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La présidence argentine de Javier Milei a suspendu jeudi l'accès des journalistes accrédités à la Casa Rosada, siège de l'exécutif à Buenos Aires, en lien avec une enquête pour présumé "espionnage illégal", a-t-elle annoncé sans plus de précisions.
Les journalistes accrédités auprès de la présidence - une cinquantaine au total, quasi tous argentins - se sont vus empêchés jeudi matin d'accéder à la présidence, qui dispose d'une salle de presse, un accès normalement régulé par un système d'empreintes digitales.
La décision de suspendre l'accès des "journalistes accrédités à la Casa Rosada a été prise à titre préventif à la suite de la plainte déposée par la Casa Militar (organe de sécurité de la présidence, NDLR) pour espionnage. Le seul but est de garantir la sécurité nationale", a indiqué sur X Javier Lanari, secrétaire à la Communication de la présidence.
Ni M. Lanari ni la présidence n'ont donné de détails sur la durée éventuelle de l'interdiction d'accès, ou sur l'enquête en cours.
"Tout le monde est resté à l'extérieur (...) On me dit que c'est temporaire", a indiqué sur la chaîne C5N le journaliste accrédité à la présidence Lautaro Maislin.
Pour certains médias argentins, la mesure pourrait être liée à un présumé réseau de propagande russe, qui selon la récente enquête d'un consortium international de médias avait orchestré une campagne médiatique en ligne contre le président Milei en 2024.
Pour d'autres, la mesure aurait davantage à voir avec une plainte visant des journalistes de la chaîne TN, à la suite d'images tournées dans des zones non autorisées de la présidence.
Dans un communiqué, le collectif de journalistes accrédités à la Casa Rosada a dénoncé "une mesure discrétionnaire et sans notification préalable", qui "fait supposer une offensive explicite contre la liberté de la presse, l'exercice de la profession et le droit d'accès à l'information" des citoyens.
Les accrédités ont demandé dans leur communiqué "une résolution rapide de cette situation" et exhorté le gouvernement à "mettre fin aux attaques contre la presse".
Les relations de l'ultralibéral Javier Milei avec la presse sont notoirement tendues depuis son arrivée au pouvoir en décembre 2023, avec de fréquentes attaques verbales et insultes envers les journalistes, parfois attaqués ad hominen.
A plusieurs reprises, et encore jeudi matin sur son compte X, Javier Milei a repris une de ses expressions fétiches sous forme d'acronyme "NOLSALP" pour "On ne hait pas assez les journalistes".
M.Delgado--TFWP