The Fort Worth Press - Les banques européennes engrangent les bénéfices malgré la guerre

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Les banques européennes engrangent les bénéfices malgré la guerre
Les banques européennes engrangent les bénéfices malgré la guerre / Photo: © AFP/Archives

Les banques européennes engrangent les bénéfices malgré la guerre

Rien ne semble pouvoir freiner les performances financières des banques européennes, dont les bénéfices du premier trimestre en milliards d'euros ont été publiés ces jours-ci, pas même le déclenchement du conflit au Moyen-Orient.

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Le géant bancaire espagnol Banco Santander a par exemple vu son bénéfice net bondir de 12% sur un an entre janvier et mars, pour atteindre un niveau record de 3,56 milliards d'euros.

Jamais loin derrière, BNP Paribas affiche lui aussi un bénéfice net record au premier trimestre, à 3,2 milliards d'euros, en hausse de 9% sur un an, bien aidé par l'intégration dans ses résultats des activités de gestion d'actifs d'Axa.

Le géant italien Unicredit, qui voit son bénéfice bondir de 16,1% sur les trois premiers moins de l'année, franchit lui aussi la barre des 3 milliards d'euros de bénéfice net, à 3,2 milliards d'euros.

Malgré ces résultats, Guillaume Larmaraud, du cabinet de consultants Colombus consulting, voit "un début de signaux de dégradations liés au conflit au Moyen-Orient", mais pas encore "transcrits dans les chiffres du premier trimestre".

Les attaques israélo-américaines contre l'Iran ont surtout concerné le mois de mars, soit un seul tiers de la période de publication des résultats, débutée en janvier.

"Il faudra être vigilant sur la suite de l'année", prévient M. Larmaraud.

- Provisions -

En France, le Crédit Agricole et le groupe BPCE (qui rassemble entre autres les Caisses d'épargne et les Banques populaires) ont fait état de sommes mises de côté en lien direct avec les conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient.

Du fait de cette guerre, "nous provisionnons par rapport à des scénarios macroéconomiques qu'on estime dégradés", a expliqué la semaine dernière le patron du Crédit Agricole Olivier Gavalda lors d'un point avec des journalistes.

"Au bout d'un moment, un pétrole plus cher (...) va avoir des conséquences évidemment négatives pour la croissance française et européenne", a-t-il développé. De quoi peser sur la capacité de ses clients entreprises à bien rembourser leurs crédits.

Les quatre grand groupes bancaires français (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société générale et BPCE) totalisent cependant 8 milliards d'euros de bénéfice net sur les trois premiers mois de l'année, un tour de force.

Les banques françaises ont notamment pu compter sur un retour en grâce de leurs activités de détail, destinées à la clientèle de particuliers, sous pression pendant plusieurs années.

"Les résultats ont en tout cas montré une fois de plus la grande solidité des banques françaises", a commenté lundi au micro de BFM Business le patron du lobby bancaire français, Daniel Baal, patron du Crédit Mutuel.

"Et ça, c'est quand même en soi une bonne nouvelle", s'est-il félicité. "On a la chance d'avoir des banques françaises qui sont solides".

- "Effet domino" -

Outre-Manche, c'est l'effondrement du prêteur hypothécaire britannique Market Financial Solutions (MFS) que les analystes ont guetté dans les publications des résultats bancaires.

Les pertes de crédit du géant bancaire HSBC ont par exemple grimpé à 1,3 milliard de dollars, reflétant principalement une charge de 400 millions de dollars liée à une "fraude" associée à MFS, a annoncé mardi la banque.

"Il s'agit d'une fraude isolée. Elle nous concerne de manière indirecte, via une exposition secondaire", a déclaré la directrice financière d'HSBC, Pam Kaur, lors d'une conférence téléphonique avec les médias.

La banque britannique Barclays a également annoncé la semaine dernière un impact lié à MFS.

Le secteur financier est en ce moment particulièrement attentif aux prêteurs non bancaires, comme les fonds de crédit privé qui ont fait face ces derniers mois à des demandes importantes de retraits d'argent de la part des investisseurs américains, signe d'un manque de confiance dans ces fonds.

"Ce n'est pas évident d'identifier l'impact potentiel sur l'ensemble des banques", admet M. Larmaraud.

"Le discours se veut assez rassurant pour l'instant" mais "c'est un peu l'effet domino qui est potentiellement redouté", selon lui.

J.P.Cortez--TFWP