The Fort Worth Press - Une robe bleue, une chanson, un cri dans la montagne: ce qui fait tenir les Afghanes

USD -
AED 3.672504
AFN 63.000368
ALL 83.700248
AMD 376.999869
ANG 1.790083
AOA 917.000367
ARS 1398.250402
AUD 1.43123
AWG 1.8
AZN 1.70397
BAM 1.705218
BBD 2.01395
BDT 122.699333
BGN 1.709309
BHD 0.380051
BIF 2968.481625
BMD 1
BND 1.279568
BOB 6.90963
BRL 5.330604
BSD 0.999956
BTN 92.298705
BWP 13.625703
BYN 2.958717
BYR 19600
BZD 2.010986
CAD 1.38085
CDF 2257.000362
CHF 0.795951
CLF 0.023229
CLP 917.210396
CNY 6.896604
CNH 6.90768
COP 3682.200619
CRC 470.465147
CUC 1
CUP 26.5
CVE 96.137582
CZK 21.430394
DJF 178.06356
DKK 6.545104
DOP 61.432495
DZD 133.523693
EGP 52.212389
ERN 15
ETB 156.082044
EUR 0.87204
FJD 2.228704
FKP 0.755346
GBP 0.755458
GEL 2.730391
GGP 0.755346
GHS 10.859235
GIP 0.755346
GMD 73.503851
GNF 8765.857274
GTQ 7.668163
GYD 209.198309
HKD 7.83045
HNL 26.46846
HRK 6.599604
HTG 131.112952
HUF 343.740388
IDR 16960.05
ILS 3.14434
IMP 0.755346
INR 92.540504
IQD 1309.908889
IRR 1321725.000352
ISK 126.303814
JEP 0.755346
JMD 156.894372
JOD 0.70904
JPY 159.74504
KES 129.334321
KGS 87.449704
KHR 4009.765029
KMF 431.00035
KPW 899.962319
KRW 1501.480383
KWD 0.30743
KYD 0.833253
KZT 489.524391
LAK 21426.391735
LBP 89542.177078
LKR 311.199268
LRD 182.980949
LSL 16.79428
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.3804
MAD 9.41776
MDL 17.443655
MGA 4151.881076
MKD 53.742535
MMK 2100.129081
MNT 3584.005688
MOP 8.06077
MRU 40.006975
MUR 46.510378
MVR 15.450378
MWK 1733.815772
MXN 17.950204
MYR 3.938504
MZN 63.910377
NAD 16.79428
NGN 1385.503725
NIO 36.793234
NOK 9.74622
NPR 147.677754
NZD 1.731003
OMR 0.384504
PAB 0.999869
PEN 3.448276
PGK 4.372466
PHP 59.590375
PKR 279.200663
PLN 3.74845
PYG 6451.022276
QAR 3.634858
RON 4.462604
RSD 102.332273
RUB 79.907232
RWF 1459.174332
SAR 3.752935
SBD 8.051718
SCR 15.267448
SDG 601.000339
SEK 9.480704
SGD 1.281504
SHP 0.750259
SLE 24.550371
SLL 20969.510825
SOS 570.469506
SRD 37.548038
STD 20697.981008
STN 21.361001
SVC 8.749292
SYP 110.555253
SZL 16.788875
THB 32.328038
TJS 9.584202
TMT 3.5
TND 2.957147
TOP 2.40776
TRY 44.165038
TTD 6.781464
TWD 32.194604
TZS 2604.734295
UAH 44.095122
UGX 3759.536161
UYU 40.1674
UZS 12073.760844
VES 442.704625
VND 26294
VUV 119.584823
WST 2.735171
XAF 571.914207
XAG 0.012417
XAU 0.000199
XCD 2.70255
XCG 1.802084
XDR 0.711278
XOF 571.914207
XPF 103.980121
YER 238.550363
ZAR 16.88291
ZMK 9001.203584
ZMW 19.462923
ZWL 321.999592
  • AEX

    1.0000

    1001.66

    +0.1%

  • BEL20

    -39.6500

    5109.48

    -0.77%

  • PX1

    -72.6600

    7911.53

    -0.91%

  • ISEQ

    -73.5600

    12393.71

    -0.59%

  • OSEBX

    8.3300

    1945.95

    +0.43%

  • PSI20

    -8.2400

    9143.72

    -0.09%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -21.0100

    3730.06

    -0.56%

  • N150

    -19.3400

    3848.26

    -0.5%

Une robe bleue, une chanson, un cri dans la montagne: ce qui fait tenir les Afghanes
Une robe bleue, une chanson, un cri dans la montagne: ce qui fait tenir les Afghanes / Photo: © AFP

Une robe bleue, une chanson, un cri dans la montagne: ce qui fait tenir les Afghanes

Elles se sentent emprisonnées, "comme un oiseau à qui on a arraché les ailes", mais elles luttent. Cinq Afghanes confient à l'AFP ce qui les aide à tenir debout: une robe, une chanson, un cri dans la montagne...

