The Fort Worth Press - Pour les Argentins endettés, acheter, revendre: objectif boucler le mois

USD -
AED 3.672501
AFN 62.506089
ALL 82.669181
AMD 376.230888
ANG 1.790083
AOA 917.000205
ARS 1397.419905
AUD 1.435039
AWG 1.80225
AZN 1.698168
BAM 1.684191
BBD 2.010067
BDT 122.460754
BGN 1.709309
BHD 0.377554
BIF 2964.056903
BMD 1
BND 1.276953
BOB 6.911428
BRL 5.232697
BSD 0.997972
BTN 93.511761
BWP 13.674625
BYN 2.954524
BYR 19600
BZD 2.007225
CAD 1.37798
CDF 2277.502199
CHF 0.790095
CLF 0.023245
CLP 917.859895
CNY 6.892698
CNH 6.89933
COP 3705.32
CRC 464.994123
CUC 1
CUP 26.5
CVE 94.953305
CZK 21.086056
DJF 177.721517
DKK 6.448165
DOP 59.786189
DZD 132.455879
EGP 52.712803
ERN 15
ETB 154.279108
EUR 0.86298
FJD 2.24025
FKP 0.747226
GBP 0.747695
GEL 2.705024
GGP 0.747226
GHS 10.903627
GIP 0.747226
GMD 73.494926
GNF 8747.24442
GTQ 7.642594
GYD 208.863457
HKD 7.826905
HNL 26.426305
HRK 6.498703
HTG 130.855608
HUF 336.068985
IDR 16911
ILS 3.12835
IMP 0.747226
INR 93.932503
IQD 1307.361768
IRR 1313025.000474
ISK 124.089799
JEP 0.747226
JMD 157.486621
JOD 0.70901
JPY 159.030989
KES 129.699735
KGS 87.448502
KHR 4005.063378
KMF 425.999908
KPW 900.014346
KRW 1499.749794
KWD 0.30638
KYD 0.831676
KZT 481.782876
LAK 21486.820464
LBP 89375.339068
LKR 313.699656
LRD 183.13807
LSL 17.013787
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.362944
MAD 9.303745
MDL 17.455028
MGA 4166.899883
MKD 53.155845
MMK 2100.167588
MNT 3569.46809
MOP 8.04266
MRU 39.802636
MUR 46.459912
MVR 15.460083
MWK 1730.481919
MXN 17.755035
MYR 3.95603
MZN 63.909826
NAD 17.013787
NGN 1375.60972
NIO 36.726715
NOK 9.71795
NPR 149.61272
NZD 1.72145
OMR 0.384501
PAB 0.997963
PEN 3.451997
PGK 4.309899
PHP 60.082988
PKR 278.8205
PLN 3.68605
PYG 6511.920293
QAR 3.639338
RON 4.396498
RSD 101.327022
RUB 80.505242
RWF 1459.995436
SAR 3.753487
SBD 8.041975
SCR 14.903229
SDG 600.999956
SEK 9.33675
SGD 1.279698
SHP 0.750259
SLE 24.60458
SLL 20969.510825
SOS 570.306681
SRD 37.340034
STD 20697.981008
STN 21.09741
SVC 8.732681
SYP 110.948257
SZL 17.012336
THB 32.747502
TJS 9.575933
TMT 3.51
TND 2.927264
TOP 2.40776
TRY 44.35175
TTD 6.780508
TWD 31.967501
TZS 2567.558971
UAH 43.82926
UGX 3737.239351
UYU 40.671515
UZS 12175.463071
VES 458.87816
VND 26349.5
VUV 119.508072
WST 2.738201
XAF 564.849586
XAG 0.013713
XAU 0.00022
XCD 2.70255
XCG 1.798634
XDR 0.702492
XOF 564.869043
XPF 102.697908
YER 238.598421
ZAR 16.971984
ZMK 9001.199646
ZMW 18.887324
ZWL 321.999592
  • AEX

    7.3100

    981.49

    +0.75%

  • BEL20

    75.6600

    5020.72

    +1.53%

  • PX1

    91.3800

    7835.39

    +1.18%

  • ISEQ

    255.2400

    12351.87

    +2.11%

  • OSEBX

    -0.3900

    1955.78

    -0.02%

  • PSI20

    9.7700

    8892.1

    +0.11%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -57.9900

    3544.03

    -1.61%

  • N150

    35.1800

    3817.49

    +0.93%

Pour les Argentins endettés, acheter, revendre: objectif boucler le mois
Pour les Argentins endettés, acheter, revendre: objectif boucler le mois / Photo: © AFP

Pour les Argentins endettés, acheter, revendre: objectif boucler le mois

Dans des déballages de rue toujours plus vastes, sur les réseaux sociaux, à leurs voisins, ils vendent, achètent, revendent. Pour générer une mini-marge, tenir jusqu'à la fin de mois. Dans l'Argentine de Javier Milei à la veille de législatives, austérité et endettement intensifient les stratégies de résilience.

