The Fort Worth Press - San Juan, une province argentine à sec, entre glaciers en souffrance, cultures, et mines à venir

USD -
AED 3.672503
AFN 63.999889
ALL 82.087167
AMD 368.450607
ANG 1.790403
AOA 917.999547
ARS 1429.280819
AUD 1.413537
AWG 1.801525
AZN 1.676658
BAM 1.689603
BBD 2.013822
BDT 122.983888
BGN 1.69088
BHD 0.37683
BIF 2970.152477
BMD 1
BND 1.283746
BOB 6.909421
BRL 5.064099
BSD 0.99987
BTN 95.052482
BWP 13.460326
BYN 2.766446
BYR 19600
BZD 2.010971
CAD 1.396985
CDF 2295.000249
CHF 0.792715
CLF 0.022857
CLP 899.58987
CNY 6.771504
CNH 6.758375
COP 3492.51
CRC 454.839964
CUC 1
CUP 26.5
CVE 95.257224
CZK 20.794899
DJF 178.057103
DKK 6.438465
DOP 58.710207
DZD 133.035971
EGP 50.5059
ERN 15
ETB 157.556391
EUR 0.86146
FJD 2.237197
FKP 0.746148
GBP 0.744545
GEL 2.654996
GGP 0.746148
GHS 11.098441
GIP 0.746148
GMD 73.000177
GNF 8759.016889
GTQ 7.622133
GYD 209.191828
HKD 7.835275
HNL 26.736642
HRK 6.4921
HTG 130.733014
HUF 302.117986
IDR 17700.85
ILS 2.895905
IMP 0.746148
INR 94.605498
IQD 1309.835428
IRR 1375877.497487
ISK 124.219914
JEP 0.746148
JMD 158.489914
JOD 0.709021
JPY 160.112501
KES 129.410415
KGS 87.449929
KHR 4017.105093
KMF 425.999743
KPW 900.00035
KRW 1513.164968
KWD 0.30822
KYD 0.833312
KZT 488.937843
LAK 22017.191482
LBP 89543.518639
LKR 335.207982
LRD 181.97918
LSL 16.286467
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.372943
MAD 9.260766
MDL 17.462745
MGA 4172.605935
MKD 53.123774
MMK 2099.090156
MNT 3576.689019
MOP 8.070062
MRU 39.65617
MUR 47.11978
MVR 15.460063
MWK 1733.834392
MXN 17.19245
MYR 4.050499
MZN 63.903383
NAD 16.286467
NGN 1360.209963
NIO 36.793227
NOK 9.507465
NPR 152.084143
NZD 1.70965
OMR 0.3845
PAB 0.99987
PEN 3.400458
PGK 4.378213
PHP 60.315977
PKR 278.191957
PLN 3.656665
PYG 6122.413719
QAR 3.65522
RON 4.511963
RSD 101.116017
RUB 72.753171
RWF 1468.359898
SAR 3.753802
SBD 8.045573
SCR 13.696719
SDG 600.461434
SEK 9.369075
SGD 1.281385
SHP 0.746601
SLE 24.650278
SLL 20969.503664
SOS 571.465595
SRD 37.509502
STD 20697.981008
STN 21.165392
SVC 8.74865
SYP 110.532098
SZL 16.273163
THB 32.548502
TJS 9.318906
TMT 3.51
TND 2.933437
TOP 2.40776
TRY 46.278401
TTD 6.791931
TWD 31.515499
TZS 2617.503023
UAH 44.803507
UGX 3749.298086
UYU 40.387024
UZS 11975.292644
VES 581.95784
VND 26286
VUV 119.50104
WST 2.743493
XAF 566.677033
XAG 0.014146
XAU 0.00023
XCD 2.70255
XCG 1.801996
XDR 0.703376
XOF 566.677033
XPF 103.027947
YER 238.606089
ZAR 16.174195
ZMK 9001.204253
ZMW 17.467928
ZWL 321.999592
  • AEX

    0.9700

    1082.12

    +0.09%

  • BEL20

    -8.6100

    5728.68

    -0.15%

  • PX1

    94.3600

    8444.56

    +1.13%

  • ISEQ

    187.5400

    13679.48

    +1.39%

  • OSEBX

    -23.9400

    1971.34

    -1.2%

  • PSI20

    -46.3800

    9047.17

    -0.51%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    45.9400

    4299.68

    +1.08%

  • N150

    37.1200

    4303.82

    +0.87%

San Juan, une province argentine à sec, entre glaciers en souffrance, cultures, et mines à venir
San Juan, une province argentine à sec, entre glaciers en souffrance, cultures, et mines à venir / Photo: © AFP

San Juan, une province argentine à sec, entre glaciers en souffrance, cultures, et mines à venir

Le bleu tenace du ciel de San Juan se reflète moins qu'avant dans ses fleuves, au lit rétréci: la province argentine adossée aux Andes souffre d'un manque d'eau aigu lié au réchauffement climatique, et du recul des glaciers sur fond de boom minier.

Taille du texte:

Il est un vieux dicton à San Juan: "Ici dans certaines rivières, les poissons soulèvent de la poussière quand ils nagent !" Façon de souligner que la province a toujours été l'une des plus arides du pays, là où les Andes retiennent l'humidité venue du Pacifique. Il ne tombe que 100 millimètres de pluie par an en moyenne.

