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Dassault Aviation a vu son bénéfice net et ses ventes progresser en 2025 grâce au succès du Rafale à l'export et malgré un contexte "incertain", au moment où des dissensions font craindre l'abandon d'un projet emblématique d'avion de combat.
Le bénéfice net du constructeur aéronautique, présent aussi bien dans l'industrie de défense que les avions civils, a progressé de 5,7% à 977 millions d'euros. Le chiffre d'affaires a bondi de 18,5% à 7,4 milliards d'euros, a précisé l'entreprise mercredi dans un communiqué.
Ces chiffres prennent en compte une surtaxe d'impôts en France, qui a pesé sur le bénéfice net à hauteur de 96 millions d'euros, a noté le groupe. Ce dernier avait relevé ses objectifs de ventes 2025 en début d'année 2026, de 6,5 milliards à "au-dessus de 7 milliards", un total finalement dépassé.
"Les contextes militaires, géopolitiques et budgétaires, couplés aux droits de douane, créent de l'incertitude sur l'activité. Parallèlement, la pression fiscale dégrade la compétitivité de la société", a déclaré le PDG du groupe, Eric Trappier, cité dans le communiqué.
En outre, "nous restons dans l'incertitude pour le Scaf", projet de l'avion de combat du futur entre la France, l'Allemagne et l'Espagne où Dassault Aviation représente la France, a-t-il poursuivi.
Airbus, qui représente de son côté l'Allemagne et l'Espagne, a ouvert il y a deux semaines la porte à une solution à deux avions de combat "si nos clients l'exigent". Cela signifierait un échec cinglant pour ce projet emblématique de coopération dans la défense européenne.
- Hypothèque sur le Scaf -
Le chancelier allemand Friedrich Merz a publiquement douté des perspectives d'avenir du Scaf (système de combat aérien du futur) sur fond de tensions entre Airbus et Dassault Aviation, tandis que l'Elysée a affirmé que le président Emmanuel Macron jugeait "incompréhensible" que les divergences ne soient pas "surmontées".
Le prédécesseur du Scaf, le Rafale, qui connaît une carrière commerciale tardive mais vigoureuse, "a confirmé son succès en 2025, avec la livraison du 300e Rafale et la commande de 26 Rafale par la Marine indienne", a fait valoir Eric Trappier mercredi.
Concernant la possible acquisition par l'Inde de 114 Rafale supplémentaires, annoncée en début d'année, la décision indienne d'entrer en négociation "renforce la nécessité du +Make in India+ déjà accentué en 2025 avec la prise de contrôle majoritaire de DRAL (Dassault Reliance Aerospace Limited, NDLR) et des partenariats notamment avec Tata Advanced Systems et d'autres acteurs industriels indiens", a souligné Dassault.
Mener à bien cette négociation fait partie des objectifs du groupe pour l'année en cours, tout comme respecter ses engagements de livraisons de Rafale et d'avions d'affaires Falcon "en réduisant les cycles et les heures de fabrication".
Dassault Aviation a livré 26 Rafale l'année dernière contre 21 en 2024, et a ainsi dépassé son objectif de 25. Le groupe a en revanche raté son but de remettre 40 Falcon à ses clients, ne parvenant à en livrer que 37, davantage toutefois que les 31 de 2024.
Les 26 Rafale livrés en 2025 l'ont été majoritairement à des pays étrangers: 15 exemplaires contre 11 aux forces françaises. Le rythme de livraison de ces avions de combat a été multiplié par deux par rapport à 2023.
Parallèlement, Dassault Aviation a reçu 26 nouvelles commandes de Rafale pour l'export l'année dernière, de la part de l'Inde, après 30 en 2024. Les Falcon, jets d'affaires haut de gamme, ont quant à eux suscité 31 nouvelles commandes contre 26 l'année précédente.
Le carnet de commandes s'établit à 46,6 milliards d'euros, comprenant 220 Rafale et 73 Falcon.
Le groupe a livré plus de 10.000 avions militaires et civils dans plus de 90 pays en près d'un siècle dont 2.700 Falcon.
C.M.Harper--TFWP