The Fort Worth Press - Changement climatique: l'avenir incertain des chasseurs de "miel fou" au Népal

USD -
AED 3.672494
AFN 64.999743
ALL 80.761235
AMD 360.982284
ANG 1.789785
AOA 917.000094
ARS 1547.506848
AUD 1.426544
AWG 1.8
AZN 1.697068
BAM 1.737655
BBD 2.013789
BDT 124.482471
BGN 1.747831
BHD 0.377511
BIF 2987.543757
BMD 1
BND 1.278142
BOB 12.12307
BRL 5.460698
BSD 0.999876
BTN 94.576825
BWP 13.727633
BYN 2.983457
BYR 19600
BZD 2.010946
CAD 1.39503
CDF 2314.999866
CHF 0.81448
CLF 0.024532
CLP 965.479702
CNY 6.669799
CNH 6.66659
COP 3229.75
CRC 454.196116
CUC 1
CUP 23.996482
CVE 97.96631
CZK 21.56415
DJF 178.04787
DKK 6.637502
DOP 60.044158
DZD 135.825634
EGP 54.653305
ERN 15
ETB 164.108289
EUR 0.88795
FJD 2.24175
FKP 0.743037
GBP 0.741195
GEL 2.605024
GGP 0.743037
GHS 11.633527
GIP 0.743037
GMD 74.503195
GNF 8859.999896
GTQ 7.640777
GYD 209.490556
HKD 7.844265
HNL 26.874159
HRK 6.76901
HTG 130.993736
HUF 321.798964
IDR 18102
ILS 3.15995
IMP 0.743037
INR 94.510797
IQD 1515.805747
IRR 1883408.498647
ISK 121.310194
JEP 0.743037
JMD 158.490264
JOD 0.709012
JPY 157.938497
KES 129.95052
KGS 87.449977
KHR 4065.567945
KMF 441.000169
KPW 899.999961
KRW 1343.175028
KWD 0.31068
KYD 0.8332
KZT 451.907529
LAK 22510.972511
LBP 89536.844537
LKR 332.702525
LRD 169.971747
LSL 16.458322
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.411145
MAD 9.767223
MDL 17.932726
MGA 4516.054516
MKD 54.652015
MMK 2099.845134
MNT 3601.453525
MOP 8.0795
MRU 40.672394
MUR 47.009856
MVR 15.455007
MWK 1733.74558
MXN 18.570715
MYR 4.048101
MZN 63.910382
NAD 16.458322
NGN 1346.410288
NIO 36.791229
NOK 9.297399
NPR 151.327626
NZD 1.771905
OMR 0.384504
PAB 0.999964
PEN 3.451055
PGK 4.486835
PHP 63.100501
PKR 276.584484
PLN 3.89515
PYG 6062.867601
QAR 3.645272
RON 4.742802
RSD 104.472028
RUB 81.802231
RWF 1471.300315
SAR 3.756339
SBD 8.051718
SCR 13.835724
SDG 601.506428
SEK 9.703815
SGD 1.276498
SHP 0.745545
SLE 22.909899
SLL 20969.504398
SOS 571.481881
SRD 37.563991
STD 20697.981008
STN 21.767813
SVC 8.74869
SYP 13001.999685
SZL 16.449882
THB 33.434032
TJS 9.223662
TMT 3.51
TND 2.979992
TOP 2.40776
TRY 50.043497
TTD 6.77808
TWD 33.008496
TZS 2647.034973
UAH 45.533522
UGX 4104.696412
UYU 40.202925
UZS 11888.515735
VES 893.768982
VND 25682.5
VUV 119.655093
WST 2.783161
XAF 582.45706
XAG 0.019006
XAU 0.000242506548
XCD 2.70255
XCG 1.801979
XDR 0.707052
XOF 582.45706
XPF 105.958029
YER 236.175026
ZAR 16.354298
ZMK 9001.195056
ZMW 20.278266
ZWL 321.999592
SSP 5745.516508
MXV 2.089813
  • AEX

    3.2000

    1105.55

    +0.29%

  • BEL20

    -25.9400

    5737.76

    -0.45%

  • PX1

    -7.3300

    8131.86

    -0.09%

  • ISEQ

    5.7300

    14337.15

    +0.04%

  • OSEBX

    1.2600

    2108.79

    +0.06%

  • PSI20

    21.1600

    9638.63

    +0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.9400

    4631.6

    -0.45%

  • N150

    -6.4200

    4271.03

    -0.15%

Changement climatique: l'avenir incertain des chasseurs de "miel fou" au Népal
Changement climatique: l'avenir incertain des chasseurs de "miel fou" au Népal / Photo: © AFP/Archives

Changement climatique: l'avenir incertain des chasseurs de "miel fou" au Népal

Suspendus à une corde et à une échelle de bambou pour dénicher du miel aux vertus hallucinogènes sur une falaise de l'Himalaya, des grimpeurs népalais perpétuent une pratique ancienne, menacée aujourd'hui par le changement climatique.

Taille du texte:

S'enveloppant de fumée pour se protéger des attaques d'un nuage d'abeilles géantes, Som Ram Gurung, 26 ans, se balance à 100 mètres du sol, pour découper des rayons dégoulinants de ruches sauvages.

