie, Dubravka Djedovic Handanovic.
Au port de Prahovo, près de Negotin, dans l'est de la Serbie, le quai habituellement animé n'a accueilli presque aucun navire ces derniers jours.
"Nous avons eu deux ou trois jours sans décharger une seule tonne parce que rien ne pouvait arriver", a dit à l'AFP le directeur du port, Damir Vladic.
G.George--TFWP