The Fort Worth Press - "Question de survie" : le monde se dispute à Rome sur le financement de la sauvegarde de la nature

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"Question de survie" : le monde se dispute à Rome sur le financement de la sauvegarde de la nature
"Question de survie" : le monde se dispute à Rome sur le financement de la sauvegarde de la nature / Photo: © AFP

"Question de survie" : le monde se dispute à Rome sur le financement de la sauvegarde de la nature

Les négociations des Nations unies sur la protection de la nature ont repris mardi à Rome avec un appel à s'unir pour "soutenir la vie sur la planète" et surmonter la dispute financière Nord-Sud à l'origine de l'échec du sommet initial en Colombie.

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La ministre colombienne Susana Muhamad, qui préside la 16e conférence de la Convention sur la diversité biologique (CDB), a rappelé que les pays avaient entre leurs mains "la mission la plus importante de l'humanité au XXIe siècle, c'est-à-dire notre capacité à soutenir la vie sur cette planète".

Face à elle, 154 pays, sur les 196 signataires de la CDB, ont pris place en milieu de matinée dans la grande salle du siège de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), dominant les ruines du Circus Maximus sous une pluie fine.

Objectif de leurs retrouvailles pour trois jours : mettre fin à la dispute qui les avait conduit, le 2 novembre à Cali, à brutalement interrompre la COP16 après une nuit blanche de négociations supplémentaires.

La controverse porte sur le financement de l'accord de Kunming-Montréal de 2022 et de sa feuille de route, destinée à arrêter d'ici à 2030 la destruction de la nature qui menace l'alimentation de l'humanité, sa santé, la régulation du climat et la prospérité de tous les écosystèmes de la planète.

Ce programme "a le pouvoir d'unifier le monde", "ce qui n'est pas rien dans un paysage géopolitique très polarisé, fragmenté, divisé et conflictuel", a exhorté Susana Muhamad.

Son appel a été suivi de trois heures de discours des pays reprenant peu ou prou les mêmes positions qu'à Cali, mais à fleurets mouchetés, entre pays riches, toujours hostiles à la création d'un nouveau fonds, et monde en développement réclamant le respect de leurs engagements.

Les pays développés sont tenus de fournir 20 milliards de dollars d'aide annuelle pour la nature d'ici à 2025 et n'ont atteint qu'environ 15 milliards en 2022, selon l'OCDE.

"Sans cela, la confiance pourrait être rompue", a averti la déléguée du Panama. Résoudre la "crise de la biodiversité (...) est une question de survie pour les écosystèmes, l'économie et l'humanité (...), le monde n'a plus le temps".

"Nous ne pouvons pas répéter les échecs du financement de la lutte contre le changement climatique", a-t-elle ajouté.

- Nouveau fonds ? -

Les pays en développement, sous la direction du Brésil et du groupe africain, réclament la création d'un nouveau fonds consacré à la biodiversité et placé sous l'autorité de la COP, comme prévu par le texte de la convention de 1992.

Mais les pays développés - menés par l'Union européenne, le Japon et le Canada en l'absence des Etats-Unis, non-signataires de la convention mais important bailleur - y sont très hostiles : ils dénoncent une fragmentation de l'aide au développement, déjà fragilisée par les crises budgétaires et l'effacement en cours des Américains depuis l'élection de Donald Trump.

Vendredi, la présidence colombienne a rendu publique une proposition de compromis qui contient une feuille de route pour réformer d'ici à 2030 les différents systèmes à l'origine des flux financiers destinés à la sauvegarde de la nature, répondant aux difficultés des pays pauvres et endettés.

Le document prévoit d'"améliorer les performances" du Fonds mondial pour l'Environnement (GEF, en anglais) et du Fonds-cadre mondial pour la biodiversité (GBFF, en anglais), une solution provisoire modestement dotée (400 millions de dollars). Il envisage aussi qu'une institution financière, déjà existante ou à créer, soit à terme placée sous l'autorité de la COP.

La plupart des pays en développement ont réclamé mardi de revenir au compromis qui était sur la table à Cali, prévoyant explicitement la création d'un nouveau fonds.

Les quelque 300 représentants des pays, renforcés à partir de mercredi par 25 ministres ou équivalents, ont jusqu'à jeudi, voire vendredi pour trouver une solution, dans un contexte géopolitique défavorable.

Après l'échec de Cali, le multilatéralisme environnemental avait subi un autre coup avec l'issue, jugée décevante, de la COP29 sur le climat, là encore en raison d'une dispute concernant l'aide des pays riches en vertu de leur responsabilité historique. Puis, en décembre, la conférence de l'ONU sur la désertification en Arabie saoudite et les négociations en Corée du Sud sur un traité mondial contre la pollution par le plastique se sont conclues sans succès.

W.Matthews--TFWP