The Fort Worth Press - Au Pakistan, une série met à l'écran les lynchages pour blasphème

USD -
AED 3.673005
AFN 65.000583
ALL 81.749936
AMD 362.319598
ANG 1.790365
AOA 917.000207
ARS 1517.512699
AUD 1.435431
AWG 1.8
AZN 1.697925
BAM 1.747811
BBD 2.014182
BDT 123.181412
BGN 1.683441
BHD 0.37705
BIF 3000
BMD 1
BND 1.28025
BOB 11.999867
BRL 4.99967
BSD 0.999987
BTN 96.714521
BWP 13.824844
BYN 3.066935
BYR 19600
BZD 2.01126
CAD 1.425715
CDF 2317.50247
CHF 0.83295
CLF 0.024737
CLP 976.740347
CNY 6.704601
CNH 6.70181
COP 3241.58
CRC 456.562244
CUC 1
CUP 24.000894
CVE 98.050251
CZK 21.796016
DJF 177.719818
DKK 6.674415
DOP 60.350259
DZD 134.523655
EGP 52.376404
ERN 15
ETB 161.000247
EUR 0.89294
FJD 2.24975
FKP 0.753189
GBP 0.756645
GEL 2.57497
GGP 0.753189
GHS 11.780212
GIP 0.753189
GMD 74.000229
GNF 8750.000029
GTQ 7.637967
GYD 209.155291
HKD 7.848205
HNL 26.845398
HRK 6.7267
HTG 130.956211
HUF 326.393959
IDR 17912
ILS 3.072199
IMP 0.753189
INR 96.751699
IQD 1310
IRR 1732150.000247
ISK 122.330007
JEP 0.753189
JMD 158.865058
JOD 0.70898
JPY 157.952498
KES 130.130045
KGS 87.448501
KHR 4062.495472
KMF 438.00041
KPW 900.000318
KRW 1338.110355
KWD 0.31032
KYD 0.833423
KZT 447.018136
LAK 22480.000121
LBP 89599.999834
LKR 330.857909
LRD 170.999714
LSL 16.530184
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.430172
MAD 9.967503
MDL 17.810545
MGA 4500.00026
MKD 55.022341
MMK 2099.693644
MNT 3596.990612
MOP 8.084004
MRU 40.16024
MUR 47.40406
MVR 15.409603
MWK 1740.999777
MXN 17.95633
MYR 4.086899
MZN 63.900789
NAD 16.570192
NGN 1326.460269
NIO 36.67025
NOK 9.575805
NPR 154.747383
NZD 1.78461
OMR 0.384507
PAB 1
PEN 3.44625
PGK 4.450026
PHP 62.700961
PKR 276.99972
PLN 3.908275
PYG 5834.699887
QAR 3.643396
RON 4.780303
RSD 104.914006
RUB 85.500781
RWF 1475
SAR 3.750804
SBD 8.065041
SCR 13.918462
SDG 601.506766
SEK 9.99763
SGD 1.279385
SHP 0.754461
SLE 24.680009
SLL 20969.491881
SOS 571.498647
SRD 37.87102
STD 20697.981008
STN 22.15
SVC 8.750592
SYP 13002.000254
SZL 16.569969
THB 33.645503
TJS 9.230295
TMT 3.5
TND 2.99705
TOP 2.40776
TRY 49.195302
TTD 6.783645
TWD 31.846898
TZS 2635.000254
UAH 44.87185
UGX 4075.012399
UYU 40.10688
UZS 11795.000253
VES 872.77465
VND 25980.5
VUV 120.182413
WST 2.784712
XAF 585.730117
XAG 0.016702
XAU 0.00024307539
XCD 2.70255
XCG 1.802299
XDR 0.707052
XOF 585.730117
XPF 106.593742
YER 236.224982
ZAR 16.608285
ZMK 9001.191881
ZMW 19.890974
ZWL 321.999592
SSP 5747.740458
MXV 2.029503
  • AEX

    3.2000

    1105.55

    +0.29%

  • BEL20

    -25.9400

    5737.76

    -0.45%

  • PX1

    -7.3300

    8131.86

    -0.09%

  • ISEQ

    5.7300

    14337.15

    +0.04%

  • OSEBX

    1.2600

    2108.79

    +0.06%

  • PSI20

    21.1600

    9638.63

    +0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.9400

    4631.6

    -0.45%

  • N150

    -6.4200

    4271.03

    -0.15%

Au Pakistan, une série met à l'écran les lynchages pour blasphème
Au Pakistan, une série met à l'écran les lynchages pour blasphème / Photo: © AFP

Au Pakistan, une série met à l'écran les lynchages pour blasphème

A l'écran, les quatre héros courent dans des ruelles pour échapper à la foule, ses haches et ses bâtons: si au Pakistan les lynchages pour blasphème ont déjà fait des dizaines de morts, c'est la première fois qu'ils sont portés à la télévision.

