The Fort Worth Press - Petite révolution à Gaza: les pêcheurs peuvent enfin réparer leurs embarcations

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Petite révolution à Gaza: les pêcheurs peuvent enfin réparer leurs embarcations
Petite révolution à Gaza: les pêcheurs peuvent enfin réparer leurs embarcations / Photo: © AFP

Petite révolution à Gaza: les pêcheurs peuvent enfin réparer leurs embarcations

Vêtu de son bleu de travail dans le port de Gaza, Mohammed Jerboa travaille à une micro-révolution.

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Pour la première fois en 15 ans de blocus israélien, ce technicien peut enfin réparer les coques en fibre des bateaux de pêcheurs.

Depuis la prise du pouvoir local en 2007 par les islamistes du Hamas, Israël a imposé un blocus sur ce territoire palestinien de 2,3 millions d'habitants bordé par la Méditerranée, où la pêche est l'une des principales activités commerciales.

Le blocus a entraîné une réduction des zones de pêches et empêché l'arrivée de nouveaux moteurs pour les rafiots du port, et même de la fibre de verre pour réparer les coques des embarcations.

Israël a établi une liste exhaustive de produits ne pouvant pas entrer à Gaza par crainte qu'ils ne soient utilisés à des fins militaires par les factions armées sur place, comme le Hamas ou le Jihad islamique, ou par des contrebandiers.

Mais récemment, l'ONU a favorisé un accord permettant l'entrée de fibre de verre et son usage dans un atelier supervisé, implanté dans le port de Gaza et surveillé par une caméra.

Cette mesure permet une réutilisation des bateaux de pêcheurs locaux qui peuvent de nouveau sortir la nuit en quête de sardines, crevettes, dorades ou de rougets (de l'espèce "Sultan Ibrahim").

"J'ai commencé à travailler dans l'atelier il y a deux semaines. Pour les pêcheurs et pour nous les techniciens, cela représente une opportunité de travail", déclare Mohammed qui se félicite d'une "grande réussite" pour ce territoire au chômage endémique (environ 50%).

Ce jour-là, le technicien s'affaire à réparer un bateau, au milieu d'une nuée de mouches et d'odeurs de peinture, avec une feuille de fibre de verre fraîchement importée dans l'enclave.

A ses côtés, des rangées d'embarcations rouillées, trouées, inutilisables, s'accumulent sur le sable, preuve de l'immensité de la tâche qui l'attend.

Selon Manal al-Najjar, chargée de ce projet à l'ONU, il y a environ 300 embarcations à réparer.

Après des mois de négociations entre l'ONU et les autorités israéliennes, l'accord entre les deux parties permet l'entrée à Gaza de suffisamment de fibre de verre pour réparer dix embarcations à la fois.

"Cela peut prendre entre deux semaines et un mois pour réparer dix bateaux", explique Mme Najjar, soulignant que les premiers bateaux retapés sont déjà sortis en Méditerranée au grand bonheur de pêcheurs satisfaits, selon elle, "du prix raisonnable (des réparations) et de la grande qualité des matériaux utilisés".

- En attendant les moteurs -

L'un des premiers pêcheurs choisis pour ce projet, Saleem al-Assi, se réjouit d'une initiative qui lui permettra d'augmenter sa flotte et son chiffre d'affaires.

"J'ai des bateaux qui ne vont plus en mer depuis huit ans et qui ont besoin de beaucoup de fibre de verre", dit-il, aux côtés de ses filets entortillés dans le port.

"Il y a des centaines de pêcheurs qui ont soumis leur dossier pour le projet, mais il n'y a pas la place pour réparer toutes les embarcations", déplore le pêcheur qui compte 50 proches, actifs dans la pêche.

Et malgré le fait qu'il ait été sélectionné pour ce projet, le pêcheur ne pourra pas remettre à l'eau les neuf bateaux de sa famille pour cause d'absence de moteurs.

Manal al-Najjar est consciente de ce problème, affirmant que l'ONU travaille à une stratégie pour faire venir des moteurs dans le cadre de ce projet de relance de la pêche à Gaza.

Observant les eaux calmes de la Méditerranée, Saleem al-Assi dénonce un manque de matériel lié aux restrictions israéliennes "qui nous asphyxient".

"Je ne sais pas pourquoi Israël bloque l'entrée de ce matériel: est-ce que des roquettes seront tirées à partir des bateaux?".

C.Rojas--TFWP