The Fort Worth Press - Trump veut choisir le prochain dirigeant iranien, Beyrouth craint le pire

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Trump veut choisir le prochain dirigeant iranien, Beyrouth craint le pire
Trump veut choisir le prochain dirigeant iranien, Beyrouth craint le pire / Photo: © AFP

Trump veut choisir le prochain dirigeant iranien, Beyrouth craint le pire

Donald Trump a exigé jeudi "d'être impliqué" dans le choix du successeur du guide suprême iranien Ali Khamenei, au sixième jour d'une guerre au Moyen-Orient qui menace la banlieue sud de Beyrouth d'un terrifiant déluge de feu israélien.

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"Le fils de Khamenei n'est pas acceptable", a déclaré le président américain. "Nous voulons quelqu'un qui apporte la paix et l'harmonie à l'Iran", a-t-il ajouté, mentionnant une des personnalités citées pour succéder au guide suprême tué samedi.

Téhéran affiche pour sa part une détermination intacte. Son chef de la diplomatie Abbas Araghchi a affirmé à la chaîne américaine NBC ne chercher ni "cessez-le-feu" ni "négociations". Son armée se prépare "à toute éventualité, même à un débarquement", qui constituerait selon lui "un désastre" pour ses ennemis.

Des informations de presse, démenties à Washington, font état d'un possible soutien américain à des milices kurdes pour renverser le pouvoir iranien. L'Iran a déjà affirmé avoir frappé la région autonome du Kurdistan irakien.

L'offensive américano-israélienne sur l'Iran, conçue pour empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire, recompose les rapports de force régionaux.

- Beyrouth en panique -

Et la panique s'est emparée de Beyrouth, après un appel inédit d'Israël jeudi à évacuer la banlieue sud de la capitale. Des embouteillages monstres se sont immédiatement formés dans ce bastion du Hezbollah pro-iranien, habité par des centaines de milliers de personnes.

"Tout doit être fait pour empêcher que ce pays (...) soit à nouveau entraîné dans la guerre", a déclaré sur X le président français Emmanuel Macron, répondant à un appel en ce sens de son homologue libanais Joseph Aoun. M. Macron a promis "l'envoi immédiat" d'une aide humanitaire pour les réfugiés fuyant le sud du pays.

Selon le ministère libanais de la Santé, au moins 102 personnes ont été tuées et 638 blessées, avec quelque 83.000 déplacés depuis lundi, un bilan susceptible d'augmenter.

En Israël, le ministre des Finances Bezalel Smotrich a promis à Dahiyeh, la banlieue sud de Beyrouth, le même sort que Khan Younès, une ville de la bande de Gaza totalement dévastée par la guerre entre Israël et le Hamas depuis octobre 2023.

- "Brutalement massacré" -

Téhéran a été de son côté encore frappée, notamment en début de journée. Son stade Azadi a été réduit en cendres, comme en témoignent des photos de l'AFP. L'agence officielle Irna évoque un bilan de 1.230 morts depuis samedi, des chiffres que l'AFP n'est pas en mesure de vérifier.

"Je n'ai pas peur", a assuré un Iranien de Téhéran, âgé de 30 ans. "L'espoir est la seule chose qu'il nous reste aujourd'hui", a-t-il ajouté sans décliner son identité.

Selon l'ONU, 100.000 personnes ont fui la ville durant les deux premiers jours du conflit. La capitale reprenait quelques couleurs par rapport au début de semaine, avec davantage de circulation. Mais des hommes armés contrôlaient aléatoirement les grands axes, a constaté l'AFP.

L'internet ne fonctionne guère qu'"autour de 1% de son niveau habituel", selon l'ONG NetBlocks. Des habitants de la capitale contactés depuis Paris ont indiqué à l'AFP avoir été avertis que des connections répétées leur vaudrait le blocage de leur ligne et une procédure judiciaire.

L'Iran réplique aux frappes américano-israéliennes avec ses drones et missiles. Il a dit viser jeudi l'aéroport de Tel-Aviv et une base radar du nord d'Israël et ciblé une base américaine au Koweit ainsi qu'Erbil, dans le nord de l'Irak.

La télévision d'Etat a affirmé que des drones avaient atteint le porte-avions américain Abraham Lincoln, déployé dans la région. Sans confirmation.

Des déflagrations ont aussi résonné au Qatar et à Bahrein, où une frappe de missile a provoqué un incendie dans la principale raffinerie de pétrole avant d'être maîtrisé. A Abou Dhabi, sept employés népalais et pakistanais ont été blessés dans une zone industrielle émiratie.

L'Iran dément en revanche avoir visé l'Azerbaïdjan où, selon Bakou, deux personnes ont été blessées par des drones iraniens dans la région de Nakhitchevan.

- Les Occidentaux s'organisent -

L'Europe, elle, se mobilise prudemment. Rome envoie des "systèmes de défense aérienne, antidrones et antimissiles" dans le Golfe, et une frégate espagnole accompagnera le porte-avions français Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale avec des bâtiments grecs.

Quatre jours après une frappe sur la base britannique d'Akrotiri (Chypre), Londres a déployé quatre avions de combat Typhoon au Qatar, rejoignant un navire de guerre équipé d'un système de missiles et des hélicoptères antidrones.

L'Australie a déployé deux avions militaires. Même le Canada, qui jugeait les frappes contre l'Iran "contraires au droit international", n'exclut plus une participation de ses forces.

Quant à l'Otan, elle a renforcé sa "posture" en matière de défense antimissile balistique, "jusqu'à ce que la menace posée par la poursuite des attaques à l'aveugle de l'Iran dans la région diminue".

Entre panique des marchés, volatilité des cours et ralentissement des flux commerciaux, les milieux d'affaires craignent le grand plongeon. L'économie mondiale est "de nouveau mise à l'épreuve", a averti le Fonds monétaire international (FMI).

Les Gardiens de la Révolution bloquent de facto le trafic dans le détroit d'Ormuz, par où transitent 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

"Nous n'avons aucune intention" de le fermer, a assuré Abbas Araghchi. "Ce sont les navires et pétroliers qui ne tentent pas de le traverser, car ils craignent d'être touchés par l'un ou l'autre camp".

Mais aucune volonté d'apaisement n'émerge, ni d'un côté ni de l'autre. Selon le ministre israélien de la Défense, son homologue américain lui a confirmé son blanc-seing: "continuez jusqu'au bout, nous sommes à vos côtés".

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