The Fort Worth Press - Journalistes en Afghanistan: censure, arrestations, violences ou exil

USD -
AED 3.672497
AFN 63.496236
ALL 80.15939
AMD 362.919823
ANG 1.790365
AOA 916.999719
ARS 1514.244199
AUD 1.414917
AWG 1.80125
AZN 1.691204
BAM 1.712962
BBD 2.013821
BDT 122.932477
BGN 1.683441
BHD 0.376962
BIF 3004.585047
BMD 1
BND 1.277595
BOB 11.923749
BRL 5.131303
BSD 0.99986
BTN 95.678145
BWP 13.595481
BYN 3.027431
BYR 19600
BZD 2.01093
CAD 1.40891
CDF 2311.000026
CHF 0.82285
CLF 0.024072
CLP 950.520259
CNY 6.6998
CNH 6.70685
COP 3210.07
CRC 453.685538
CUC 1
CUP 26.5
CVE 96.574587
CZK 21.3671
DJF 178.050457
DKK 6.551265
DOP 59.478089
DZD 133.645601
EGP 51.398897
ERN 15
ETB 163.319699
EUR 0.87636
FJD 2.237199
FKP 0.750528
GBP 0.75325
GEL 2.595013
GGP 0.750528
GHS 11.583045
GIP 0.750528
GMD 73.505167
GNF 8793.441704
GTQ 7.63211
GYD 209.186734
HKD 7.843325
HNL 26.837396
HRK 6.603201
HTG 130.683635
HUF 319.267505
IDR 17825
ILS 3.01575
IMP 0.750528
INR 95.73935
IQD 1309.814191
IRR 1374650.000003
ISK 120.929585
JEP 0.750528
JMD 157.538176
JOD 0.708982
JPY 157.929498
KES 129.310285
KGS 87.449804
KHR 4054.823313
KMF 429.999861
KPW 900.000318
KRW 1365.049996
KWD 0.30907
KYD 0.833209
KZT 444.620586
LAK 22404.007848
LBP 89537.860574
LKR 328.955608
LRD 172.465735
LSL 16.310417
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.383128
MAD 9.57123
MDL 17.695844
MGA 4393.217489
MKD 53.88149
MMK 2099.577364
MNT 3597.923561
MOP 8.077068
MRU 40.034859
MUR 47.880241
MVR 15.460197
MWK 1733.73447
MXN 17.439766
MYR 4.079696
MZN 63.88613
NAD 16.310274
NGN 1324.480236
NIO 36.793911
NOK 9.464115
NPR 153.084711
NZD 1.75705
OMR 0.384501
PAB 0.99986
PEN 3.375476
PGK 4.454546
PHP 62.558506
PKR 277.084952
PLN 3.83586
PYG 5925.912951
QAR 3.645178
RON 4.625896
RSD 102.932975
RUB 84.352215
RWF 1475.675439
SAR 3.756768
SBD 8.026013
SCR 13.74007
SDG 601.513532
SEK 9.87837
SGD 1.278335
SHP 0.74758
SLE 24.649746
SLL 20969.491881
SOS 571.398543
SRD 37.740486
STD 20697.981008
STN 21.4581
SVC 8.748774
SYP 13002.000254
SZL 16.306476
THB 33.287502
TJS 9.253737
TMT 3.5
TND 2.95341
TOP 2.40776
TRY 48.826011
TTD 6.795649
TWD 31.670374
TZS 2645.002947
UAH 44.878367
UGX 3889.609025
UYU 40.078651
UZS 11798.503182
VES 851.341303
VND 26010.5
VUV 118.348377
WST 2.752527
XAF 574.854365
XAG 0.015348
XAU 0.000232
XCD 2.70255
XCG 1.801955
XDR 0.707052
XOF 574.854365
XPF 104.452317
YER 236.550089
ZAR 16.34619
ZMK 9001.202171
ZMW 19.472654
ZWL 321.999592
SSP 5712.590503
MXV 1.976583
  • AEX

    3.2000

    1105.55

    +0.29%

  • BEL20

    -25.9400

    5737.76

    -0.45%

  • PX1

    -7.3300

    8131.86

    -0.09%

  • ISEQ

    5.7300

    14337.15

    +0.04%

  • OSEBX

    1.2600

    2108.79

    +0.06%

  • PSI20

    21.1600

    9638.63

    +0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.9400

    4631.6

    -0.45%

  • N150

    -6.4200

    4271.03

    -0.15%

Journalistes en Afghanistan: censure, arrestations, violences ou exil
Journalistes en Afghanistan: censure, arrestations, violences ou exil / Photo: © AFP/Archives

Journalistes en Afghanistan: censure, arrestations, violences ou exil

Censure, intimidation, détention arbitraire, violences allant jusqu'à la torture: le nombre de journalistes a fondu depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021 en Afghanistan, pays où la presse avait été relativement libre.

Taille du texte:

Une nouvelle loi de "promotion de la vertu et prévention du vice", visant une application ultra-rigoureuse de la loi islamique, inquiète encore davantage une profession sinistrée, entre reconversions et exils.

Au retour des talibans, l'Afghanistan comptait 8.400 salariés dans les médias dont 1.700 femmes. Il n'en reste que 5.100 dont 560 femmes, selon des sources de la profession.

