The Fort Worth Press - Argentine: avec loyers et prix "libérés", la quête de l'abordable exacerbée

USD -
AED 3.6725
AFN 64.503248
ALL 81.399259
AMD 360.987939
ANG 1.789785
AOA 917.00013
ARS 1513.277015
AUD 1.439201
AWG 1.8
AZN 1.7023
BAM 1.74671
BBD 2.012735
BDT 123.371781
BGN 1.747831
BHD 0.377596
BIF 2992.404453
BMD 1
BND 1.281553
BOB 11.707653
BRL 5.047698
BSD 0.999357
BTN 95.144703
BWP 13.728493
BYN 3.0198
BYR 19600
BZD 2.010066
CAD 1.42173
CDF 2312.488092
CHF 0.829985
CLF 0.02504
CLP 985.5198
CNY 6.69275
CNH 6.692805
COP 3197.63
CRC 455.473044
CUC 1
CUP 23.983889
CVE 98.47771
CZK 21.726302
DJF 177.955203
DKK 6.667695
DOP 61.203074
DZD 134.447973
EGP 53.051903
ERN 15
ETB 160.875008
EUR 0.89202
FJD 2.263034
FKP 0.76043
GBP 0.755065
GEL 2.590636
GGP 0.76043
GHS 11.657639
GIP 0.76043
GMD 74.000549
GNF 8791.365814
GTQ 7.636833
GYD 209.011214
HKD 7.84756
HNL 26.950258
HRK 6.718902
HTG 130.869501
HUF 324.450231
IDR 17955.45
ILS 3.0992
IMP 0.76043
INR 95.062503
IQD 1515
IRR 1790499.999673
ISK 121.579856
JEP 0.76043
JMD 158.71669
JOD 0.709008
JPY 157.997992
KES 129.750167
KGS 87.450322
KHR 4060.142989
KMF 441.99968
KPW 899.999961
KRW 1347.704981
KWD 0.31184
KYD 0.832883
KZT 451.509766
LAK 22502.497647
LBP 89550.000137
LKR 330.755285
LRD 170.384164
LSL 16.550434
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.424993
MAD 9.83625
MDL 17.887667
MGA 4544.99989
MKD 54.992163
MMK 2099.444361
MNT 3596.720368
MOP 8.078342
MRU 40.229797
MUR 47.58008
MVR 15.449858
MWK 1740.999842
MXN 18.456755
MYR 4.081799
MZN 63.909855
NAD 16.560335
NGN 1330.129834
NIO 36.845007
NOK 9.496965
NPR 152.229808
NZD 1.78159
OMR 0.384489
PAB 0.999379
PEN 3.440502
PGK 4.44475
PHP 63.078014
PKR 277.050261
PLN 3.896645
PYG 5702.318437
QAR 3.642014
RON 4.759398
RSD 104.742003
RUB 83.626908
RWF 1475
SAR 3.677394
SBD 8.064647
SCR 14.300616
SDG 601.502386
SEK 9.974255
SGD 1.28266
SHP 0.754745
SLE 24.679874
SLL 20969.504398
SOS 571.498457
SRD 37.711969
STD 20697.981008
STN 21.95
SVC 8.745048
SYP 13001.999685
SZL 16.555005
THB 33.569499
TJS 9.223858
TMT 3.51
TND 2.98975
TOP 2.40776
TRY 49.417302
TTD 6.796403
TWD 32.380275
TZS 2636.64505
UAH 44.915626
UGX 4037.706697
UYU 40.172371
UZS 11952.148538
VES 878.023601
VND 25877.5
VUV 119.689611
WST 2.781623
XAF 585.126867
XAG 0.017858
XAU 0.000241960558
XCD 2.70255
XCG 1.80126
XDR 0.707052
XOF 585.126867
XPF 106.45003
YER 236.150039
ZAR 16.56065
ZMK 9001.200107
ZMW 19.863078
ZWL 321.999592
SSP 5773.824733
MXV 2.084074
  • AEX

    3.2000

    1105.55

    +0.29%

  • BEL20

    -25.9400

    5737.76

    -0.45%

  • PX1

    -7.3300

    8131.86

    -0.09%

  • ISEQ

    5.7300

    14337.15

    +0.04%

  • OSEBX

    1.2600

    2108.79

    +0.06%

  • PSI20

    21.1600

    9638.63

    +0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.9400

    4631.6

    -0.45%

  • N150

    -6.4200

    4271.03

    -0.15%

Argentine: avec loyers et prix "libérés", la quête de l'abordable exacerbée
Argentine: avec loyers et prix "libérés", la quête de l'abordable exacerbée / Photo: © AFP

Argentine: avec loyers et prix "libérés", la quête de l'abordable exacerbée

Sans toit... ni lois. Pour de nombreux Argentins, le premier impact concret d'un mois de "dérégulation" sous la présidence ultralibérale de Javier Milei est l'aggravation du fléau inflationniste, conduisant à des loyers "libérés" toujours plus inaccessibles et une traque inlassable d'aliments à prix abordable.

