The Fort Worth Press - Tour de France: torpeur partout, fraîcheur nulle part

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Tour de France: torpeur partout, fraîcheur nulle part
Tour de France: torpeur partout, fraîcheur nulle part / Photo: © POOL/AFP

Tour de France: torpeur partout, fraîcheur nulle part

"Tout le monde a souffert": avec quasiment 40 degrés à l'ombre et davantage au soleil, les coureurs du Tour de France ont de l'avis général passé une journée en enfer, mardi entre Carcassonne et Foix, tentant par tous les moyens d'éviter le coup de chaud.

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De la voiture, "dans les 30 premiers kilomètres, on a donné plus de 200 bidons": le chiffre fourni par Matxin Fernandez, le directeur sportif d'UAE et de Tadej Pogacar, donne le vertige et une idée de la fournaise tout au long des plus de 180 kilomètres parcourus.

"C'est vrai que là, c'est quand même des conditions extrêmes, ça fait plusieurs jours qu'on ramasse", a résumé le Français Ewen Costiou, parti à l'avant en début d'étape au sein d'une échappée qui a débouché sur le triomphe de deux hommes venus du froid, le Danois Mads Pedersen pour l'étape et le Norvégien Torsten Trein pour le maillot jaune.

"J'avais pas de très bonnes sensations, surtout hier (lundi) avec la chaleur, alors aujourd'hui je me suis dit +si tu es devant, au moins tu as accès à de l'eau constamment+, donc c'est pas si mal que ça", a de son côté souri le Luxembourgeois de Cofidis Alex Kirsch, lui aussi membre de l'échappée.

- "24 heures de travail" -

Un constat partagé par le vainqueur d'étape Mads Pedersen: "honnêtement, être dans une échappée avec la voiture qui est à portée de main tout le temps, ça facilite les choses pour se refroidir, et quand on parle de travail d'équipe, ce n'est pas seulement sur le vélo: il y a tellement de personnes sur la route avec de l'eau et de la glace aussi pour nous rafraîchir".

Suffisant? La chaleur, accentuée par le bitume, génère de "la fatigue mentale, parce qu'on arrive à récupérer avec les glaçons et tout, mais c'est beaucoup de travail (...) de faire des bains de glace encore avant de se coucher, manger des glaces...", décrit Alex Kirsch, après avoir plongé ses bras dans un bac d'eau.

"C'est un stress mental qui dure. Même avant l'étape, mettre les vestes, c'est presque 24h de travail pour refroidir", affirme-t-il.

Mardi, l'UCI avait autorisé l'élargissement des zones de distribution de ravitaillement, une mesure que le peloton appelle à reconduire, alors que le directeur de l'épreuve Christian Prudhomme a déclaré avant le départ à Barcelone que "l'adaptation" serait "le maître-mot" face à la canicule.

- "Cauchemar logistique" -

Les staffs mettent en oeuvre des protocoles pour limiter le risque de coup de chaud en course, et axent également une partie de leur préparation sur ce risque, devenu quasi-inéluctable en juillet, avec le "heat training", ou entraînement à la chaleur.

"Maintenant, c'est indispensable, il n'y a pas un coureur du Tour qui n'est pas passé par là", estimait Romain Grégoire avant le Grand Départ, évoquant "un gros bloc (d'entraînement) au mois de février et un gros bloc en juin".

Reste d'une part quelques images rappelant un été classique jusqu'alors, avec des spectateurs à l'ombre et les pieds dans l'eau en attendant le passage de la course, ou Kévin Vauquelin, hilare, arrosant un caméraman. Et d'autre part, le risque sanitaire pour les athlètes, qui devrait se durcir dans les années à venir.

"C'est vraiment un cauchemar logistique", déplorait Pogacar lundi, après une journée certes chaude mais moins étouffante que celle de mardi.

"Parfois, quand la vallée est longue d'environ 15 kilomètres, on a trois mecs qui descendent à la voiture pour prendre des bouteilles et de la glace pour nous refroidir, ça fait une grosse différence", expliquait le Slovène, qu'on a vu mardi se laisser décrocher jusqu'à sa voiture pour s'abreuver et se rafraîchir.

Son ancien coéquipier Matteo Trentin, désormais chez Tudor, a pu constater l'évolution de la discipline du haut de ses 36 ans: "Il a toujours fait chaud, mais les dernières vagues de chaleur sont vraiment différentes, ça ne se rafraîchit plus la nuit. Le changement climatique est là, ça n'arrivera pas l'année prochaine, c'est maintenant".

"On doit se mettre autour de la table et penser à ça: peut-être que partir à midi en plein soleil n'est pas une super idée", juge-t-il, alors que la canicule devrait continuer de sévir sur la route du Tour.

H.Carroll--TFWP