The Fort Worth Press - La COP29 à "un moment critique": cinq jours pour trouver 1.000 milliards

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La COP29 à "un moment critique": cinq jours pour trouver 1.000 milliards
La COP29 à "un moment critique": cinq jours pour trouver 1.000 milliards / Photo: © AFP

La COP29 à "un moment critique": cinq jours pour trouver 1.000 milliards

Pays riches et en développement ont repris lundi des négociations "à un moment critique" de la conférence sur le climat de l'ONU à Bakou, mais c'est de Rio et des dirigeants des 20 plus grandes puissances que le déblocage est espéré.

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Le fruit de la première semaine de tractations à la COP29 est quasi nul, de l'avis général.

- "Carnage économique" -

Les ministres sont arrivés lundi au stade olympique de la capitale azerbaïdjanaise pour tenter de passer à la vitesse supérieure et éviter un fiasco vendredi, au terme de la conférence.

"Cette réunion arrive à un moment critique: nous sommes à la moitié de la COP29 et les véritables difficultés commencent", a prévenu lundi matin le président azerbaïdjanais de la COP29, Moukhtar Babaïev.

Dès son arrivée à Rio dimanche, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a sommé les pays du G20 (groupe incluant aussi Chine et Brésil) de montrer l'exemple et de trouver "des compromis" pour sauver la COP29.

Depuis des mois, lui et le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell, visent particulièrement le G20, qui rejette les trois quarts des gaz à effet de serre.

"Sans réduction rapide des émissions, aucune économie du G20 ne sera épargnée par le carnage économique lié au climat", a redit ce week-end Simon Stiell, qui rappelle régulièrement que la maison de sa grand-mère défunte sur l'île de Carriacou (Grenade) a été détruite par un ouragan cet été.

L'objectif est d'inscrire dans le marbre onusien comment financer de l'ordre de 1.000 milliards de dollars par an d'aide climatique à destination des pays en développement. Cet argent permet de construire des centrales solaires, d'investir dans l'irrigation ou de protéger les villes contre les inondations.

L'Union européenne est le premier contributeur mondial, mais en période d'austérité, elle est peu encline à augmenter ses budgets internationaux.

Signe qu'une solution est envisagée à Rio lundi et mardi, le chef de la délégation brésilienne à la COP29, André Aranha Corrêa do Lago, est reparti de Bakou pour préparer le G20.

Les Etats-Unis de Joe Biden se veulent leaders pour sortir de l'impasse, à deux mois du retour au pouvoir de Donald Trump. Le président sortant est allé symboliquement dimanche en Amazonie, appelant à oeuvrer "pour l'humanité".

- Ambiance lourde -

Le chiffre de 1.000 milliards d'aide annuelle pour les pays en développement d'ici 2030 est l'estimation du besoin par des économistes réputés, mandatés par l'ONU, Nicholas Stern et Amar Bhattacharya.

Mais tout n'est pas censé venir des pays riches, et c'est tout le problème. Seuls les pays développés sont, selon les textes de l'ONU, obligés d'aider. Mais l'Europe veut un signal des pays émergents comme la Chine qu'ils mettront au pot, volontairement.

A Bakou, Pékin n'est pas perçue comme hostile, au contraire, et une réunion entre responsables chinois et européens fut une lueur d'espoir la semaine dernière.

La réélection de Donald Trump et le départ de la maigre délégation argentine font craindre un retrait des Etats-Unis et de l'Argentine de l'accord de Paris, le moteur diplomatique pour la réduction des gaz à effet de serre. Même si le président argentin, Javier Milei, n'a "pas confirmé" ses intentions à Emmanuel Macron, dimanche à Buenos Aires, selon le Français.

L'inexpérience des Azerbaïdjanais pour présider de telles négociations, visible dans un couac d'ordre du jour à l'ouverture, ainsi que les attaques en pleine COP du président Ilham Aliev contre un pays membre, la France, ont aussi alourdi l'atmosphère.

A fortiori dans un pays qui réprime tout signe de dissidence, y compris chez les militants environnementaux dont plusieurs figures dorment derrière les barreaux.

Dans ces négociations marathon, diplomates et ministres parcourent désormais le site de la COP en baskets.

Mais on espère aussi des résultats à l'autre bout monde, comme aux Philippines, où le typhon Man-yi a fait souffler des vents avec des rafales atteignant 305 km/h.

"On espère qu'ils vont radicalement accélérer pour tenir les engagements de l'accord de Paris de 2015 et que cela va se traduire en actions concrètes pour les gens sur le terrain", a dit à l'AFP Rei Josiah Echano, responsable de la réponse aux désastres de la province de Samar du Nord.

L.Holland--TFWP