The Fort Worth Press - Violences sexuelles: sur TikTok, des témoignages viraux à double tranchant

USD -
AED 3.672504
AFN 66.503991
ALL 80.629676
AMD 365.091035
AOA 917.000367
ARS 1491.937897
AUD 1.417435
AWG 1.80125
AZN 1.70397
BAM 1.691649
BBD 2.00813
BDT 123.418242
BHD 0.375989
BIF 2985.079791
BMD 1
BND 1.277602
BOB 11.849673
BRL 5.083304
BSD 0.997016
BTN 94.875232
BWP 13.457596
BYN 2.968819
BYR 19600
BZD 2.00519
CAD 1.39515
CDF 2262.50392
CHF 0.80949
CLF 0.023206
CLP 913.315746
CNY 6.747604
CNH 6.743285
COP 3142.844787
CRC 453.228387
CUC 1
CUP 26.5
CVE 95.372573
CZK 20.982104
DJF 177.546166
DKK 6.46804
DOP 58.20179
DZD 132.308956
EGP 49.555853
ERN 15
ETB 160.923669
EUR 0.86495
FJD 2.20855
FKP 0.74148
GBP 0.742583
GEL 2.610391
GGP 0.74148
GHS 11.700039
GIP 0.74148
GMD 73.503851
GNF 8756.649224
GTQ 7.607144
GYD 208.588851
HKD 7.842304
HNL 26.723176
HRK 6.518804
HTG 130.363707
HUF 314.060388
IDR 17801
ILS 2.99985
IMP 0.74148
INR 95.210504
IQD 1306.058902
IRR 1375550.000352
ISK 123.340386
JEP 0.74148
JMD 158.335856
JOD 0.70904
JPY 157.80604
KES 129.014401
KGS 87.450384
KHR 4049.647537
KMF 426.00035
KRW 1407.860383
KWD 0.30866
KYD 0.830861
KZT 467.275008
LAK 22510.919863
LBP 89282.792025
LKR 334.420274
LRD 179.959348
LSL 16.197552
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.341738
MAD 9.29222
MDL 17.337716
MGA 4254.638239
MKD 53.219738
MMK 2099.549369
MNT 3595.852714
MOP 8.056654
MRU 40.080439
MUR 47.070378
MVR 15.450378
MWK 1728.841413
MXN 17.380378
MYR 4.090104
MZN 63.905039
NAD 16.197552
NGN 1364.860377
NIO 36.690741
NOK 9.51237
NPR 151.800372
NZD 1.701115
OMR 0.382693
PAB 0.997016
PEN 3.376465
PGK 4.406003
PHP 60.705038
PKR 276.796523
PLN 3.719205
PYG 5928.296501
QAR 3.644596
RON 4.536304
RSD 101.492021
RUB 81.598409
RWF 1466.072741
SAR 3.744756
SBD 8.065696
SCR 14.449077
SDG 600.503676
SEK 9.480804
SGD 1.269504
SLE 24.603667
SOS 569.822255
SRD 37.866504
STD 20697.981008
STN 21.191022
SVC 8.723782
SZL 16.194265
THB 33.050369
TJS 9.197509
TMT 3.51
TND 2.929032
TRY 47.697504
TTD 6.757774
TWD 32.250604
TZS 2639.622886
UAH 44.653894
UGX 3714.050945
UYU 40.133201
UZS 11924.058297
VES 755.762404
VND 26204.5
VUV 118.557141
WST 2.733716
XAF 567.363231
XAG 0.015731
XAU 0.00023
XCD 2.70255
XCG 1.796912
XDR 0.705618
XOF 567.363231
XPF 103.152705
YER 238.403589
ZAR 16.14632
ZMK 9001.203584
ZMW 18.818492
ZWL 321.999592
  • AEX

    -1.0000

    1111.47

    -0.09%

  • BEL20

    17.2800

    5777.71

    +0.3%

  • PX1

    14.7900

    8714.93

    +0.17%

  • ISEQ

    279.4200

    14320.37

    +1.99%

  • OSEBX

    6.0600

    2025.99

    +0.3%

  • PSI20

    -42.4300

    9181.38

    -0.46%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    70.8800

    4392.86

    +1.64%

  • N150

    3.4600

    4329.06

    +0.08%

Violences sexuelles: sur TikTok, des témoignages viraux à double tranchant
Violences sexuelles: sur TikTok, des témoignages viraux à double tranchant / Photo: © AFP/Archives

Violences sexuelles: sur TikTok, des témoignages viraux à double tranchant

Des récits de femmes ayant subi des violences sexuelles dépassent régulièrement le million de vues sur les réseaux sociaux. Une viralité profitable pour les comptes qui les recueillent et les diffusent, mais à double tranchant pour des victimes exposées sans filtre.

