The Fort Worth Press - A Rio, de jeunes peintres noirs à la conquête du marché de l'art

USD -
AED 3.672497
AFN 64.499262
ALL 81.070066
AMD 361.549984
ANG 1.789785
AOA 917.999711
ARS 1524.2543
AUD 1.431496
AWG 1.8
AZN 1.701035
BAM 1.743829
BBD 2.014417
BDT 123.721084
BGN 1.747831
BHD 0.377781
BIF 3002.474199
BMD 1
BND 1.279451
BOB 11.686453
BRL 5.0403
BSD 1.000134
BTN 94.889261
BWP 13.713165
BYN 2.983818
BYR 19600
BZD 2.011502
CAD 1.407405
CDF 2315.000055
CHF 0.825305
CLF 0.024929
CLP 981.129534
CNY 6.67915
CNH 6.67879
COP 3160.57
CRC 454.28202
CUC 1
CUP 24.00428
CVE 98.600451
CZK 21.665901
DJF 178.099352
DKK 6.656515
DOP 61.513085
DZD 134.611017
EGP 53.948904
ERN 15
ETB 160.898607
EUR 0.89054
FJD 2.258101
FKP 0.751528
GBP 0.749245
GEL 2.595043
GGP 0.751528
GHS 11.687293
GIP 0.751528
GMD 73.495892
GNF 8797.502876
GTQ 7.646492
GYD 209.208602
HKD 7.84807
HNL 26.939936
HRK 6.709901
HTG 130.833872
HUF 323.453013
IDR 18005
ILS 3.106575
IMP 0.751528
INR 94.89735
IQD 1516.294414
IRR 1795727.495433
ISK 121.28025
JEP 0.751528
JMD 158.942169
JOD 0.709034
JPY 158.157002
KES 129.860504
KGS 87.450057
KHR 4069.000026
KMF 438.999746
KPW 899.999961
KRW 1327.620108
KWD 0.31071
KYD 0.833489
KZT 452.159957
LAK 22492.498389
LBP 89549.999703
LKR 331.452008
LRD 171.097242
LSL 16.409783
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.419778
MAD 9.781598
MDL 17.833435
MGA 4549.999778
MKD 54.963867
MMK 2099.540776
MNT 3598.083246
MOP 8.085328
MRU 40.201353
MUR 47.259761
MVR 15.449721
MWK 1742.00016
MXN 18.419165
MYR 4.083502
MZN 63.909703
NAD 16.410287
NGN 1326.497435
NIO 36.845037
NOK 9.39476
NPR 151.823815
NZD 1.760115
OMR 0.384503
PAB 1.000129
PEN 3.448497
PGK 4.50225
PHP 63.1005
PKR 276.825016
PLN 3.892445
PYG 5768.724951
QAR 3.642013
RON 4.744799
RSD 104.559014
RUB 82.752979
RWF 1475
SAR 3.763651
SBD 8.058149
SCR 13.892637
SDG 601.503112
SEK 9.9015
SGD 1.278555
SHP 0.750188
SLE 24.679996
SLL 20969.504398
SOS 571.498196
SRD 37.695129
STD 20697.981008
STN 21.95
SVC 8.751165
SYP 13001.999685
SZL 16.410307
THB 33.604502
TJS 9.211455
TMT 3.5
TND 3.00401
TOP 2.40776
TRY 49.578201
TTD 6.785253
TWD 32.623903
TZS 2645.334979
UAH 45.096251
UGX 4160.276757
UYU 40.158351
UZS 12045.00023
VES 879.788897
VND 25882
VUV 119.358066
WST 2.773115
XAF 584.156242
XAG 0.017477
XAU 0.000242495668
XCD 2.70255
XCG 1.802595
XDR 0.707052
XOF 584.156242
XPF 106.498957
YER 236.149942
ZAR 16.41496
ZMK 9001.197866
ZMW 19.978334
ZWL 321.999592
SSP 5816.545442
MXV 2.079212
  • AEX

    3.2000

    1105.55

    +0.29%

  • BEL20

    -25.9400

    5737.76

    -0.45%

  • PX1

    -7.3300

    8131.86

    -0.09%

  • ISEQ

    5.7300

    14337.15

    +0.04%

  • OSEBX

    1.2600

    2108.79

    +0.06%

  • PSI20

    21.1600

    9638.63

    +0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.9400

    4631.6

    -0.45%

  • N150

    -6.4200

    4271.03

    -0.15%

A Rio, de jeunes peintres noirs à la conquête du marché de l'art
A Rio, de jeunes peintres noirs à la conquête du marché de l'art / Photo: © AFP

A Rio, de jeunes peintres noirs à la conquête du marché de l'art

Son chevalet est installé devant une fenêtre avec vue imprenable sur l'iconique Pain de sucre, à Rio de Janeiro, mais le jeune artiste brésilien Jota préfère peindre les modestes bicoques des favelas.