Taille du texte:

Par peur de représailles de l'extrême droite islamiste, journalistes et artistes tiennent habituellement à distance l'ultra-sensible question du blasphème dans un pays né dans la douleur de la partition de l'Inde, avec l'islam pour religion d'Etat.

Mais cette année, l'une des chaînes privées les plus regardées du pays, Hum Network Limited, a créé l'électrochoc.

Elle a produit et diffusé "Tan Man Neelo Neel" ("Des bleus au corps et à l'âme", en ourdou), une série en 11 épisodes au final intense: le lynchage d'un jeune couple pour une vidéo les montrant supposément en train de danser dans une mosquée.

"Ce sujet n'a jamais été évoqué, par peur", assure à l'AFP Sultana Siddiqui, patronne de Hum et figure incontournable des médias et du divertissement au Pakistan, mais "cela valait le coup de prendre le risque".

Et de raconter, les larmes aux yeux, le lynchage qui l'a le plus choquée: celui de Machal Khan, étudiant en journalisme torturé et tabassé à mort par des camarades dans son université pour des publications prétendument blasphématoires sur Facebook.

- "Tous les os brisés" -

"J'ai perdu le sommeil quand j'ai entendu la mère de Machal dire que tous les os de son corps avaient été brisés, même ses phalanges", lâche-t-elle. "Je me répétais: +avec quelle violence ont-ils pu le frapper?"

Le père de Machal, Mohammed Iqbal, dit à l'AFP avoir apprécié l'"hommage" de "Tan Man Neelo Neel" qui se clôt sur des photos de victimes, dont Machal.

"Le monde entier discute du blasphème au Pakistan mais, nous, les principaux concernés, on en parle rarement en public", constate-t-il, heureux qu'"enfin, ce sujet arrive à la télévision".

A la télévision, oui, mais avec des pincettes, reconnaît Mme Siddiqui.

"Moi aussi j'ai peur des extrémistes qui pourraient s'en prendre à moi sous de faux prétextes", dit-elle. Donc, "il fallait parler du problème de façon respectueuse".

La série ne consacre d'ailleurs que peu de temps au blasphème.

Les dix premiers épisodes suivent la vie de jeunes et de leurs familles: le choix de devenir danseur de l'un, les turpitudes de l'autre sur les réseaux sociaux, le refus de la police d'entendre qu'un homme a été violé...

Tous ces sujets, pourtant sensibles, sont explorés en détail. Le lynchage pour blasphème, lui, n'intervient qu'à la toute fin, avec une musique couvrant bruits et cris et dans un ralenti artistique.

Avec cette recette, la série a trouvé son public dans un pays où deux habitants sur cinq se disent accros aux séries.

"On aurait dû en parler plus tôt: peut-être qu'on n'en serait pas là aujourd'hui et que nos jeunes ne seraient pas en train de mourir", dit Moustafa Afridi, le scénariste.

Les morts du blasphème restent sûrement l'un des plus grands non-dits du cinquième pays le plus peuplé au monde.

- "Questionner les structures" -

Régulièrement, des hommes et des femmes, parfois des ministres, sont tués, des lieux de culte sont incendiés, mais en face "les forces de l'ordre échouent souvent à sauver les (personnes suspectées) de blasphème", accuse la Commission pakistanaise des droits humains (HRCP), principale ONG de défense des libertés.

Il est même arrivé que des lynchages aient lieu aux portes de commissariats où les suspects étaient retenus.

Surtout, l'accusation de blasphème, tant elle est indiscutable, est devenue l'argument ultime pour les différends personnels.

La HRCP révèle ainsi que dans les lynchages qu'elle a examinés, les accusations étaient "fondées sur des inventions avec intention de nuire et de fausses informations".

S'il ne tue pas toujours, l'anathème du blasphème peut faire taire: en 2020, l'actrice Saba Qamar et le chanteur Bilal Saeed ont dû s'excuser publiquement et subir deux années de procédure judiciaire pour un clip où ils faisaient un pas de danse dans une mosquée.

A la même période, le film Zindagi Tamasha, récompensé à Los Angeles sous son titre anglais "Circus of Life", subissait les foudres des islamistes du Tehreek-e-Labbaik Pakistan (TLP).

Le mouvement est parvenu à empêcher la sortie en salles de cette fable contre l'obscurantisme, prétextant qu'elle dépeignait un imam de façon "blasphématoire".

Pour Arafat Mazhar, patron de l'Alliance contre la politique du blasphème, un comité qui dénonce l'instrumentalisation de la loi anti-blasphème, "Tan Man Neelo Neel" est un grand bond en avant.

La série a "déclenché une critique inédite de la violence de la foule", se félicite-t-il. "Les gens n'ont pas fait que regarder une série, ils ont aussi débattu à grande échelle pour la première fois."

Désormais, il faut aller plus loin, plaide celui qui a enfin l'impression de ne plus prêcher dans le désert.

"On ne peut plus que dénoncer la violence, il faut questionner les structures qui font exister les lynchages collectifs", estime-t-il.

B.Martinez--TFWP