Taille du texte:

Sur 20 pâtés de maisons, presque deux kilomètres, s'étire la "feria" de Villa Fiorito, faubourg populaire du grand Buenos Aires. Foire informelle, où dimanche s'entassent sur des couvertures à même le sol, des inventaires improbables: de vieux bacs à glaçons, un thermos sans bouchon, un pantalon, des revues, de l'électroménager délabré, des produits vaisselle...

Tout est bon, explique une de ces "manteras" (de "manta", couverture), Gladys Gutierrez, 46 ans, qui étale produits de toilette, savons, lotions, vêtements... Et raconte le jonglage permanent aux petites affaires, à même la foire, sous le regard de Diego Maradona, l'idole née dans le quartier et dont les fresques recouvrent les murs.

"Si je vois quelque chose bon marché, je l'achète et je le revends, et la plupart des voisins font pareil. Ils achètent, revendent, ainsi de suite, pour gagner un sou de plus".

Martin Gonzalez, "cartonero", ramasseur-récupérateur, dit aller régulièrement à la capitale aux riches poubelles, à 20 kilomètres, "pour récupérer des choses, qu'on ramène ici et qu'on revend, pour le quotidien".

- Endettement record -

Parfois "ça suffit pour le repas de midi, après il faut repartir chercher", explique-t-il devant son stand éclectique: un tuyau, des carafes, un débouche-évier, des casques de chantier..

"Les gens sont fatigués, en colère", gémit Gladys Gutierrez. Dont le mari, maçon qualifié, est sans travail "depuis un bon moment".

Plus de 200.000 emplois, entre public et privé, ont été perdus au cours des deux ans d'austérité budgétaire du président, l'ultralibéral Javier Milei, avec le secteur de la construction en première ligne, via le gel de chantiers publics.

Ces pertes d'emploi, une activité économique anémiée, ont empêché une majorité d'Argentins de ressentir les bienfaits d'une inflation maîtrisée. A fortiori dans un pays où plus de 40% l'emploi est informel. Comme en grande partie ici, à Villa Fiorito,

Selon un rapport de la Banque centrale, le taux de défaillance financière des ménages a augmenté en août pour le dixième mois consécutif, pour atteindre 6,6% du total des crédits, record depuis la création de cet indice en 2008.

Ici, "des gens s'endettent pour manger, dans le meilleur des cas s'endettent pour monter un petit négoce, mais à des taux exorbitants", explique Matias Mora, politologue lui-même originaire de Villa Fiorito. Où peu ont accès au crédit, donc dépendent de prêteurs informels, appliquant des intérêts jusqu'à 40%, 50%.

- Ecosystème de survie -

Javier Milei se targue d'avoir fait baisser la pauvreté en 12 mois, en partie grâce à l'inflation jugulée, et un effort soutenu sur les allocations aux plus pauvres.

Mais à Fiorito, fief péroniste (opposition de centre-gauche), il n'a guère à attendre des législatives de mi-mandat dimanche: en 2023 à la présidentielle, il y avait obtenu un pâle 27% (55,7% au niveau national).

Néanmoins, l'endettement, le pluri-emplois contraint, les ventes informelles, n'ont nullement commencé avec le gouvernement Milei, souligne M. Mora. Par contre, avec lui, ils se sont "approfondis et aggravés".

Selon une étude en mai du cabinet privé IETSE, 91% des ménages argentins étaient endettés: des dettes contractées, à plus de 85%, en 2024 ou 2025.

"Cela me rappelle beaucoup 2001", dit Juana Sena, 71 ans, en référence aux heures de la grande crise financière de 2001, qui mena à une explosion sociale (39 morts): "Aux coins de rue, on voit sur des tables des gens vendre des pâtisseries ou pains faits maison, on voit des vêtements à vendre, exposés aux fenêtres".

En plus de ces ventes de rue, relève Matias Mora, se développe tout un monde de "manteros numériques", où des milliers de participants, répartis par zones, vendent une poussette, un meuble, un plat maison... Dans l'urgence, le plus souvent. "A ce prix-là, parce que j'ai besoin de l'argent aujourd'hui. Merci d'écrire en privé", indiquait une annonce cette semaine.

"C'est un nouvel écosystème (...) une logique de survie", estime M. Mora. "Les gens se débrouillent" et font preuve d'ingéniosité pour joindre les deux bouts, mais "au détriment de la santé mentale, de la santé physique, en s'épuisant".

J.M.Ellis--TFWP