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L'opposante vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix Maria Corina Machado estime que la doctrine socialiste héritée d'Hugo Chavez au Venezuela est "irrémédiablement affaiblie" et "en train de s'effondrer", dans un entretien accordé mardi à l'AFP à Houston.
"En effet, suivant les instructions du président Trump, ils (le gouvernement de Delcy Rodriguez) démantèlent leurs propres structures répressives et corrompues. C'est une étape cruciale pour avancer vers la transition", dit-elle.
Maria Corina Machado, qui participe cette semaine dans le Texas à la CERAWeek, forum mondial du secteur de l'énergie, assure que, lorsque de nouvelles élections présidentielles seront organisées dans son pays, elle sera "partie prenante de ce processus électoral" et que "les Vénézuéliens décideront librement de qui ils veulent" pour diriger le Venezuela.
Peu après la capture début janvier du président vénézuélien Nicolas Maduro, désormais détenu aux Etats-Unis, Donald Trump avait estimé que Mme Machado n'était pas qualifiée pour diriger son pays.
Il avait ensuite changé de discours et affirmé vouloir l'"impliquer".
Depuis leur rencontre en janvier lors de laquelle l'opposante lui a offert la médaille de son prix Nobel, Maria Corina Machado a assuré avoir "parlé à nouveau au président Trump".
"Cependant, le contenu de nos conversations est privé. Bien sûr, nous parlons de tous les sujets qui touchent au Venezuela", déclare-t-elle.
- "Sans précédent" -
Malgré ses vastes réserves d'hydrocarbures, le pays sud-américain est passé au second plan pour les acteurs de l'énergie en raison de l'embargo pétrolier américain, de la mainmise de l'Etat et d'un appareil de production en déréliction.
Mais la capture de Nicolas Maduro a changé la donne et Washington s'efforce maintenant de contrôler l'exploitation des réserves d'hydrocarbures du pays.
"L'ouverture du secteur pétrolier, telle que nous la mettons en place, est sans précédent dans le pays", assure Maria Corina Machado.
"Il s'agit d'une privatisation à 100%, dans laquelle l'Etat a un rôle de régulateur et encourage, promeut et protège les investissements étrangers", selon elle.
Pour l'opposante, le Venezuela "a des coûts de production compétitifs". "Ce qui lui manque est le cadre institutionnel et les conditions de sécurité nécessaires aux investissements à long terme. Et cela est en train de se construire".
Après avoir dirigé le pays d'une main de fer, Nicolas Maduro, qui avait succédé à son mentor Hugo Chavez, a été remplacé par celle qui était sa vice-présidente, Delcy Rodriguez.
Cette dernière multiplie les concessions et gestes d'apaisement à l'égard des Etats-Unis, tandis que Donald Trump répète à l'envi que c'est lui qui dirige désormais de facto le pays depuis Washington.
Emprisonné à New York depuis sa capture, Nicolas Maduro retrouve jeudi le tribunal de Manhattan devant lequel il est accusé d'avoir favorisé un trafic international de drogue.
"Je suis très émue par ce qui (...) se passe au Venezuela aujourd'hui. D'une part à cause du drame humain (...) et d'autre part par l'immense attente suscitée par l'action du président Trump et le fait que Nicolas Maduro soit traduit devant la justice internationale", témoigne Mme Machado.
A.Nunez--TFWP