The Fort Worth Press - Canicules et sécheresse coûteront 0,1 point de croissance cette année

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Canicules et sécheresse coûteront 0,1 point de croissance cette année
Canicules et sécheresse coûteront 0,1 point de croissance cette année / Photo: © AFP/Archives

Canicules et sécheresse coûteront 0,1 point de croissance cette année

Les vagues de canicule et la sécheresse en France cette année coûteront 0,1 point de croissance à l'économie française en 2026, en raison de la baisse de la production agricole, selon les calculs de Bercy, un impact qui devrait affecter la prévision de croissance de 0,7% du gouvernement sur l'année.

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Lors d'une audition mercredi par la mission parlementaire sur le coût de la canicule, présidée par le député Eric Coquerel (LFI), des représentants de la Direction générale du Trésor ont donné leur estimation de l'impact des événements climatiques de l'été sur l'activité.

Selon eux, la valeur ajoutée agricole, qui mesure la richesse créée par la production, devrait baisser de 8% cette année. C'est environ la moitié de l'effet de la canicule de 2003, où elle avait reculé d'environ 15%.

L'Institut national de la statistique (Insee), auditionné en même temps par la mission parlementaire, a aussi chiffré à 0,1 point de produit intérieur brut (PIB) l'impact des vagues de chaleur de cet été, en-deçà du coût de la canicule de 2003, qui avait été de 0,3 point de croissance.

L'Insee a précisé cependant que l'impact des canicules était "déjà intégré dans les données et la croissance très décevante qu'on a eue sur le premier semestre". Il a révisé vendredi en baisse ses chiffres du PIB aux premier et deuxième trimestres, à respectivement -0,2% et 0,0%.

"Il n'y a pas d'impact vraiment supplémentaire à attendre sur la fin de l'année", a souligné Dorian Roucher, responsable du département de la conjoncture de l'Insee, rappelant que l'institut "compte la production agricole au moment où ça pousse et non pas au moment où on récolte".

- Maïs, fourrage et légumes affectés -

Dans le détail, les vagues de chaleur et la sécheresse de 2026 "ont considérablement affecté certaines productions agricoles, en particulier le maïs avec -35% de production prévue en 2026 par rapport à 2025", a précisé le ministère de l'Economie. Les prairies ont été aussi, "très touchées, avec une pousse cumulée inférieure d'un tiers à la normale au 10 août".

Ces effets s'ajoutent à ceux du conflit au Moyen-Orient sur l'agriculture, alors que la hausse du prix du gaz a renchéri le coût des engrais azotés et que le commerce mondial d'engrais a été perturbé par la fermeture du détroit d'Ormuz.

Les rendements du blé sont en revanche "très proches de la normale" car "le blé a été récolté très tôt", a indiqué l'Insee.

Les légumes, eux, ont été très affectés, entraînant une "très forte hausse du prix des légumes frais", de l'ordre de 14%, a poursuivi Dorian Roucher. "On estime que c'est 0,1 point d'inflation sur les 2,4% (d'inflation en août) qui vient directement de ces légumes frais", a-t-il dit.

- Des travaux publics à la peine -

Si les canicules ont eu aussi "de nombreux autres effets sectoriels et localisés", hors agriculture, leurs effets "au plan macroéconomique devraient être plus limités", estime le ministère de l'Economie.

L'Insee a aussi indiqué que des secteurs comme le bâtiment avaient pu souffrir de la chaleur, mais que le plus gros impact concernait l'agriculture.

Un tiers des entreprises de travaux publics ont ainsi déclaré avoir été contraintes dans leur activité par les aléas climatiques au mois de juillet. Mais cette perturbation est intervenue "dans un contexte qui était globalement dégradé", et avec des possibilités de rattrapage par la suite, d'où un impact moindre, a estimé Dorian Roucher.

La ministre de la Transition écologique Monique Barbut avait indiqué mi-août que les canicules à répétition de l'été pourraient coûter à la France "de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros de coûts directs et indirects", ce qui inclut des destructions de stocks, de patrimoine et d'autres effets plus larges, au-delà du manque à gagner pour la croissance.

Outre l'effet attendu sur la croissance, cet impact canicules et sécheresse affectera les finances publiques. En pleine préparation d'un budget difficile pour 2027, qui doit être présenté le 30 septembre, le gouvernement a déjà prévenu que son objectif de déficit public à 5% du PIB cette année serait difficilement atteignable.

S.Palmer--TFWP