Taille du texte:

Entre des cartons vides et la moitié de son studio empaqueté, Tomas Sislian, 28 ans, s'apprête à quitter en février Saavedra, son quartier de toujours. Ses propriétaires n'ont pas renouvelé son bail, invoquant "la situation compliquée de l'économie". Traduction vraisemblable: attendre que le marché se stabilise pour fixer un loyer plus élevé, ou passer en AirBnB.

"J'ai vécu toute ma vie dans le coin, c'est horrible d'avoir l'impression qu'on m'expulse", explique le jeune producteur audiovisuel freelance. "Ca me frustre parce que je suis un professionnel, j'ai deux diplômes, quatre emplois, c'est pas possible de devoir partir à 20 kilomètres d'où j'ai toujours vécu..."

La crise du logement n'est pas nouvelle à Buenos Aires, où foisonnent les locations de courte durée pour étrangers dollarisés, quand le peso des Porteños ne suit plus l'inflation des loyers - qui ne sont d'ailleurs quasiment plus jamais réclamés en pesos.

Et le tableau a empiré avec une inflation de +12,8% en novembre et 25,5% en décembre (pour atteindre +211% en 2023), conséquence de la fin de l'encadrement des loyers, des prix, et la répercussion d'une dévaluation de 50% du peso aux premiers jours de la présidence de Javier Milei.

- Loyers réglés en viande? -

Sentant le vent venir, Tomas sonde le marché depuis des mois. Mais sans trouver rien de proche à moins de quatre fois son loyer actuel, ou qui ne soit pas exigé en dollars. Rester dans le quartier lui grignoterait 50% de son salaire de 700.000 pesos (850 dollars).

"On reçoit des gens désespérés, qui nous disent qu'il ne savent pas où ils vont habiter le lendemain", assure Gervasio Muñoz, président de l'organisation Inquilinos Agrupados (Locataires rassemblés), en première ligne d'une situation selon lui "gravissime", d'une détresse immobilière vouée à empirer.

Le "méga-décret" d'urgence publié en décembre par le gouvernement Milei, abroge, entre autres, une loi sur les loyers de 2020, amendée en 2023. Désormais, les baux ne sont régis par rien d'autre qu'un accord "libre" entre les parties: durée du bail, mécanisme de hausse, moyen de paiement, etc.

Un contrat pourra s'honorer en bitcoin, "et toute autre cryptomonnaie et/ou espèces, comme des kilos de bœuf, ou des litres de lait", a même imagé fin décembre la ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur Diana Mondino sur son compte X. Un message qui lui a valu de nombreuses railleries sur un retour "féodal" au "temps du troc".

Mais le bœuf et le lait, justement, posent problème. Comme les fruits, les légumes et tout le reste.

Une dévaluation, explique l'économiste Hernan Letcher, se répercute d'abord sur le prix des importations.

Mais qu'un secteur utilise ou non des biens importés, chacun augmente "pour ne pas rester à la traîne. Donc une dévaluation en Argentine a un effet direct sur les prix. Les salaires ont tendance à être mis à jour en dernier..."

- Immobilier: un recours judiciaire de plus -

Le grand marché central de Buenos Aires, jadis une excursion sporadique pour venir acheter en quantité ou plus frais, devient pour beaucoup un passage obligé, comme l'attestent des allées fourmillant de gens de tous âges, juste venus pour acheter un peu moins cher.

Quelle que soit la météo, Maria Espindola, retraitée de 65 ans, vient en bus de son quartier, où abondent pourtant les petits commerces, pour s'approvisionner ici. "Peu importe, ça m'économise quelque pesos."

Ana Albornoz, nounou de 53 ans, explique que ses courses sont devenues un jeu de piste en quête de la bonne étiquette. "Avant, j'allais dans un seul supermarché, à présent je fais plusieurs endroits pour comparer et choisir", avec des différences de quelques centaines de pesos (centimes d'euros), voire plus.

Le secteur immobilier prédit une "normalisation" du marché d'ici quelques mois, avec des accords de gré à gré s'établissant autour de cadres raisonnables.

Et, possiblement, une amélioration de l'offre locative, avec des propriétaires plus enclins à mettre leur bien sur un marché désormais moins encadré.

Mais l'association Inquilinos Agrupados n'attendra pas. Dénonçant une situation "sans équivalent dans le monde", elle a saisi la justice d'un recours en nullité contre le méga-décret d'urgence.

L'un des nombreux recours contre les réformes Milei. Qui, en attendant, affectent le quotidien des Argentins.

N.Patterson--TFWP