The Fort Worth Press - En Guadeloupe, la sécheresse met en péril la future récolte de canne à sucre

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En Guadeloupe, la sécheresse met en péril la future récolte de canne à sucre
En Guadeloupe, la sécheresse met en péril la future récolte de canne à sucre / Photo: © AFP/Archives

En Guadeloupe, la sécheresse met en péril la future récolte de canne à sucre

Après une récolte 2026 catastrophique, les planteurs de cannes à sucre n'ont toujours pas pu replanter en vue de la saison prochaine. La raison: une sécheresse sévère qui s'abat depuis plusieurs mois sur les Antilles.

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Certains champs sont jaunis, presque brûlés par le soleil, d'autres sont fraîchement labourés. Mais aucun n'a encore en terre les précieux plantules de canne à sucre, qui devraient être semés depuis déjà plusieurs semaines.

"Il fait trop chaud, il ne pleut pas assez, les plantules brûleraient si on mettait en terre maintenant", explique Alex Bandou, secrétaire général de l'Union des producteurs de Guadeloupe.

En effet, sous l'effet du dérèglement climatique, la région Caraïbes subit une sécheresse importante, alors même que la saison des pluies a déjà officiellement commencé.

Depuis le mois de mai, les bulletins climatiques de Météo-France accumulent les superlatifs pour décrire la météo. Les termes "sec", "très sec", "extrêmement sec", "très chaud", rivalisent avec ceux marquant le manque de pluie. Juillet a même été qualifié de "mois le plus chaud" depuis celui, exceptionnel, de 1995. Et les prévisions anticipent des mois encore très secs jusqu'en février.

Alors chez les planteurs de cannes, le moral est en berne, d'autant plus que la récolte de 2026, qui s'est achevée en juillet, "aura été particulièrement difficile (...) avec environ 312.700 tonnes de cannes récoltées, soit une baisse d'environ 35% par rapport à 2025", selon la coopérative Union cannière de la Guadeloupe qui s'inquiète de l'avenir de la filière.

Les parcelles de canne occupent près de 50% des sols agricoles, quand les légumes représentent "environ 6,9% de la surface agricole utilisée, les fruits, environ 3% et la banane 6,6%", selon les chiffres de l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (Iédom).

"Le manque d'irrigation est un vrai sujet pour l'agriculture guadeloupéenne, et singulièrement pour la culture de la canne, ce qui la rend sensible à la sécheresse", note aussi Sydney Henery, secrétaire générale des Jeunes agriculteurs de Guadeloupe.

D'autant plus que l'eau agricole est fréquemment mobilisée pour pallier les manques de la production d'eau potable du territoire dont le réseau vétuste et sa gestion délétère assèchent les robinets.

- S'adapter -

Du côté des planteurs, on anticipe une récolte 2027 aussi mauvaise que la précédente, et on préfère miser sur 2028. "Même si on sait que les sécheresses vont devenir plus fréquentes, ça reste imprécis dans le futur proche", assure Sydney Henery qui mise, comme d'autres, sur la formation aux pratiques agroécologiques pour s'adapter.

Si toutes les questions sont posées, les réponses peinent toutefois à émerger. Déplacer la campagne sucrière ? Ouvrir une deuxième récolte ? Compliqué au regard du fonctionnement de la filière qui coordonne planteurs, ramasseurs, transporteurs, usinier et ouvriers.

"A ceux qui verraient dans cette situation la fin de la filière canne, je rappelle que toutes les filières ont leur place, notamment celles qui sont structurées et structurantes", souligne Olivier Degenmann, à la tête de la direction de l'agriculture, l'alimentation et la forêt (Daaf) de Guadeloupe, rappelant ainsi à demi-mot le retard des filières maraîchères et d'élevage, dont la production diminue depuis une dizaine d'années alors que le territoire importe 82% de sa nourriture.

Dans ces services de l'Etat, on veut croire à la pérennité de la filière canne totalement subventionnée, malgré plusieurs années de chute de la production. D'abord par le développement de variétés plus résistantes, ou un positionnement sur le marché des sucres spéciaux, défendu notamment par l'usinier.

Et aussi, un changement de structure de la filière cannière, caractérisée par un morcellement foncier et une multitude de producteurs, selon un constat partagé dans un rapport régional sur le sujet, daté du début d'année: "On peut se dire qu'avec un rendement de moins de 20 tonnes par hectare de canne, on est pas sur de l'agriculture professionnelle, qui permet de vivre de son activité", assure Olivier Degenmann, évoquant un changement du régime des subventions.

D.Ford--TFWP