Le "miel fou" avec une saveur piquante a, selon les amateurs, un léger effet hallucinogène issu du nectar de rhododendron, dont les abeilles raffolent.

Ce miel de haute altitude n'a jamais été facile à récolter, dans le district de Lamjung (centre). Il provient de l'espèce Apis laboriosa, l'abeille la plus grande au monde (jusqu'à 3 centimètres de long), qui affectionne les falaises inaccessibles.

Mais les chasseurs de miel sont aujourd'hui confrontés à des défis supplémentaires, dont certains liés aux effets du réchauffement climatique sur ces vallées forestières isolées, à 100 kilomètres au nord-ouest de Katmandou.

Selon Doodh Bahadur Gurung, 65 ans, qui a transmis sa technique à son fils Som Ram, les chasseurs ont constaté une chute rapide du nombre de ruches et des quantités de miel récoltées.

"Lorsque nous étions jeunes, il y avait des ruches sur presque toutes les falaises grâce à l'abondance des fleurs sauvages et des sources d'eau", explique-t-il. "Mais d'année en année, il est de plus en plus difficile de trouver des ruches.

- Barrages, pesticides et incendies -

Le déclin des abeilles s'explique par des causes multiples: "Les cours d'eau s'assèchent en raison des projets hydroélectriques et de l'irrégularité des précipitations", dit-il, alors que les abeilles sauvages préfèrent nicher près de l'eau.

"Les abeilles qui volent vers les fermes sont également confrontées au problème des pesticides, qui les tuent".

Avec des pluies irrégulières, des hivers plus secs et une chaleur accablante, les feux de brousse sont aussi devenus plus fréquents.

Le Népal a combattu plus de 4.500 incendies de forêt cette année, près du double de l'année précédente, selon les chiffres du gouvernement.

"Les feux de brousse sont plus fréquents aujourd'hui", explique Doodh Bahadur. Et "il n'y a pas assez de jeunes pour les éteindre à temps".

Il y a dix ans, son village de Taap pouvait récolter 1.000 litres de miel par saison. Aujourd'hui, les chasseurs s'estiment chanceux de récolter 250 litres.

Les scientifiques confirment ces observations, notant que le changement climatique est un facteur déterminant.

"Les abeilles sont très sensibles aux changements de température", explique Susma Giri, spécialiste des abeilles à l'Institut des sciences appliquées de Katmandou.

"Ce sont des créatures sauvages qui ne peuvent pas s'adapter aux activités ou au bruit des humains".

- "Conséquences économiques alarmantes" -

Le Centre international de développement intégré des montagnes (ICIMOD), basé au Népal, qui a observé une fonte plus rapide que jamais des glaciers de l'Himalaya, constate un "déclin brutal de la population d'abeilles".

Il a tiré la sonnette d'alarme le mois dernier, rappelant qu'au moins 75% des cultures du Népal dépendent de pollinisateurs tels que les abeilles.

"Le changement climatique et la perte d'habitat comptent parmi les principaux facteurs de leur déclin", selon le centre. "La réduction de la pollinisation qui en résulte a déjà eu des conséquences économiques alarmantes".

Selon une étude de 2022, publiée dans la revue Environmental Health Perspectives, les pertes annuelles dues à la réduction de la pollinisation au Népal s'élevaient à 250 dollars par habitant, une somme énorme dans un pays où le revenu annuel moyen s'élève à 1.400 dollars.

La diminution des réserves a poussé les prix de ce miel rare à la hausse. Si un litre valait 3,5 dollars il y a vingt ans, il se vend aujourd'hui 15 dollars.

Les négociants voient la demande augmenter aux États-Unis, en Europe et au Japon, en raison de bienfaits présumés pour la santé vantés sur les réseaux sociaux.

Les négociants en miel de Katmandou estiment à environ 10.000 litres les exportations annuelles.

Un pot de 250 grammes de "miel fou" peut atteindre 70 dollars en ligne. La demande "augmente chaque année, mais la production de qualité a diminué", observe Rashmi Kandel, un exportateur de miel de Katmandou.

- "Nous perdons tout" -

Les jeunes sont de moins en moins nombreux à vouloir participer à la traditionnelle chasse au miel en montagne qui dure un mois.

Comme partout au Népal, les jeunes quittent la vie rurale pour des emplois mieux rémunérés à l'étranger.

Suk Bahadur Gurung, 56 ans, homme politique local et membre de l'équipe de chasseurs de miel, craint pour la survie de son métier difficile.

"Il faut des compétences et de la force", explique-t-il. Or "il n'y a pas beaucoup de jeunes qui veulent faire ce métier".

Som Ram Gurung tend ses bras et ses jambes enflés à sa descente de la falaise. "Les piqûres couvrent mon corps", dit-il.

Il dit être prêt à aller travailler dans une usine à Dubaï pour un salaire mensuel d'environ 320 dollars.

Son père, Doodh Bahadur, regrette à la fois la disparition des abeilles et le départ des jeunes. "Nous perdons tout", dit-il. "L'avenir est incertain pour tout le monde.

F.Carrillo--TFWP