The Fort Worth Press - Envolée des charges, grippe aviaire: l'élevage français dans la tourmente

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Envolée des charges, grippe aviaire: l'élevage français dans la tourmente
Envolée des charges, grippe aviaire: l'élevage français dans la tourmente

Envolée des charges, grippe aviaire: l'élevage français dans la tourmente

Le rebond ravageur de la grippe aviaire a pris les volaillers de court dans un monde de l'élevage déjà sidéré par la flambée des prix des céréales fournies aux animaux, de l'énergie et des engrais avec la guerre en Ukraine.

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La filière avicole française considère déjà qu'elle fait face à "la plus grave crise sanitaire de son histoire", selon l'interprofession Anvol qui parle d'une crise "aussi violente qu'inattendue".

Certes, c'est la quatrième fois depuis 2015 que la France est touchée par la grippe aviaire. Mais l'épizootie prend une ampleur inédite cette saison. Jusque-là cantonnée au Sud-Ouest, elle s'est récemment propagée dans l'ouest des Pays de la Loire, deuxième région productrice de volailles derrière la Bretagne.

Des millions de canards et autres volailles ont été abattus ou sont en passe de l'être pour endiguer le virus qui a contaminé 792 élevages au 15 mars, dont 338 dans la seule Vendée.

Les exploitations n'hébergeront plus d'animaux pendant plusieurs semaines, réduisant la production nationale et occasionnant des "tensions temporaires sur l'approvisionnement sur certains produits mais pas de pénurie", estime le directeur de l'Anvol, Yann Nédélec.

"Il y a beaucoup de désespoir au niveau des producteurs, qui sont démunis et prennent un coup au moral et à leurs finances", décrit à l'AFP Christophe Labour, responsable syndical FNSEA dans les Pays de la Loire, qui produit lui-même des poulets et dindes.

Il "entend déjà des éleveurs, parfois à quelques années de la retraite, qui disent +C'est bon, c'est la dernière fois que ça m'arrivera+, et qui ne veulent pas poursuivre" leur activité.

"Il y a indéniablement un sentiment d'accumulation au sein de la filière volaille, qui subissait déjà la hausse du coût des matières premières, de l'énergie, et maintenant la guerre en Ukraine qui accentue encore les choses", résume M. Labour.

Les volailles, comme les porcs, sont de gros consommateurs de blé, maïs ou soja, dont les cours - déjà élevés - volent de record en record depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie. L'aliment de ces animaux représente de 65 à 75% du coût de production.

- "Le dos rond" -

"Nos filières avicoles et cunicoles françaises sont en grand danger, avec des faillites et des cessations d'activité qui vont s'accélérer", alertait mardi dans un communiqué Jean-Michel Schaeffer, qui préside à la fois l'Anvol et la Confédération française de l'aviculture (CFA), section spécialisée de la FNSEA.

Cette dernière déplore un "mur de charges" : "hausse du coût de l'alimentation des animaux depuis maintenant dix-sept mois consécutifs", mais aussi de l'électricité, du gaz, du gazole, des engrais...

Volaillers et producteurs porcins demandent à être payés plus cher pour répercuter ces coûts.

"Quand on voit du blé à 400 euros la tonne voire plus, des sojas à 600 euros la tonne, sans parler des autres charges (...) il faudrait 2,20" euros par kilo de carcasse contre 1,55 actuellement, estime François Valy, le président de la Fédération nationale porcine (FNP), association spécialisée de la FNSEA.

En attendant "on ne voit pas le bout du tunnel", résume Thomas Guégan.

L'éleveur du Morbihan, qui vend 4.000 porcs par an, n'est pas le plus à plaindre : il produit du blé et du maïs sur son exploitation.

Mais ses stocks diminuent et il va devoir acheter du blé en avril, qu'il s'attend à payer au moins 450 euros la tonne livrée, contre 250 à la même époque en temps normal.

"Pour l'instant, on fait le dos rond, on fait comme on peut" mais "ça se présente mal". Il voit "des gens qui arrêtent plus tôt que prévu, qui en ont ras-le-bol. Pour certains, les dés étaient jetés. Cela avait commencé l'hiver dernier, la situation des dernières semaines a juste accéléré les choses".

Avant même la guerre en Ukraine, les trésoreries des éleveurs porcins fondaient à vue d'oeil, poussant le gouvernement à annoncer fin janvier un "plan de sauvetage" de 270 millions d'euros.

Les producteurs espèrent désormais des aides spécifiques dans le cadre du "plan de résilience" qui doit être annoncé mercredi par l'exécutif.

L.Davila--TFWP