The Fort Worth Press - "Erreur 404" : retour sur 48 heures de chaos en Afghanistan

USD -
AED 3.672504
AFN 64.999873
ALL 81.096581
AMD 366.172094
AOA 916.999721
ARS 1494.266803
AUD 1.427766
AWG 1.8025
AZN 1.700129
BAM 1.69944
BBD 2.01651
BDT 123.63036
BHD 0.377547
BIF 2962.071512
BMD 1
BND 1.284007
BOB 12.189251
BRL 5.104104
BSD 1.001173
BTN 95.404266
BWP 13.616892
BYN 2.926706
BYR 19600
BZD 2.013642
CAD 1.404255
CDF 2262.00023
CHF 0.809755
CLF 0.02343
CLP 925.160161
CNY 6.7526
CNH 6.75656
COP 3243.88
CRC 454.794282
CUC 1
CUP 26.5
CVE 95.811791
CZK 21.02545
DJF 178.285615
DKK 6.49292
DOP 58.078811
DZD 132.979031
EGP 50.119298
ERN 15
ETB 161.598123
EUR 0.868599
FJD 2.217899
FKP 0.741746
GBP 0.74445
GEL 2.609894
GGP 0.741746
GHS 11.699179
GIP 0.741746
GMD 73.999924
GNF 8791.76261
GTQ 7.638868
GYD 209.792762
HKD 7.842196
HNL 26.835817
HRK 6.5475
HTG 130.903245
HUF 316.200498
IDR 17971.1
ILS 3.043635
IMP 0.741746
INR 95.33195
IQD 1311.552331
IRR 1375250.000309
ISK 123.349908
JEP 0.741746
JMD 158.59582
JOD 0.708989
JPY 157.344502
KES 129.369893
KGS 87.449905
KHR 4045.705348
KMF 427.999787
KRW 1432.190026
KWD 0.309561
KYD 0.83434
KZT 474.927228
LAK 22644.132598
LBP 89660.511796
LKR 336.15154
LRD 180.718599
LSL 16.511883
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.38137
MAD 9.335187
MDL 17.480992
MGA 4264.673937
MKD 53.460486
MMK 2099.683142
MNT 3593.528557
MOP 8.08724
MRU 40.098188
MUR 46.940197
MVR 15.449916
MWK 1736.108094
MXN 17.3215
MYR 4.099017
MZN 63.898582
NAD 16.511883
NGN 1363.86997
NIO 36.842334
NOK 9.53295
NPR 152.647174
NZD 1.703765
OMR 0.384514
PAB 1.001173
PEN 3.381501
PGK 4.418473
PHP 60.93014
PKR 278.006778
PLN 3.745014
PYG 5972.107573
QAR 3.649824
RON 4.557099
RSD 101.937967
RUB 80.400387
RWF 1468.219142
SAR 3.743129
SBD 8.071156
SCR 13.42223
SDG 599.999808
SEK 9.56035
SGD 1.28236
SLE 24.449749
SOS 572.185776
SRD 37.805983
STD 20697.981008
STN 21.288613
SVC 8.760481
SZL 16.51475
THB 33.394926
TJS 9.246036
TMT 3.5
TND 2.937979
TRY 47.554202
TTD 6.788895
TWD 32.411009
TZS 2648.998023
UAH 44.91011
UGX 3746.795847
UYU 40.266765
UZS 12004.17083
VES 747.8514
VND 26287
VUV 119.050155
WST 2.734491
XAF 569.976105
XAG 0.017095
XAU 0.000246
XCD 2.70255
XCG 1.804405
XDR 0.708867
XOF 569.976105
XPF 103.627753
YER 238.398351
ZAR 16.51395
ZMK 9001.20195
ZMW 18.815658
ZWL 321.999592
  • AEX

    3.1900

    1102.22

    +0.29%

  • BEL20

    -18.7600

    5667.28

    -0.33%

  • PX1

    103.8200

    8613.82

    +1.22%

  • ISEQ

    181.3700

    13716.45

    +1.34%

  • OSEBX

    5.0500

    2023.13

    +0.25%

  • PSI20

    55.6100

    9171.7

    +0.61%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -94.5100

    4181.81

    -2.21%

  • N150

    29.4100

    4291.71

    +0.69%

"Erreur 404" : retour sur 48 heures de chaos en Afghanistan
"Erreur 404" : retour sur 48 heures de chaos en Afghanistan / Photo: © AFP

"Erreur 404" : retour sur 48 heures de chaos en Afghanistan

Banques paralysées, avions cloués au sol, hôpitaux dépassés : pendant deux jours, la vie s'est arrêtée en Afghanistan quand les autorités talibanes ont coupé internet et le téléphone, prenant 48 millions d'Afghans de court.

Taille du texte:

Si depuis des semaines, elles s'attelaient à restreindre, sur ordre du chef suprême des talibans, l'émir Hibatullah Akhundzada, les connexions par fibre optique de plusieurs provinces pour empêcher la "diffusion du vice", personne à Kaboul n'imaginait, lundi, une coupure nationale.

Sur les hauteurs de la capitale, une cuvette entourée de montagnes, les bras tendus vers le ciel, des Kaboulis ont d'abord tenté de capter un peu de réseau, ou acheté des cartes SIM de différents opérateurs, avant de se résigner.

Ils ont alors réalisé qu'ils ne pouvaient plus donner de nouvelles à la famille éloignée ou en exil ni, surtout, recevoir les précieux transferts de fonds de la diaspora pour payer leurs factures.

