The Fort Worth Press - Des champs connectés: au Nigeria, les promesses d'une agriculture 2.0

USD -
AED 3.673005
AFN 65.000583
ALL 81.749936
AMD 362.319598
ANG 1.790365
AOA 917.000207
ARS 1517.512699
AUD 1.435431
AWG 1.8
AZN 1.697925
BAM 1.747811
BBD 2.014182
BDT 123.181412
BGN 1.683441
BHD 0.37705
BIF 3000
BMD 1
BND 1.28025
BOB 11.999867
BRL 4.99967
BSD 0.999987
BTN 96.714521
BWP 13.824844
BYN 3.066935
BYR 19600
BZD 2.01126
CAD 1.425715
CDF 2317.50247
CHF 0.83295
CLF 0.024737
CLP 976.740347
CNY 6.704601
CNH 6.70181
COP 3241.58
CRC 456.562244
CUC 1
CUP 24.000894
CVE 98.050251
CZK 21.796016
DJF 177.719818
DKK 6.674415
DOP 60.350259
DZD 134.523655
EGP 52.376404
ERN 15
ETB 161.000247
EUR 0.89294
FJD 2.24975
FKP 0.753189
GBP 0.756645
GEL 2.57497
GGP 0.753189
GHS 11.780212
GIP 0.753189
GMD 74.000229
GNF 8750.000029
GTQ 7.637967
GYD 209.155291
HKD 7.848205
HNL 26.845398
HRK 6.7267
HTG 130.956211
HUF 326.393959
IDR 17912
ILS 3.072199
IMP 0.753189
INR 96.751699
IQD 1310
IRR 1732150.000247
ISK 122.330007
JEP 0.753189
JMD 158.865058
JOD 0.70898
JPY 157.952498
KES 130.130045
KGS 87.448501
KHR 4062.495472
KMF 438.00041
KPW 900.000318
KRW 1338.110355
KWD 0.31032
KYD 0.833423
KZT 447.018136
LAK 22480.000121
LBP 89599.999834
LKR 330.857909
LRD 170.999714
LSL 16.530184
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.430172
MAD 9.967503
MDL 17.810545
MGA 4500.00026
MKD 55.022341
MMK 2099.693644
MNT 3596.990612
MOP 8.084004
MRU 40.16024
MUR 47.40406
MVR 15.409603
MWK 1740.999777
MXN 17.95633
MYR 4.086899
MZN 63.900789
NAD 16.570192
NGN 1326.460269
NIO 36.67025
NOK 9.575805
NPR 154.747383
NZD 1.78461
OMR 0.384507
PAB 1
PEN 3.44625
PGK 4.450026
PHP 62.700961
PKR 276.99972
PLN 3.908275
PYG 5834.699887
QAR 3.643396
RON 4.780303
RSD 104.914006
RUB 85.500781
RWF 1475
SAR 3.750804
SBD 8.065041
SCR 13.918462
SDG 601.506766
SEK 9.99763
SGD 1.279385
SHP 0.754461
SLE 24.680009
SLL 20969.491881
SOS 571.498647
SRD 37.87102
STD 20697.981008
STN 22.15
SVC 8.750592
SYP 13002.000254
SZL 16.569969
THB 33.645503
TJS 9.230295
TMT 3.5
TND 2.99705
TOP 2.40776
TRY 49.195302
TTD 6.783645
TWD 31.846898
TZS 2635.000254
UAH 44.87185
UGX 4075.012399
UYU 40.10688
UZS 11795.000253
VES 872.77465
VND 25980.5
VUV 120.182413
WST 2.784712
XAF 585.730117
XAG 0.016702
XAU 0.00024307539
XCD 2.70255
XCG 1.802299
XDR 0.707052
XOF 585.730117
XPF 106.593742
YER 236.224982
ZAR 16.608285
ZMK 9001.191881
ZMW 19.890974
ZWL 321.999592
SSP 5747.740458
MXV 2.029503
  • AEX

    3.2000

    1105.55

    +0.29%

  • BEL20

    -25.9400

    5737.76

    -0.45%

  • PX1

    -7.3300

    8131.86

    -0.09%

  • ISEQ

    5.7300

    14337.15

    +0.04%

  • OSEBX

    1.2600

    2108.79

    +0.06%

  • PSI20

    21.1600

    9638.63

    +0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.9400

    4631.6

    -0.45%

  • N150

    -6.4200

    4271.03

    -0.15%

Des champs connectés: au Nigeria, les promesses d'une agriculture 2.0
Des champs connectés: au Nigeria, les promesses d'une agriculture 2.0 / Photo: © AFP

Des champs connectés: au Nigeria, les promesses d'une agriculture 2.0

Température ambiante, pH du sol, irrigation de la terre… Dandam Nangor n'a plus besoin de se rendre dans ses serres de poivrons: il lui suffit de dégainer son téléphone pour déterminer quand arroser, appliquer engrais ou pesticides, refroidir ou réchauffer l'air.

Taille du texte:

Depuis un an, ce Nigérian de 34 ans qui conjugue son métier d'analyste informatique à son activité agricole utilise un nouvel outil d'intelligence artificielle développé par une start-up locale dont objectif est de faire basculer la région de Jos, dans le centre du Nigeria, vers une agriculture 2.0.