Taille du texte:

Il leur est interdit de poursuivre leurs études au-delà du primaire, de se promener dans les parcs, d'aller dans une salle de sport, à la piscine ou dans un salon de beauté. Elles doivent impérativement se couvrir de la tête aux pieds et sont exclues de nombreux emplois.

Chaque manquement peut se traduire par une arrestation et un emprisonnement.

Pour le chef suprême de l'Afghanistan, Hibatullah Akhundzada, les femmes ont été sauvées de "l'oppression" par le gouvernement des talibans qui applique une version ultra-rigoriste de la loi islamique.

Depuis leur retour au pouvoir en 2021, les femmes subissent un "apartheid de genre" en Afghanistan, selon l'ONU.

Le sentiment d'enfermement s'est renforcé ces dernières années avec le durcissement des politiques migratoires en Europe, aux États-Unis, en Iran et au Pakistan. "Toutes les portes se ferment", déplore aujourd'hui l'une des femmes interrogées par l'AFP.

La crise humanitaire, avec la baisse drastique de l'aide internationale, des désastres climatiques et le retour forcé de plus de cinq millions d'Afghans d'Iran et du Pakistan, ont encore fragilisé leur situation.

Quel est l'objet, le rituel qui donne de la force à ces femmes au quotidien ?

En ville ou à la campagne, malgré les risques, cinq d'entre elles ont accepté de témoigner. Pour des raisons de sécurité, leurs prénoms ont été changés et leur localisation exacte cachée.

- Le carnet bleu -

Sanam, 25 ans, voulait étudier la médecine mais les portes des universités se sont fermées en 2022.

"Je ressens de la colère, nous avons été privées de nos droits. Je me sens comme un oiseau dont les ailes ont été arrachées". Désormais, celle qui vit dans une petite ville "très pauvre" donne des cours en ligne à des jeunes filles de 16 à 23 ans.

Le matin, "je pense à mes 30 élèves qui attendent que je leur dise +bonjour+ et que je leur apprenne une nouvelle leçon. Enseigner n'est pas permis, c'est un crime, mais j'accepte ce risque parce que je sais que cela vaut la peine, je me sens utile."

"Pour garder le moral, j'écris mon journal tous les jours dans un carnet. Il a une couverture bleue et il m'apaise. Je le garde dans mon armoire, entre mes habits, pour que personne n'y ait accès".

"Hors de l'Afghanistan, les filles de mon âge sont libres. Nous sommes dans une cage, nous ne pouvons pas étudier mais nous essayons quand même, nous avons l'espoir et nous continuons malgré tous les dangers."

- Crier dans la montagne -

Sayamoy, 34 ans, élève ses enfants seule dans deux petites pièces d'un quartier pauvre d'une des plus grandes villes afghanes. Son mari, qui servait dans l'armée de la République, a été tué par des combattants talibans avant qu'ils ne conquièrent le pouvoir.

Dans un pays qui impose aux femmes d'être accompagnées par un homme de leur famille pour aller travailler ou voyager, être veuve complique tout.

"Si je vais dans une agence immobilière, ils ne me répondent même pas. A un homme ils auraient parlé poliment."

Dans une administration où elle demandait de l'aide en tant que veuve, on lui a proposé comme solution de se marier avec un combattant taliban. "J'ai eu peur, je n'y suis plus retournée."

"Il y a eu des jours où nous n'avions rien à manger. Une fois, j'ai pris du pain dans la poubelle, mais comme il était moisi, mes enfants sont tombés malades. La peur d'être sans toit m'a fait penser à un moment à vendre mon rein pour payer un loyer."

Cette femme à la voix douce vit en faisant des ménages. "J'enseigne aussi à quelques enfants en primaire", dit-elle en montrant un petit tableau sur un mur du salon-chambre à coucher.

"Je voudrais ne pas être une femme, je voudrais ne pas être née en Afghanistan. Mais quand je vois mes enfants, je retrouve l'espoir. Même quand mes yeux sont remplis de larmes, je souris pour mes enfants."

"Je leur raconte des histoires imaginaires motivantes et réconfortantes, ça me remonte le moral. Mes histoires parlent de la maison qu'on rêve d'avoir, mes enfants disent: +Nous aurons des chaises et des tables+".