Mais là, "la situation est compliquée", s'inquiète Nicolas Yanzon, exploitant de raisin, luzerne et semences d'oignon à Sarmiento, une oasis agricole - grâce à l'irrigation - à 650 mètres d'altitude, dans cette zone de steppe andine pré-désertique.

Délégué des agriculteurs auprès de l'organisme local de l'eau, il assure à l'AFP que les producteurs locaux ne peuvent exploiter que "30 à 40% de leurs terres", faute d'eau. "Et il est probable que la crise s'accentue".

- "Pas le temps de fondre" -

L'irrigation provient presque exclusivement des fleuves San Juan et Jachal, alimentés par les neiges de la cordillère, et les quelque 4.000 glaciers que compte la province. Mais le réchauffement climatique les a fortement impactés, et les débits atteignent des plus bas historiques.

En 2000, le Groupe d'experts sur le climat (GIEC) de l'ONU avait réalisé des projections à 100 ans sur le débit du San Juan selon divers scénarios de hausse des températures mondiales.

En 25 ans, "le pire modèle de prévision de l'an 2000 a été dépassé par la réalité", souligne Silvio Pastore, directeur du Centre d'études de géocryologie, glaciologie, nivologie et changement climatique de l'Université de San Juan. Le débit du San Juan est à peu près à la moitié de ses moyennes du XXe siècle.

La faute, explique-t-il, à la diminution des chutes de neige dans la cordillère, et un processus de "sublimation" de la neige: en raison des hautes températures, elle "se dissipe à l'état gazeux (vapeur d'eau), avant même d'avoir eu le temps de fondre".

C'est "une superposition de phénomènes", poursuit le géophysicien: "le climat propre à une planète en période interglaciaire, sur lequel vient se greffer l'activité humaine, qui augmente la température moyenne".

- "Loi des glaciers" -

A la différence des glaciers de Patagonie, aux spectaculaires parois blanches tel le célèbre Perito Moreno, la plupart à San Juan sont des "glaciers rocheux", amas de débris et glace, ou des "glaciers couverts" de roche, que parfois seul un œil exercé parvient à distinguer du relief brun-gris de la montagne.

Leur rôle dans le système hydrique fait débat. M. Pastore estime qu'"ils ne contribuent pas à plus de 20% au débit du fleuve" San Juan. Mais son collègue glaciologue de l'UNSJ, Juan Pablo Milana, considère ces glaciers rocheux sous-étudiés, et leur attribue une importance stratégique supérieure.

"Quand il n'y a pas de neige, le glacier fournit deux à trois fois plus d'eau. C'est la seule réserve hydrique qui travaille trois fois plus que le reste", affirme-t-il à l'AFP. "Porter atteinte aux glaciers, c'est affecter directement le débit de base".

En revanche, ce qui ne fait pas débat est l'impact subi par les glaciers de la région: un recul de 17% sur les dix dernières années, selon l'Institut argentin de nivologie et de glaciologie (IANIGLA).

De glaciers, il a été beaucoup question en 2026 en politique argentine: en avril, le Parlement a voté une réforme, portée par l'ultralibéral Javier Milei, de la loi dite "des glaciers", qui depuis 2010 encadrait l'activité économique, minière notamment, en zones glaciaire et périglaciaire.

Le nouveau texte donne plus grande latitude aux provinces - l'Argentine étant un Etat fédéral - pour définir les zones "stratégiques" ou "pertinentes" protégées et autoriser ou pas, au cas par cas, l'activité minière.

Certaines provinces, souvent dotées d'un exécutif opposé à Milei, ont initié des recours en justice contre la loi, au nom du risque environnemental. D'autres, comme San Juan, sont au contraire favorables à une activité minière accrue. Avec, selon des sondages, une opinion publique locale ambivalente.

- "Soins intensifs" -

"Obligerait-on une personne en soins intensifs à donner son sang ?", interroge l'avocat militant écologiste de San Juan, Raul Orduña. "Notre système hydrique est en soins intensifs, et certains responsables politiques n'écoutent pas".

Une exploitation minière intensive à San Juan, une province de la taille de l'Autriche, est encore une lointaine perspective. Et chacun sait ici que l'agriculture consomme davantage d'eau que l'exploitation minière. Alors, les mines contre les cultures, dans une province où 3% du sol est cultivable, où chaque goutte d'eau compte ?

"On est dans un scénario de pénurie permanente", s'alarme le ministre provincial de la Production, Gustavo Fernandez. Pour lui, "40% de l'eau utilisée par l'agriculture pourrait être économisée" via des investissements en infrastructures et systèmes d'irrigation plus efficaces. Des revenus que génèreraient... les mines, suggère-t-il.

L'eau "appartient à tous. Il faut être juste, faire preuve de bon sens", médite Nicolas Yanzon en contemplant l'eau d'irrigation venue de la cordillère, ligne de vie de ses vignes. "Si une mine, ou une autre activité, modifie l'équilibre hydrique jusqu'à l'effondrement (...) il faut accepter qu'en certains endroits, ça ne pourra pas se faire".

X.Silva--TFWP