The Fort Worth Press - Les choses de la vie "nous manquent": des habitants de Téhéran à bout après un mois de guerre

USD -
AED 3.672501
AFN 64.999687
ALL 81.224987
AMD 363.78709
ANG 1.790365
AOA 917.999745
ARS 1524.905897
AUD 1.434535
AWG 1.8
AZN 1.696475
BAM 1.724805
BBD 2.015945
BDT 123.059285
BGN 1.683441
BHD 0.377275
BIF 2999.201894
BMD 1
BND 1.278733
BOB 12.066054
BRL 5.202298
BSD 1.000873
BTN 96.019508
BWP 13.66687
BYN 3.021227
BYR 19600
BZD 2.013035
CAD 1.418095
CDF 2310.000173
CHF 0.83315
CLF 0.024655
CLP 973.510297
CNY 6.70335
CNH 6.70749
COP 3335.5
CRC 456.028644
CUC 1
CUP 24.021307
CVE 97.549832
CZK 21.5166
DJF 178.23284
DKK 6.584245
DOP 59.51919
DZD 133.780307
EGP 51.969037
ERN 15
ETB 160.950057
EUR 0.88077
FJD 2.24225
FKP 0.756991
GBP 0.753585
GEL 2.604973
GGP 0.756991
GHS 11.665675
GIP 0.756991
GMD 73.566982
GNF 8754.999889
GTQ 7.641734
GYD 209.423022
HKD 7.84605
HNL 26.875022
HRK 6.634403
HTG 130.986922
HUF 322.71695
IDR 17896
ILS 3.064495
IMP 0.756991
INR 95.850502
IQD 1310
IRR 1693792.497048
ISK 120.489872
JEP 0.756991
JMD 158.451729
JOD 0.709027
JPY 157.030503
KES 129.749656
KGS 87.448298
KHR 4054.999653
KMF 435.000529
KPW 900.000318
KRW 1353.564957
KWD 0.30878
KYD 0.834094
KZT 439.39414
LAK 22439.999501
LBP 89550.000434
LKR 331.304954
LRD 171.449871
LSL 16.39751
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.409303
MAD 9.693763
MDL 17.76106
MGA 4399.999971
MKD 54.302533
MMK 2099.600314
MNT 3599.1704
MOP 8.089002
MRU 40.075038
MUR 47.760113
MVR 15.449816
MWK 1736.99968
MXN 18.07729
MYR 4.078802
MZN 63.910313
NAD 16.397293
NGN 1327.469896
NIO 36.66498
NOK 9.602895
NPR 153.629004
NZD 1.770425
OMR 0.384496
PAB 1.00086
PEN 3.442499
PGK 4.443989
PHP 62.664506
PKR 276.584438
PLN 3.847985
PYG 5879.655352
QAR 3.642987
RON 4.649101
RSD 103.484984
RUB 84.051135
RWF 1476
SAR 3.755513
SBD 8.032647
SCR 13.918711
SDG 601.504675
SEK 9.986635
SGD 1.27675
SHP 0.755829
SLE 24.650051
SLL 20969.491881
SOS 571.447903
SRD 37.753014
STD 20697.981008
STN 21.725
SVC 8.758075
SYP 13002.000254
SZL 16.389779
THB 33.564497
TJS 9.213253
TMT 3.51
TND 2.981502
TOP 2.40776
TRY 49.0162
TTD 6.78978
TWD 31.872701
TZS 2652.498008
UAH 44.894921
UGX 3923.539917
UYU 40.126641
UZS 11834.999859
VES 857.98905
VND 25967.5
VUV 119.008285
WST 2.76852
XAF 577.747352
XAG 0.016366
XAU 0.000238538807
XCD 2.70255
XCG 1.803823
XDR 0.707052
XOF 577.747352
XPF 105.62501
YER 236.406916
ZAR 16.39123
ZMK 9001.211096
ZMW 19.592384
ZWL 321.999592
SSP 5712.591901
MXV 2.046309
  • AEX

    3.2000

    1105.55

    +0.29%

  • BEL20

    -25.9400

    5737.76

    -0.45%

  • PX1

    -7.3300

    8131.86

    -0.09%

  • ISEQ

    5.7300

    14337.15

    +0.04%

  • OSEBX

    1.2600

    2108.79

    +0.06%

  • PSI20

    21.1600

    9638.63

    +0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.9400

    4631.6

    -0.45%

  • N150

    -6.4200

    4271.03

    -0.15%

Les choses de la vie "nous manquent": des habitants de Téhéran à bout après un mois de guerre
Les choses de la vie "nous manquent": des habitants de Téhéran à bout après un mois de guerre / Photo: © AFP

Les choses de la vie "nous manquent": des habitants de Téhéran à bout après un mois de guerre

Pour Fatemeh, réussir à se rendre au café du coin illumine sa journée, dans une capitale iranienne sous le feu israélo-américain depuis maintenant un mois.