Les habitants d'Herat, dans l'Ouest, et de Kandahar, bastion taliban du Sud, avaient, eux, un avantage : en se rendant à la frontière, ils pouvaient capter les signaux des pays voisins, l'Iran et le Pakistan.

Mais à Kaboul, où des hélicoptères volaient, ajoutant à la psychose d'un pays coupé du monde, la rumeur enflait.

Certains imaginaient que les Américains avaient débarqué pour "reprendre l'ancienne base américaine de Bagram", abandonnée à leur retrait en 2021 et récemment réclamée par leur président Donald Trump.

D'autres murmuraient, à tort, que le chef suprême avait limogé le ministre de l'Intérieur Sirajuddin Haqqani, qui passe pour être sur une ligne dissidente au sein du mouvement selon les experts, et que la lutte intestine était lancée.

-"Bientôt la bougie?"-

Dans le pays, déjà l'un des plus pauvres au monde, le système bancaire a cessé de fonctionner.

"Le retrait de liquide, les paiements par carte, les transferts de fonds : tout repose sur internet, on ne peut rien faire sans", explique à l'AFP le directeur d'une banque privée.

Pour les Afghans, pas d'autre choix que vivre avec le cash qu'ils avaient sur eux au moment de la coupure.

Dans les rues à moitié désertes, les forces de sécurité talibanes, elles, communiquaient encore via talkie-walkie.

"En 14 ans de métier, je n'ai jamais rien vu de tel. Après, ce sera quoi ? Couper l'électricité pour revenir à la bougie?", pestait, sous couvert d'anonymat, l'un d'eux.

Les vols nationaux et internationaux étaient aussi cloués au sol. Mais sans moyen d'être prévenus, les passagers continuaient d'affluer, accueillis par des écrans d'affichage obstinément vides.

"Je reste à la maison car que se passerait-il s'il m'arrivait quelque chose? Je ne peux prévenir ni la police, ni ma famille", s'inquiétait une Afghane.

Du jour au lendemain, selon l'association MalalaFund, 2 millions d'Afghanes ont perdu les cours en ligne qui leur permettaient de contourner l'interdiction d'aller à l'école au-delà du primaire.

"J'ai eu très peur que ça dure et que je rate ma licence... les cours en ligne, c'est tout ce qui me reste", racontait mercredi une étudiante de 20 ans à l'AFP.

Pour les autorités, comme pour les entreprises privées, sans services numériques ni livraison, les conséquences économiques ont été importantes, soulignent les experts.

"Dix ans ne suffiraient pas à compenser les pertes de ces deux derniers jours", se désole Khanzada Afghan, gérant d'une épicerie de Jalalabad (est) qui a renvoyé ses employés chez eux.

"Je supplie nos dirigeants de nous dire la raison de cette coupure, de ne pas nous laisser dans l'ignorance, l'ennemi pourrait profiter de la situation", s'inquiète cet homme de 45 ans.

- "S'envoyer des pigeons voyageurs"-

Les urgences des hôpitaux, elles, étaient très peu remplies, a constaté l'AFP. Pour les consultations quotidiennes, Dr Sultan Aamad Atef, seul neurologue d'Afghanistan, a noté une baisse de 30% de sa patientèle.

"Sans rendez-vous en ligne, les malades doivent se présenter spontanément et espérer que je puisse les prendre, ou attendre, parfois pour rien", pointe-t-il.

S'il peut quand même accéder à leurs dossiers médicaux, via un système hors-connection, il souligne les difficultés pour ses patients de régler ses honoraires.

"Mardi j'ai diagnostiqué un cancer à l'un de mes patients et il devait se faire opérer en urgence. Pour rassembler l'argent liquide auprès de sa famille, un de ses proches a dû faire plus d'un jour de route".

La responsable d'une maternité qui tourne au ralenti, au deuxième jour de coupure, était elle aussi désemparée : "avant, je suivais le cas de mes patientes enceintes par WhatsApp et leur disait de venir au besoin".

"Je travaille du matin au soir et quand je quitte l'hôpital, je n'ai plus aucun moyen d'être d'astreinte et de revenir en cas d'urgence", a-t-elle raconté à l'AFP.

Ses collègues racontent avoir cessé les dons de sang, alors que jusque-là les demandes se faisaient aux proches par WhatsApp.

"Les mères qui accouchent ne peuvent parfois pas joindre leur mari, ou leur mahram [le chaperon mâle que les autorités talibanes imposent aux Afghanes] pour les emmener à l'hôpital et il n'y a plus d'ambulances. Leurs proches ignorent même qu'elles ont accouché", poursuit-elle.

"Toute la vie est paralysée, il n'y a aucune solution. Que ferons-nous si c'est définitif ? Il faudra s'envoyer des pigeons voyageurs?", ironise-t-elle.

Mais mercredi soir, le réseau téléphonique et internet ont progressivement été rétablis. Immédiatement, les rues se sont remplies, amis et familles investissant les restaurants après avoir pu se parler. Les automobilistes ont klaxonné et l'agitation avait, selon Shorab Ahmadi, un livreur de 26 ans, "des allures de célébrations de l'Aïd"!

"La ville est à nouveau vivante", s'est réjouit auprès de l'AFP Mohammad Tawab Farooqi, gérant d'un restaurant de Kaboul, tout en consultant son téléphone.

Mais pour combien de temps? Les autorités talibanes n'ont fait aucun commentaire sur la coupure des télécommunications pour le moment, prévenant simplement "qu'elles communiqueraient toute nouvelle décision".

A.Nunez--TFWP