Taille du texte:

Les œuvres de ce peintre autodidacte de 22 ans sont très prisées par les collectionneurs, au Brésil comme à l'étranger.

Et il n'est pas le seul: une nouvelle vague de jeunes artistes noirs issus des favelas ou des banlieues pauvres de Rio commence à s'imposer dans les foires d'art contemporain et dans de prestigieux musées. Le plus célèbre d'entre eux, Maxwell Alexandre, a exposé au Palais de Tokyo, à Paris, fin 2021.

L'univers des toiles de Jota, de son vrai nom Johny Alexandre Gomes, c'est la favela du Chapadao, où résonnent souvent les fusillades.

La ruelle qui mène à son modeste deux-pièces n'est pas accessible en voiture : des narcotrafiquants ont installé des blocs de béton pour empêcher l'entrée de véhicules de police.

Jota dénonce les violences policières, peignant des habitants portant un corps enveloppé d'un drap ensanglanté ou des agents avec des têtes de porc.

- "Pas un effet de mode" -

"Ce sont des choses qui doivent être montrées", confie-t-il.

Mais il tient aussi à transmettre "un autre regard" sur la favela, comme le charme des "petites maisons empilées les unes sur les autres" au milieu des cocotiers.

A 16 ans, Jota aidait son oncle maçon sur des chantiers. Et c'est sur des cartons ou des planches de bois ramassées sur ces chantiers qu'il a réalisé ses premières œuvres, avec de la peinture acrylique bon marché.

Mais tout a basculé quand il a publié des photos de ses œuvres sur Instagram : il a tapé dans l'œil de Margareth Telles, fondatrice de la plateforme MT Projetos de arte, qui lui fournit son matériel et un atelier en centre-ville et gère la vente de ses œuvres.

A chaque foire annuelle d'art contemporain ArtRio, les toiles de Jota ont été vendues en quelques heures. Lors de la dernière édition, en septembre, il fallait débourser au moins 15.000 réais (environ 2.700 euros) pour l'une de ses œuvres.

Il a ainsi pu s'acheter une maison à 100 mètres de celle de sa mère, au Chapadao.

"Ma vie s'est déjà beaucoup améliorée, mais je vise encore plus haut", dit à l'AFP ce jeune artiste qui a déjà exposé à Amsterdam en 2021, après avoir remporté le prix du Fonds Prince Claus.

Pour Margareth Telles, l'émergence de jeunes artistes noirs comme Jota n'est "pas un effet de mode", mais un "mouvement durable", qui a notamment pour origine la prise de conscience ayant suivi l'affaire George Floyd, cet afro-américain tué par un policier blanc en mai 2020.

L'an dernier, Jota a vu l'une de ses œuvres exposée au musée Masp de Sao Paulo, aux côtés d'un tableau du moderniste Candido Portinari, l'un des peintres les plus renommés de l'Histoire du Brésil.

- Le hip hop -

Un autre représentant de cette nouvelle vague, O Bastardo ("le bâtard"), vient d'inaugurer sa première exposition individuelle au Musée d'art de Rio (MAR).

Ce peintre de 25 ans, qui ne souhaite pas révéler son nom et a fait ses armes dans le graffiti, se distingue notamment par ses représentations de personnalités noires comme le couple Jay-Z et Beyoncé, Basquiat ou Martin Luther King, sur un fond bleu roi.

Comme Jota, il a été élevé par une mère célibataire (d'où son nom d'artiste), et a été découvert sur Instagram, en 2021, par des collectionneurs italiens.

"J'étais à Paris après avoir décroché une bourse aux Beaux-arts, mais je n'avais pas un sou et je dormais sur le canapé d'une amie", raconte cet artiste qui a grandi à Mesquita, banlieue pauvre au nord de Rio.

Sa renommée internationale a fait écho au Brésil, et il a ensuite été représenté par de grandes galeries de son pays. Aujourd'hui, O Bastardo a du mal à répondre à la demande : "avec toutes les commandes que j'ai reçues, j'ai du travail pour au moins cinq ans".

Ce jeune homme corpulent aux fines dread locks peint lui-aussi des scènes du quotidien de son quartier, mais avec des références qu'il puise tous azimuts, parfois bien au-delà des frontières du Brésil.

Dans le "Salon de Tia Nenê", un salon de coiffure, on voit par exemple "une chaise où s'est assis Kanye West durant un défilé de mode à Paris et du carrelage d'une maison détruite en Syrie" qu'il avait vue dans la presse.

"Aujourd'hui, la référence de la plupart des jeunes artistes noirs de Rio, ce n'est pas Picasso, c'est la culture hip hop. C'est une révolution sociale, qui remet en question les canons de l'art", estime Marcelo Campos, curateur en chef du MAR.

L.Davila--TFWP