Jos, capitale de l'Etat de Plateau, située à plus de 1.000 mètres d'altitude, est réputée pour son climat clément et son agriculture maraîchère dont les fruits et légumes se retrouvent sur les étals des grandes villes du pays.

Mais là, comme ailleurs, le dérèglement climatique fait payer un lourd tribut aux agriculteurs, confrontés à une alternance de périodes de sécheresse, d'épisodes d'intenses pluies et d'intempéries imprévisibles, compromettant la sécurité alimentaire du pays le plus peuplé d'Afrique dont l'agriculture représente plus de 20% du produit intérieur brut.

- Application mobile -

Depuis qu'il a installé l'outil développé par la société Green Eden, Dandam Nangor "arrive à réguler" la quantité d'eau pour ses poivrons et sa récolte a augmenté de "400 kilos".

Dans la serre, des sondes plantées dans le sol communiquent des données à une unité centrale qui traite et envoie les informations sur l'application mobile.

"Le problème est le changement climatique et ses perturbations", explique Stephanie Meltus, fondatrice de Green Eden dont la solution a été déployée dans plus de 70 exploitations agricoles grâce à des financements de proches puis de fondations et d'entreprises.

Cette étudiante en pharmacie de 21 ans est convaincue que l'avenir de l'agriculture passe par les nouvelles technologies et veut "combler le fossé" d'une Afrique "toujours connue pour son retard".

Depuis quelques années, dans le monde entier, le secteur de l'agritech, ou agriculture de précision, attire les investisseurs et mobilise des gouvernements, en portant la promesse de résoudre les nombreux défis du secteur.

Les nouvelles technologies permettent "de rassembler beaucoup de données en peu de temps" et de "prendre des décisions informées qui permettent de maximiser les ressources", estime Nuhu Adamu Gworgwor, professeur d'agronomie à l'Université de Jos.

La plupart des agriculteurs gèrent de petites exploitations, en dessous de deux hectares, rappelle-t-il, et de nombreux Nigérians pratiquent une agriculture vivrière de subsistance, ce qui les rend d'autant plus vulnérables au changement climatique.

"A cause de la sécheresse, des cultures que nous avions avant ici disparaissent, les récoltes s'effondrent et les fermiers quittent les champs", souligne le professeur.

- "Meilleure décision" -

A Jos, Miriam Agbo, 24 ans, a fondé Anatsor pour les élevages avicoles, en y investissant ses fonds propres ainsi que ceux de sa famille et d'amis.

Des capteurs "collectent des données comme la température, l'humidité, la qualité de l'air et de l'eau" dans les élevages et les transmettent à une application mobile.

"Cela réduit la charge de travail des agriculteurs", assure la jeune femme, qui a lancé la phase pilote de son projet dans une dizaine d'exploitations.

"A cause du changement climatique, les variations de température affectent les poules" qui "ne mangent pas s'il fait trop chaud" et "peuvent s'asphyxier en se serrant les unes aux autres" lorsqu'il fait trop froid.

Adopter ce système a été "la meilleure décision de ma vie", affirme Mercy Atsuku Msenhemba, depuis le hangar qui abrite ses poules pondeuses.

Elle "reçoit des notifications" lui disant quand changer l'eau, réchauffer ou refroidir l'air, et n'a "plus besoin de se lever au milieu de la nuit pour venir surveiller" ses volailles. Leur mortalité a drastiquement baissé, tout comme son "niveau de stress".

A 150 dollars, le système d'Anatsor est "abordable" et "vaut le coup".

- Eduquer, investir -

Gambo Wadams Zakka, étudiant en littérature anglaise à Jos, a conçu un système mêlant imagerie satellitaire, capteurs et intelligence artificielle baptisé AgriTech Innovator et cherche des fonds pour le finaliser.

Son système enverra "des SMS pour prévenir l'agriculteur d'une invasion de nuisibles" afin qu'il "applique rapidement des pesticides". Les alertes SMS donneront aussi les prix des denrées au marché local, permettant à l'agriculteur de décider "quand vendre au meilleur prix".

Un outil "parfait", selon Michael Inyam Itsegok, qui cultive patates, bananes, et concombres depuis 25 ans et compte sur cette nouvelle technologie pour surmonter les "pertes" liées aux aléas météorologiques.

Les voix critiques de l'agritech, qui estiment que les nouvelles technologies ne promeuvent pas de bonnes pratiques environnementales comme l'agroécologie, rencontrent peu d'écho au Nigeria où 33 millions d'habitants auront besoin d'aide alimentaire en 2025, selon le Programme alimentaire mondial.

Malgré un enthousiasme palpable, la révolution technologique agricole semble encore loin dans un pays où l'innovation repose sur des initiatives individuelles plutôt que sur des politiques publiques d'investissement et où le taux de connectivité à internet n'atteint que 40%, beaucoup moins en zones rurales.

Stephanie Meltus reconnaît d'ailleurs le besoin de "former" et "éduquer" les agriculteurs à ces nouveaux outils, y compris comment "simplement naviguer sur une application mobile".

T.Dixon--TFWP