The Fort Worth Press - Pour les glaciologues, la joie de toucher le fond et ses mystères

USD -
AED 3.672504
AFN 66.498985
ALL 82.428929
AMD 365.569665
AOA 916.999758
ARS 1494.753596
AUD 1.429398
AWG 1.8
AZN 1.697658
BAM 1.718705
BBD 2.014763
BDT 123.38855
BHD 0.377257
BIF 2988.444132
BMD 1
BND 1.291269
BOB 11.108572
BRL 5.083398
BSD 1.000308
BTN 96.544664
BWP 13.81783
BYN 2.869195
BYR 19600
BZD 2.011863
CAD 1.40829
CDF 2259.999823
CHF 0.815539
CLF 0.024049
CLP 946.490127
CNY 6.772097
CNH 6.766379
COP 3218.66
CRC 455.204534
CUC 1
CUP 26.5
CVE 96.89793
CZK 21.17365
DJF 178.127334
DKK 6.55868
DOP 58.253878
DZD 133.399534
EGP 51.281976
ERN 15
ETB 161.454897
EUR 0.87733
FJD 2.251298
FKP 0.7506
GBP 0.749015
GEL 2.625028
GGP 0.7506
GHS 11.6332
GIP 0.7506
GMD 74.000275
GNF 8776.308274
GTQ 7.631267
GYD 209.279845
HKD 7.84205
HNL 26.792917
HRK 6.613502
HTG 130.78782
HUF 316.262024
IDR 17958
ILS 3.04635
IMP 0.7506
INR 96.56755
IQD 1310.426644
IRR 1375000.000272
ISK 125.459902
JEP 0.7506
JMD 158.662507
JOD 0.708996
JPY 163.579498
KES 129.500961
KGS 87.450076
KHR 4044.99319
KMF 434.000078
KRW 1459.83013
KWD 0.31008
KYD 0.833604
KZT 475.618437
LAK 22650.380069
LBP 89577.573707
LKR 336.157125
LRD 181.053649
LSL 16.895558
LTL 2.95274
LVL 0.604891
LYD 6.400984
MAD 9.367723
MDL 17.680039
MGA 4432.532185
MKD 54.110462
MMK 2099.999271
MNT 3593.996389
MOP 8.080056
MRU 39.924426
MUR 47.419935
MVR 15.449817
MWK 1734.522606
MXN 17.43633
MYR 4.083098
MZN 63.899248
NAD 16.895558
NGN 1367.549724
NIO 36.811811
NOK 9.574735
NPR 154.471638
NZD 1.723565
OMR 0.384665
PAB 1.000308
PEN 3.404192
PGK 4.474713
PHP 61.706946
PKR 277.860451
PLN 3.78235
PYG 6047.717387
QAR 3.636539
RON 4.586101
RSD 103.15919
RUB 78.047753
RWF 1473.966343
SAR 3.762502
SBD 8.081105
SCR 13.485991
SDG 600.500874
SEK 9.676545
SGD 1.28905
SLE 24.225033
SOS 571.641988
SRD 37.792499
STD 20697.981008
STN 21.529944
SVC 8.752581
SZL 16.893537
THB 33.619728
TJS 9.227822
TMT 3.5
TND 2.964981
TRY 47.355017
TTD 6.796432
TWD 32.337303
TZS 2641.525028
UAH 44.82921
UGX 3770.815941
UYU 40.168724
UZS 12105.980052
VES 741.301401
VND 26320
VUV 118.673107
WST 2.75632
XAF 576.437453
XAG 0.016715
XAU 0.000243
XCD 2.70255
XCG 1.802803
XDR 0.716903
XOF 576.437453
XPF 104.802496
YER 238.54994
ZAR 16.707725
ZMK 9001.206935
ZMW 18.530691
ZWL 321.999592
  • AEX

    3.3700

    1090.04

    +0.31%

  • BEL20

    42.1300

    5734.78

    +0.74%

  • PX1

    73.0300

    8372.28

    +0.88%

  • ISEQ

    254.3600

    13571.59

    +1.91%

  • OSEBX

    -10.7000

    2007.53

    -0.53%

  • PSI20

    -37.0100

    9215.11

    -0.4%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    25.3600

    4553.8

    +0.56%

  • N150

    8.8800

    4236.41

    +0.21%

Pour les glaciologues, la joie de toucher le fond et ses mystères
Pour les glaciologues, la joie de toucher le fond et ses mystères / Photo: © AFP

Pour les glaciologues, la joie de toucher le fond et ses mystères

La main sur le câble qui file dans les profondeurs du glacier du Pamir, Stanislav Koutouzov sent immédiatement lorsque sa tête de carottage, 105 mètres plus bas, se fracasse sur la roche. Il s'apprête à remonter l'une des plus anciennes glaces au monde, aux mystères climatiques jusque-là insondés.

Taille du texte:

"C'est le meilleur sentiment au monde", s'exclame dans un souffle le glaciologue russe dans les montagnes reculées de l'extrême est du Tadjikistan à la frontière avec la Chine, où un photographe de l'AFP a suivi en exclusivité l'expédition de 15 scientifiques en septembre.