"La tombe de mon mari est dans une plaine entourée de hautes montagnes. Là-bas, personne ne peut entendre ma voix, alors je crie. Ma voix rencontre un écho, c'est comme si les montagnes me comprenaient et criaient ma peine avec moi. Alors mon cœur se vide de son chagrin et je me sens libérée".

- Robe bleue, maquillage et vidéos -

Hura, 24 ans, voulait être diplomate. Elle étudiait les relations publiques et le journalisme. Mais l'université a fermé. "J'étais déprimée à la maison, j'ai pris du poids."

Elle se réoriente comme sage-femme, une formation également bannie. "Toutes les portes se ferment. Sauf la porte du mariage qui reste ouverte, mais j'ai peur de cette porte car je crains qu'un homme me force à rester à la maison."

"Pour me sentir mieux, je fais des vidéos et des photos de moi-même." Sur l'une, elle apparaît dans une robe de soirée en velours bleu, décolletée, ses cheveux bruns lâchés, en train de chanter. Une autre la montre dans une robe traditionnelle multicolore, souriante et maquillée.

"Avant, j'étais très stylée à l'université", raconte la jeune femme qui travaille dans le secteur médical dans une grande ville.

"Quand je poste ces photos, avec maquillage et sans voile, je me sens libre car c'est ma réalité, la personne que je veux être." Mais, poursuit-elle, "si les talibans voient des filles poster de telles photos, ils nous mettront en prison, alors j'ai peur".

Pour autant "j'ai toujours de l'espoir et je lutte", dit-elle. "Même si mes cheveux deviennent aussi blancs que mes dents, je n'abandonnerai pas et j'obtiendrai mon master" de relations publiques, promet-elle.

- Les chansons d'Aryana Sayeed -

Shogofa, 22 ans, habite dans une grande ville avec ses huit frères et sœurs et ses parents. Elle devait devenir professeure.

"Je me sens si seule. J'ai l'impression d'être dans une cage et personne ne m'entend. Je prie pour pouvoir un jour me sentir libre et étudier sans peur. J'espère qu'un jour les filles pourront rire librement."

"Le lycée et mes camarades de classe me manquent, je voudrais vivre de nouveau ces moments où je marchais avec mes amis. J'étais heureuse alors, j'avais de l'espoir pour l'avenir. Maintenant, je suis dans un coin de la maison et j'étudie en ligne", clandestinement.

Pour chasser les pensées sombres, "j'écoute de la musique, des chansons de Farhad Darya ou d'Aryana Sayeed", deux populaires artistes afghans défenseurs des droits des femmes aujourd'hui exilés. "Kabul Jaan" (Kaboul bien-aimée) de Farhad Darya fut la première chanson diffusée à la radio afghane après la chute des autorités talibanes en 2001. Le chanteur mêle sonorités traditionnelles et rock.

Ancienne juré de "The Afghan star", Aryana Sayeed, qui a fui en 2021, est connue pour ses chansons dénonçant les violences faites aux femmes, ce qui lui avait valu, même avant le gouvernement taliban, de nombreuses menaces de mort.

Écouter ou jouer de la musique est officiellement interdit en Afghanistan.

- Livres -

Mohjeza, 30 ans, collaboratrice d'une ONG aidant les femmes agricultrices, a été licenciée en 2025 après les coupes de l'aide internationale américaine. Son ambition de suivre un master à l'étranger s'est fracassée, faute de visa. Elle vit avec ses quatre sœurs, son frère et sa mère.

"Nous habitons à la campagne, dans une région montagneuse et il n'y a pas d'électricité, nous avons des panneaux solaires et la plupart des gens n'ont pas accès à internet". Elle doit sortir de sa maison pour capter le réseau mobile.

"Je me sens comme une prisonnière parce que je ne peux même pas aller au marché seule, il n'y a aucun lieu public où nous puissions respirer quelques minutes."

"J'avais déposé une demande d'asile pour les États-Unis, mais depuis l'arrivée (du président américain Donald Trump), tout est annulé."

"Je garde l'espoir car le monde change continuellement. Je fais du volontariat (...) et je donne des conseils à des agricultrices que j'aidais avant dans mon travail pour améliorer leur production", explique celle qui cherche sans relâche un nouvel emploi.

Pour tenir le coup, "je fais une demi-heure de gymnastique chaque matin. Mais surtout j'aime lire des livres sur des femmes qui ont vécu des moments très difficiles. Leur récit me motive".

"Je télécharge des livres et on en partage aussi avec d'autres filles."

"Mon message aux gens hors d'Afghanistan: Ne perdez jamais espoir, le monde dans lequel je vis est bien plus sombre que le vôtre. Il y a une lumière dans votre monde et si vous la suivez, vous réaliserez vos rêves".

P.Grant--TFWP