Taille du texte:

"Quand j'arrive à me poser à une table, ne serait-ce que quelques minutes, je me prends à imaginer que ce n'est pas la fin du monde", confie à l'AFP cette assistante dentaire de 27 ans.

"C'est comme si je m'échappais de cette maudite guerre pour plonger dans une journée ordinaire, ou du moins pour imaginer un monde qui ne soit pas envahi par la peur constante de perdre la vie, ou de perdre un être cher ou tout ce que l'on possède".

Si elle a bien dormi, si la nuit n'a pas été trop interrompue par les bombardements, elle se met du fard à paupières et une tenue un peu chic pour sortir. "Et puis dès que je rentre chez moi, je retourne à la réalité de la vie en temps de guerre, avec toute sa noirceur et son poids", souffle-t-elle.

- Cuisiner pour oublier -

Cafés et restaurants ouverts, pas de pénurie dans les supermarchés et stations-service: Téhéran s'accroche à un semblant de routine mais pour les habitants joints par des journalistes de l'AFP depuis Paris, plus rien n'est normal.

Ceux qui ont accepté de témoigner ont préféré taire leur nom de famille par peur de représailles des autorités.

Contrôles de sécurité sur des avenues autrefois paisibles, coupure d'internet et rubans adhésifs apposés sur les fenêtres pour éviter que des éclats de projectiles ne les brisent : ils racontent l'omniprésence de la guerre. Et avec elle, l'angoisse de l'avenir dans un pays en plein marasme économique.

"J'essaie de rester forte pour ma fille. Mais quand je pense à l'avenir, je n'arrive pas à me faire une image claire dans mon esprit à laquelle je puisse m'accrocher", raconte Shahrzad, 39 ans, femme au foyer, qui dit "ne sortir que si c'est absolument nécessaire".

"La seule chose qui me reste de ma vie d'avant-guerre et qui m'aide à garder le moral, c'est la cuisine", poursuit-elle. "Parfois, je me surprends à pleurer en plein milieu. Les jours ordinaires me manquent. Une vie où je n'avais pas à penser constamment aux explosions et à la mort".

- "Rester en vie" -

Même sentiment du côté d'Elnaz, une peintre de 32 ans.

"Sortir le soir ou simplement pouvoir me rendre dans un autre quartier de la ville, faire mes courses ailleurs que dans la petite épicerie ou la boulangerie de ma rue, lire dans un café, aller au parc... toutes ces choses très, très simples me manquent".

"Et plus que tout, ce qui me manque, c'est une nuit de sommeil paisible", ajoute-t-elle, alors que certaines nuits, les attaques sont si intenses qu'elle a l'impression que "tout Téhéran tremble".

"Tout se résume à une seule chose: la survie. Je ne pense qu'à rester en vie avec ceux que j'aime: mes amis, ma famille et les habitants de ma ville", plus soudés "que jamais en ces temps difficiles".

"Il y a de l'essence, de l'eau et de l'électricité", souligne de son côté Shayan, photographe de 40 ans. "Nous continuons à sortir" et "nous avons essayé" de fêter Norouz, le nouvel an persan, mais "nous ressentons tous un sentiment d'impuissance".

Une ambiance morose alimentée par les portraits d'enfants tués dans la guerre, qui s'exposent à la vue des passants dans la capitale. Tandis qu'au milieu des décombres de bâtiments en ruine, flottent des drapeaux géants de la République islamique.

- Patrouilles -

D'autres, comme Kaveh, artiste plasticien de 38 ans, raconte les patrouilles des forces de sécurité et des partisans du pouvoir, qui multiplient les contrôles à Téhéran afin d'empêcher toute manifestation contre la République islamique.

En ville, les passants doivent souvent franchir "plusieurs checkpoints sur une seule journée, chacun géré par des groupes différents".

"Les voitures sont fouillées, les téléphones contrôlés, et des mois de frustration accumulée se déversent" sur de simples citoyens, décrit-il.

Il y a quelques jours, Kaveh a ramassé un fragment de missile qui a frappé à 50 mètres de chez lui, pour en faire une oeuvre d'art dès qu'il en aura l'occasion.

Il se souvient de vitres brisées et de poussière tombant du ciel, et s'interroge lui aussi sur "l'avenir du pays et de son peuple, et sur ce qui pourrait réellement améliorer les choses". Voilà la "principale préoccupation" des Iraniens, dit-il.

G.Dominguez--TFWP