Taille du texte:

Shana, 25 ans, a voulu témoigner l'an dernier des viols qu'elle a subis. "Si j'ai vécu ça, autant que ça serve" pour aider d'autres victimes à parler, se dit la jeune femme, qui travaille dans l'événementiel à Paris.

Elle a d'abord choisi Pluriel, qui se présente comme un "média d'histoires fortes et singulières", spécialisé dans les témoignages face caméra.

Son récit dure plus d'une heure sur YouTube, mais il est aussi décliné dans des versions de quelques minutes sur TikTok: le nombre de vues explose. "Je crois qu'on était à 10 millions. Je ne m’attendais pas à ça", confie-t-elle à l’AFP.

D'autres la sollicitent dans la foulée, notamment Story Cube, dont les "histoires réelles terrifiantes" sont suivies par des centaines de milliers d'abonnés.

- "Vraiment atroces" -

Shana reçoit de nombreux messages de soutien, mais se se sent aussi démunie face aux appels à l'aide d'autres victimes et à des commentaires "vraiment atroces".

Elle demande alors à Story Cube de cesser de publier des extraits de son témoignage. En vain. "Eux m’ont répondu +c'est important qu'on entende ta voix, on n'a pas fait tout ça pour rien+".

"Si je n'étais pas armée" psychologiquement, "je me serais sûrement suicidée", lâche la jeune femme.

Séléna, 28 ans, a également subi la violence des commentaires après son témoignage devenu viral sur les viols que son frère lui a fait subir, d'abord diffusé par Pluriel.

Un internaute a par exemple écrit s'être masturbé "tout le long de la vidéo". "Ça n'avait pas été filtré", déplore-t-elle.

Séléna regrette aussi des titres qu'elle juge racoleurs. "C’était +me faire violer par mon frère m'a fait prendre 150 kilos+. Ca n'avait aucun rapport".

"Je suis à 108 viols", "je me mets à pleurer": les premières secondes de ce type de vidéos se veulent souvent accrocheuses.

Pour Shana, la découverte du montage a été douloureuse. Un passage dans lequel elle explique s’être "mise en danger" après ses agressions pour "se déconnecter", a été "totalement sorti de son contexte", estime-t-elle.

"Ils ont enlevé toute la partie où j'expliquais pourquoi !", confie-t-elle, alors qu'il s’agit d’un processus psychotraumatique fréquent chez les victimes de violences.

- "Du buzz pour du buzz" -

Sollicité par l’AFP, le groupe Prisma, qui possède Pluriel, a mis en avant son objectif de "permettre à des récits longtemps tus d'être entendus". Il a assuré vouloir renforcer "les garanties nécessaires pour que cette prise de parole se fasse dans un cadre protecteur".

Story Cube n'a pas répondu à nos demandes.

De son côté, TikTok explique tenir "à offrir un espace sûr permettant aux victimes de partager leur parcours de résilience et de libérer la parole".

Pour la psychiatre Muriel Salmona, spécialiste du psychotrauma, ces vidéos posent problème à deux titres: pour "la sécurité des personnes filmées et la sécurité des personnes qui regardent". Car "on ne leur donne pas les outils pour comprendre et savoir ce qu'il faut faire".

Céline Piques, porte-parole d'Osez Le Féminisme, déplore aussi qu'il n'y ait "même pas le numéro du Collectif féministe contre le viol ou le 3919 pour les violences conjugales", ni d'avertissement face à des récits pouvant "réactiver la mémoire traumatique".

"Sans nier la force du témoignage de ces femmes (...), c'est malheureusement l'idée de faire du buzz pour du buzz", estime la militante féministe.

Marquée par son expérience, Shana ne la regrette pas pour autant: "au moins, mon propos a été écouté", dit-elle.

Quant à Séléna, elle estime "avoir réussi sa mission" en aidant certaines personnes à parler, comme Gwendoline, qui a témoigné des viols subis par son enfant.

"J'étais fière, parce que je le fais pour mon fils. Peut-être qu'à force d’en parler, ça fera bouger les choses", espère la surveillante de nuit de 28 ans.

Même si elle déplore des erreurs liées au montage de son récit, elle raconte se sentir "moins seule" grâce à une "énorme vague de soutien".

F.Garcia--TFWP