La mission, à 5.810 mètres de haut, est historique: récupérer les carottes de glace les plus profondes jamais prélevées dans le massif du Pamir, l'un des plus hauts et des moins étudiés au monde, et mettre à disposition de la science l'une des archives les plus anciennes du climat.

Ces couches de glaces compactées pendant des siècles, peut-être des millénaires, peuvent renseigner sur les chutes de neige, les températures, l'atmosphère et les poussières du passé.

L'espoir inavoué est que ce soit la glace la plus âgée jamais prélevée dans toute la zone dite de l'anomalie de Pamir-Karakoram, qui intrigue les climatologues car elle est la seule région montagneuse où les glaciers semblent encore résister au réchauffement.

- A dos de sherpas -

L'expédition, financée par l'Institut polaire suisse et la fondation Ice Memory, visait initialement le glacier légendaire Fedtchenko mais a dû renoncer face à un accès trop difficile, trop haut pour être survolé en hélicoptère.

L'équipe, composée de scientifiques suisses, japonais, russes et tadjiks, s'est rabattue sur une calotte qui s'avère finalement plus fertile, Kon Tchoukourbachi.

Une ascension par étapes à grimper à pied sur la terre brune rocailleuse puis sur la neige puis sur un parterre de glace en épines, jusqu'au dôme d'où la vue est époustouflante. Et sept jours à forer par températures négatives pour prélever deux profondes carottes.

Concrètement, il s'agit de dizaines de cylindres de glace d'environ 50 cm de long, précautionneusement remontés à la surface, numérotés et emballés avant d'être immédiatement redescendus à dos de sherpas vers les camions frigorifiques plus bas.

"On a fait les 50 premiers mètres en un jour", raconte Stanislav Koutouzov, paléoclimatologue expert en carottage de l'Ohio State University aux Etats-Unis. "C'est à partir de 70 ou 80 mètres que la qualité de la glace a commencé à être un problème."

- 20, 25 ou 30.000 ans -

Soudain, elle s'est révélée plus friable, plus difficile à manipuler mais prometteuse: peut-être le signe d'une période de transition, espère le chef d'expédition Evan Miles.

L'équipe n'avait jamais vu autant de particules de poussières dans la glace, ce qui a ralenti le forage.

Stanislav Koutouzov a usé 15 têtes de carottage. Et puis, "dans les trois ou cinq derniers mètres, c'est devenu très foncé, jaunâtre, ce qui témoigne de conditions très différentes", dit-il.

"Lorsqu'on a remonté la dernière carotte, c'était spectaculaire. Une glace très jaune, parce que bourrée de sédiments. Ce qui est un très, très bon signe pour nous", poursuit Evan Miles, glaciologue des universités suisses de Fribourg et Zurich.

Des glaces très anciennes ont déjà été prélevées dans la région: à Grigoriev, au Kirghizstan, une datation à 17.000 ans. Une autre carotte à Guliya, sur le plateau tibétain, a été estimée encore plus vieille mais la datation est contestée.

"Seule l'analyse en laboratoire le confirmera, mais nous espérons que la carotte sera exceptionnelle non seulement pour la zone, mais pour toute la région, probablement 20, 25 ou 30.000 ans."

- Cave de glace -

La glace, parce qu'elle gobe des bulles d'air anciennes, est la seule archive climatique de la composition atmosphérique passée et donc de la concentration des gaz à effet de serre avant que l'humanité ne se mette à brûler charbon, pétrole et gaz industriellement.

C'est grâce à des kilomètres de carottes au Groenland et en Antarctique que l'on sait que le climat n'a jamais été aussi chaud depuis 800.000 ans.

Mais entre les deux pôles, il y en a eu très peu "proches d'endroits où les gens vivent et où nous voulons vraiment comprendre comment le système climatique varie naturellement", fait valoir le président d'Ice Memory Thomas Stocker.

Le Pamir, "un endroit très spécial sur la planète, le toit du monde" selon lui, fascine les chercheurs car il joue le rôle de carrefour climatique: il redirige l'humidité qui arrive d'Europe par les vents d'ouest vers le sous-continent indien.

Ce que les chercheurs découvriront dans la vieille glace de Kon Tchoukourbachi - des informations sur les neiges, vents et poussières d'antan - aidera donc à comprendre... les moussons d'aujourd'hui. Et peut-être à anticiper leurs changements futurs, pour des centaines de millions de gens, sous l'effet du dérèglement climatique.

Voilà pourquoi, en plus d'une première carotte qui sera examinée dans quelques semaines par des chercheurs japonais, Ice Memory en a financé une seconde pour la stocker avec d'autres provenant des Alpes, des Andes, du Groenland et d'ailleurs, dans une cave de glace en Antarctique, à la station Concordia par -50°C.

Elle pourra être étudiée par les scientifiques du futur, avec des méthodes plus sophistiquées qu'aujourd'hui. Une "course contre la montre" avant que ces annales climatiques ne fondent.

Les deux carottes, conservées dans une chaîne du froid à -20°C, sont arrivées à Tokyo par avion. L'une d'elle atteindra bientôt sa destination finale, l'université Hokkaido.

Dans ce laboratoire, pour les besoins de l'analyse moléculaire, les flocons de neige tombés sur le Pamir il y a des siècles ou des millénaires pourront enfin fondre et révéler leurs secrets.

A.Maldonado--TFWP