Des dizaines de médias ont été fermés et l'Afghanistan est passé en trois ans du 122e au 178e rang sur 180 au classement de Reporters sans Frontières (RSF) pour la liberté de la presse.

"On a enregistré environ 450 cas d'abus contre des journalistes depuis l'arrivée des talibans", indique Samiullah (prénom d'emprunt), cadre dans une association de protection de la presse.

Ceci inclut "des interpellations, menaces, détentions arbitraires, violences physiques et tortures" dues "à 70% au GDI", la Direction générale du renseignement, précise-t-il.

Contrairement à des pays comme la Chine ou l'Iran, l'Afghanistan n'emprisonne pas longuement ses journalistes.

"On n'a pas besoin de remplir les prisons de journalistes pour avoir un effet dissuasif", explique Célia Mercier, responsable de l'Asie du Sud chez RSF. "Les garder quelques jours en détention (...) peut les briser psychologiquement" car "ils sont en général torturés".

Des journalistes afghans ont rapporté à RSF avoir subi des tortures ainsi que l'enfermement dans des cellules avec des détenus du groupe jihadiste Etat islamique (EI) menaçant de les tuer jour et nuit.

"Après une telle épreuve, des journalistes vont essayer de quitter le pays", poursuit Célia Mercier.

- "Profession humiliée" -

Meena Akbari travaillait pour Khurshid TV mais a dû fuir au Pakistan en 2021 - comme des centaines d'autres journalistes afghans - "en raison de nombreuses menaces pour (sa) sécurité". Elle est encore menacée de mort, "apparemment par des gens des rangs des talibans", sur les réseaux sociaux et reçoit un soutien psychologique.

Arrêté en 2023 pour "espionnage", le journaliste franco-afghan Mortaza Behboudi, qui travaillait pour plusieurs médias français, a été détenu à Kaboul 10 mois et dit avoir été torturé "tous les jours ou presque".

"Les collaborateurs de médias en exil et médias étrangers sont particulièrement ciblés", précise Mme Mercier.

La chaîne Afghanistan International basée à Londres, pour laquelle plus aucun Afghan n'a le droit de travailler, a accusé ce mois-ci Kaboul de brouiller ses fréquences. Plutôt que de s'exiler, certains journalistes se reconvertissent en youtubeurs.

"Aucune autre profession n'a été autant humiliée", constate un journaliste du nord du pays, qui préfère garder l'anonymat après avoir été arrêté et battu. "Avec mes collègues, on réfléchit à un autre travail" car "chaque jour de nouvelles restrictions sont annoncées".

"Si on couvre des (attentats) ou des sujets liés aux femmes, on s'expose à des menaces par téléphone, des convocations ou une détention", dit-il.

Depuis quelques jours, les talk-shows politiques, dont les télévisions sont friandes, sont drastiquement encadrés, indiquent à l'AFP des responsables de médias.

Les experts invités doivent figurer sur une liste préalablement établie, les thèmes être approuvés. Toute critique du pouvoir est proscrite.

Les directeurs de chaîne doivent, après enregistrement, expurger les "points faibles".

La radiotélévision d'Etat RTA n'emploie plus aucune femme journaliste, selon une source en son sein. Dans le Helmand (sud), la voix des femmes est bannie à la télévision et sur les radios.

La surveillance des journalistes se poursuit sur les réseaux sociaux. La presse survit en s'autocensurant, ce "qui est un gros problème", concède Samiullah.

- "Seuls, perdus, sans défense" -

Les talibans affirment que la presse est libre.

Récemment, Hayatullah Muhajir Farahi, vice-ministre de l'Information, assurait que "tous les médias peuvent travailler" en Afghanistan à condition de respecter "les valeurs islamiques, l'intérêt supérieur du pays, sa culture et ses traditions".

L'entrée en vigueur en août de la "loi pour la promotion de la vertu et prévention du vice" fait trembler les rédactions, dont certaines indiquent être la cible de descentes des brigades du ministère éponyme.

Avec cette loi, qui interdit de prendre des images d'êtres vivants et aux femmes de faire entendre leur voix en public, la question se pose de savoir si "les médias pourront encore travailler et les femmes s'y montrer", dit le journaliste du Nord.

Le ministère de l'Information n'a pas répondu aux questions de l'AFP.

Bien que les autorités "nous assurent que (la loi) ne va pas affecter le travail des journalistes, on voit sur le terrain qu'elle a vraiment un impact", raconte Samiullah. "En juillet, on a eu deux ou trois cas d'abus contre des journalistes. En août, 15 ou 16 cas et 11 en septembre".

Seule note positive, les journalistes restent soutenus par des associations locales recevant des financements de l'Union européenne, de l'Unesco ou d'ONG internationales. Ces associations défendent des cas individuels ou encouragent le recrutement de femmes journalistes dans certains médias.

Des discussions régulières ont aussi lieu entre les médias et leur ministère de tutelle et le reste du gouvernement.

"Quand on parle avec le ministère de l'Information, on reçoit des assurances que les choses vont s'arranger", confie Samiullah. "Mais quand on voit comment se comporte un type du GDI en province, ça empire".

Une autre loi en préparation doit encadrer le fonctionnement des médias.

"Les journalistes ont très peur", conclut Samiullah. "Ils se sentent seuls, perdus, sans défense".

J.M.Ellis--TFWP